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Souffle sénégalais sur le dernier jour du mercato : après les épreuves, place aux défis

Le mercato estival s’est refermé mardi dans un ballet d’achats, de fiascos et d’audaces. Au cœur du ballet des chiffres : les joueurs sénégalais ont tenu les projecteurs, entre transferts cosmiques et occasions manquées. Ce n’est ni une fin en soi ni une fatalité.

Les Lions auront braqué les regards. Iliman Ndiaye, Nicolas Jackson, Ibrahim Mbaye et El Hadji Malick Diouf font la une des journaux. Pape Matar Sarr met les voiles vers la Juventus…La liste est loin d’être exhaustive, et tout le Sénégal retient son souffle.

Iliman Ndiaye face aux géants de City et Co

Iliman, fulgurant meneur de jeu, file d’Everton à Manchester City pour une claque estimée à 75 millions d’euros, bonus éventuels inclus. Quatre mots d’un coup : talent, compétition, contrat sur cinq ans. Mais l’affrontement pour les places s’annonce féroce : Semenyo, Doku, Cherki, Foden et les autres veulent aussi leur titularisation sous Enzo Maresca.

Ndiaye se montre lucide : « C’est un moment incroyable. J’ai bossé pour ça. » Et pas de place au doute. « C’est la meilleure chose qui me soit arrivée. » Ambition claire : se montrer plus efficace et décisif que la saison dernière. Auteur de 6 buts et 3 passes, il était le troisième meilleur dribbleur de Premier League, derrière Doku (162), avec 8 réalisations et 14 assists, et Semenyo (144), avec 21 buts et 6 passes.

Ibrahim Mbaye : la promesse en orbite, la constance à prouver

Ibrahim Mbaye, 18 ans et déjà prototype d’avenir, rejoint Aston Villa dans le projet ambitieux d’Unai Emery. 55 millions d’euros : le chiffre pulse, mais le talent crie plus fort. Ce n’est pas un fusil à un coup, et la régularité devra venir au rendez-vous pour que l’investissement porte ses fruits. Le petit prodige a montré des éclairs de génie, notamment à la CAN et par un solo contre la France en Coupe du monde, mais la constance reste à prouver.

Nicolas Jackson, succéder à Watkins grâce à Emery

Nicolas Jackson rejoint Aston Villa depuis Chelsea pour environ 65 millions de livres (75 M€), sur un contrat de cinq ans. Le défi est immense : compenser le départ d’Ollie Watkins. Sous les ordres d’Emery, l’homme qui l’avait révélé à Villarreal, le Sénégalais devra retrouver de la régularité et tuer devant le but. Avec ce retour à la lumière anglaise après son prêt au Bayern, il a l’opportunité d’imposer sa patte titulaire dans un club ambitieux.

El Hadji Malick Diouf, confirmer au plus haut niveau

El Hadji Malick Diouf atterrit à Brentford pour environ 46 millions d’euros bonus compris, contrat de cinq ans. Le jeune latéral gauche de 21 ans doit prouver qu’il peut s’imposer durablement au plus haut niveau. Avec West Ham : 5 passes décisives en 32 matchs la saison dernière. Mais, le vrai test commence maintenant.

Nobel Mendy, arrivé à Brentford pour environ 25 millions d’euros, fait face au même défi. Alors que Mamadou Sarr et Abdoulaye Faye tenteront de se bonifier en prêts de développement à la Real Sociedad et au Celta Vigo.

Pape Matar Sarr, le va-tout vers la Juventus

Pape Matar Sarr, ex-Meilleur Jeune Africain de l’Année, quitte Tottenham pour la Juventus en prêt. À 23 ans, l’expérience est là. Le pari : retrouver le niveau qui avait fait de lui un pivot sous Ange Postecoglou.

Autres mouvements, mêmes enjeux : Boulaye Dia, Habib Diallo, Ibrahima Baldé, Moussa Ndiaye, Bamba Dieng et Aliou Badji bougent aussi. En prêt avec option d’achat ou fin de contrat, direction Rennes, Le Mans, Lorient, Werder Brême, Étoile rouge de Belgrade  et Sivasspor. Le contrecoup des finances et des ambitions anime les pages.

Le feuilleton qui a tout cassé : Lamine Camara et Chelsea

Le dossier Camara a flambé jusqu’au dernier souffle. Chelsea nourrissait l’espoir d’un crack, Monaco semblait d’accord pour lâcher prise, puis pof : une volte-face qui a laissé Chelsea sans milieu de terrain et Monaco sans revenus. Le mercato, c’est aussi du théâtre, mais avec des acteurs qui comptent.

Et l’échec Liverpool pour Ismaïla Sarr

Ismaïla Sarr, meilleur buteur des Eagles la saison dernière, était pressenti pour rejoindre Anfield, Andoni Iraola cherchant à renforcer son attaque. Mais, Crystal Palace n’était pas disposé à autoriser le départ du Sénégalais.

L’agent Diomansy Kamara n’a pas mâché ses mots : un manque de respect envers les footballeurs africains, réduits trop souvent à des chiffres et des clauses. Et il brandit les attentes : « Derrière chaque contrat, il y a une vie, des rêves, des choix. »

La position des clubs, les leçons à tirer

Monaco assume le revirement : c’est dans le « jeu du mercato », dit le directeur Thiago Scuro. Mais on sent le terrain parler plus fort. Le chaos final montre que le marché est une mécanique fragile, où ego et chiffres s’entrechoquent.

En bref : ce mercato estival a été une démonstration de force et d’opportunités pour les Lions. Les déceptions ? Ce n’est pas une fatalité : les trajectoires se réécrivent à chaque fenêtre, et ceux qui n’ont pas gagné aujourd’hui peuvent écrire le chapitre de demain. Les joueurs sénégalais doivent rester au cœur du jeu : avec dignité, ambition et détermination comme étendards.

Mohamed NDIAYE

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