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Presque chaque week-end, on assiste à des cas de violence dans les stades. A l’arène nationale de lutte comme dans les terrains de football, l’insécurité règne en maître. Comment éradiquer cette violence ? C’est le débat de ce vendredi.

Le 15 juillet 2017, un pan du mur de la tribune du stade Demba Diop de Dakar s’effondre lors de la finale de la Coupe de la Ligue entre l’US Ouakam et le Stade de Mbour, faisant 8 morts sur le coup. A l’origine, des échauffourées suivies d’un mouvement de panique.

La « politique tolérance zéro » de la FSF

Sept ans après, on continue de faire comme si de rien n’était. La violence persiste. Le tout sous les yeux impuissants des autorités. Le 30 avril dernier, des incidents sont notés après la rencontre entre l’AS Pikine et le Jaraaf au stade Alassane Djigo.

Quelques jours plus tard, le stade municipal de Ngor prend le relais. Cette fois ,entre Jaraaf et Teungueth FC. Après le match, le bus des Rufisqois est caillassé, causant la blessure de l’entraîneur adjoint de TFC, touché à la tête.

Lors de la récente réunion de son Comité exécutif, la Fédération sénégalaise de Football a annoncé « la politique tolérance zéro » envers les actes de violence. « La violence n’a pas sa place dans les stades, et nous mettrons tout en œuvre pour éradiquer ce phénomène. Nous sommes déterminés à faire comprendre à tous que la violence n’est pas une solution et qu’elle ne sera pas tolérée dans le cadre du football », déclarait Seydou Sané, responsable de la communication de la FSF.

« Assainir le milieu des supporters parieurs »

Pour Cheikh Oumar Aïdara, ce phénomène est souvent causé par les acteurs : il y a ceux qui viennent au stade mais pas pour supporter. D’autres viennent pour pousser leurs équipes et sont prêts à rentrer avec la victoire, quelle que soit la manière. Enfin, un autre type de supporter : celui qui est « dans des considérations de paris sportifs ». Il n’hésitera pas à semer le trouble quand son « ticket » est menacé.

Pour les solutions, le manager sportif propose de « revoir un peu les relations entre le supporter et le pari sportif. Assainir ce milieu, amoindrir un peu l’impact négatif. Pour ce faire, il faudra un travail soutenu, mais en parfaite concertation avec les plateformes de paris sportifs ».

Pour Cheikh Oumar, les acteurs doivent également être formés au « fair-play et c’est la Ligue pro qui devra piloter ça. Cela permettra aux supporters de comprendre que le football reste avant tout un jeu où il est fondamentalement nécessaire d’être dans l’esprit de fair-play. A partir de ce moment, ça pourra soulager beaucoup d’équipes ».

Il propose également la formation continue des arbitres avec l’expérimentation de la VAR ou une méthode alternative allant dans le sens de soutenir un peu l’arbitre central.

« S’inspirer de 12e Gaïndé et Allez Casa »

De son côté, Mbaye Jacques Diop invite les acteurs, surtout les supporters, à s’inspirer des comités de supporters, Allez Casa et 12e Gaïndé. « Il faudrait pour les autorités voir comment améliorer la sécurité dans les stades et leurs abords. Il faut qu’il y ait un renseignement policier. Au niveau national, le 12e Gaïndé et allez Casa peuvent jouer un rôle impactant dans l’éradication de cette violence. Ce sont deux groupes de supporters qui n’ont jamais prôné la violence. Il faut les utiliser dans ce sens », a proposé le journaliste et enseignant-chercheur.

En décembre 2021, un jeune du nom de Baye Ndoye décédait lors d’une demi-finale de navétane qui opposait Thiawlène et Guiff au stade Ngalandou Diouf de Rufisque. Les affrontements avaient, en plus, fait de nombreux blessés.

Au lendemain du drame, le président de la République de l’époque, Macky Sall, avait demandé, à son ministre des Sports, Matar Ba, de prendre des « mesures conservatoires nécessaires », allant même jusqu’à la suspension définitive des compétitions sur toute l’étendue du territoire national.

« Il faut des sanctions très sévères, très dissuasives »

Cette fois-ci encore, Harouna Dème interpelle directement l’Etat. « La responsabilité de l’Etat aujourd’hui, c’est de reprendre la main et d’agir si ceux à qui il a donné sa délégation de pouvoir n’agissent pas pour lutter contre cette violence qui a installé des quartiers dans le football et la lutte. Parce que la sécurité publique, la sécurité des Sénégalais, incombe à l’Etat ».

Le journaliste sportif réclame également « des sanctions très sévères, très dissuasives. Il faut des suspensions de stades, des matches à huis clos, voir même des retraits de points et même la sanction ultime : la relégation. Mais pour cela, il faut des dirigeants courageux et déterminés à faire le nécessaire sans faiblesse pour régler le problème », suggère Harouna Dème.

Aliou FAYE

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