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Habib Diarra raconté par son papa

Dans l’univers du football, certaines relations parent-enfant dépassent le simple soutien pour devenir de véritables collaborations vers l’excellence. Samba Diarra et son fils Habib Diarra incarnent parfaitement ce modèle. Leur parcours croisé, alliant engagement familial et passion pour le football, révèle une histoire de dévouement, de persévérance et de succès.

Milieu box to box très puissant, capable de casser les lignes adverses par ses courses avec le ballon, passeur et aussi buteur ou ailier aligné souvent sur le côté droit pour bloquer certains latéraux adverses très offensifs, Habib Diarra est un couteau suisse à Strasbourg.

Les Sénégalais s’habituent désormais à le voir dans le rôle de piston droit quand il enfile le maillot des Lions qu’il a rejoint en mars dernier. Entretemps, Thierry Henry l’a une ou deux fois essayé comme arrière droit tout bonnement avec les Espoirs de la France.

Né à Guédiawaye, le joueur de 20 ans qui a grandi en France incarne la polyvalence. Son papa Samba, ancien footballeur, fut lui avant-centre. Il était obnubilé par le but. Il en a enfilé dans les rues de Guédiawaye, dans les tournois scolaires avec l’école Saint-Abraham où il a fait ses humanités et plus tard durant son adolescence dans les navétanes avec la tunique des cadets de l’ASC Notaire.

Vainqueur de la Coupe du Sénégal avec Yeggo

«Ma mère voulait pourtant que je me concentre sur mes études. Mais un notable du quartier qui m’a vu jouer a su la convaincre. Il lui a dit qu’elle ne regretterait jamais», témoigne Samba Diarra à Dsports.sn. Prémonition. Effectivement, le buteur patenté construit sa vie grâce au football. Il signe sa première licence avec l’ASC Dial Diop, club de première division à l’époque.

Ses performances l’envoient à l’ETICS de Mboro et ensuite Linguère de Saint-Louis. « Avec la Linguère, on finit vice-champion et finaliste de la Coupe du Sénégal 1997. Je faisais partie des meilleurs buteurs du championnat. En plein regroupement avec l’équipe nationale, j’ai une offre en Allemagne. Je quitte la sélection et je signe en Allemagne en D3, croyant que je m’engageais avec Mönchengladbach. On me présente au club devant 6000 spectateurs. Après je demande au directeur sportif, ce n’est pas le club de Mönchengladbach en première division, il me répond c’est la deuxième équipe de la ville. Si tu joues bien, ils vont te racheter pour que tu joues là-bas. J’étais dégoûté et j’ai appelé Me Madické Niang qui était l’un des grands dirigeants de la Linguère de Saint Louis à l’époque. On s’est expliqué et lui il ne pouvait plus rien faire comme c’était déjà signé. Je joue jusqu’en décembre, je récupère un peu d’argent pour aider ma famille et je rentre à Dakar », se rappelle le père de Habib Diarra. A son retour il signe à Yeggo avec lequel il gagne la Coupe du Sénégal en 1998.

Soutien constant mais sans pression excessive

Son fils ne connaîtra pas lui toutes ses péripéties. Car un peu après la naissance de Habib, Samba Diarra après une carrière au Koweit, en Grèce et à Oman, s’installe en Alsace où il vit depuis 16 ans. Un bon cadre de développement pour son fils. « Je le soutiens constamment mais sans pression excessive, souligne Samba. J’ai suivi chaque étape de la carrière de Habib, de ses débuts au FC Mulhouse, en passant par le CREPS de Nancy, jusqu’à son intégration au Racing Club de Strasbourg où il a signé son premier contrat professionnel en 2021. Il est major au CREPS de Nancy avec un diplôme que j’ai laissé dans mon salon. Une grosse fierté pour moi».

À Strasbourg, Habib Diarra a gravi les échelons, devenant capitaine des équipes U17 nationaux et U19, et menant son équipe jusqu’aux quarts de finale de la Coupe Gambardella. Son talent ne passe pas inaperçu, et il rejoint les rangs de l’équipe de France, jouant dans toutes les catégories, des U15 aux Espoirs, sous la tutelle de Thierry Henry. « J’ai fait tous les stades en France en étant à côté de lui pour l’encourager. », confie son papa.

«Mon fils Habib m’a toujours écouté»

Alsacien d’adoption, Samba Diarra n’a pas oublié ses racines. Son fils non plus. Ce jeudi 6 juin, il a vécu son premier match dans son pays d’origine. « Mon fils Habib m’a toujours écouté. Il fait ma fierté, la fierté de sa mère et de ses frères, une immense fierté de la famille paternelle et maternelle aussi sans oublier au quartier Notaire et je dirais de Guédiawaye », exprime Samba, fervent talibé mouride. «Mon engagement spirituel guide mes actions quotidiennes et j’essaie de l’inculquer à mes enfants», avoue celui qui se trouvait à Touba au moment des échanges avec Dsports.

Fort de son expérience, Samba Diarra offre des conseils précieux aux parents dont les enfants veulent réussir dans le sport. «Il faut être attentif mais ne pas mettre la pression. Pousser l’enfant à bien travailler, à bien écouter ses formateurs et éducateurs. Le laisser prendre du plaisir dans le terrain. Et enfin le plus important, laisser tout après dans les mains de Dieu ».

Khadim DIAKHATE

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