Amadou Sagna : « C’était compliqué, heureusement ma famille était là »
En 2019, Erling Haaland a laissé son empreinte à la Coupe du monde U20. Amadou Sagna aussi. L’ailier sénégalais, aujourd’hui âgé de 25 ans, est entré dans les annales de la compétition. Il a inscrit le but le plus rapide de l’histoire en 9 secondes. Si Haaland, Lee Kang-in (meilleur joueur du Mondial) et Andriy Lunin (meilleur gardien) ont pu ensuite confirmer dans le très haut niveau, Amadou Sagna a lui été freiné par les blessures. Le joueur de Guingamp revient, dans cet entretien avec Dsports, sur ses péripéties.
Entretien
Amadou Sagna, comment se passe votre saison à Guingamp ?
C’est une saison compliquée pour moi (17 matchs, 10 titularisations, 2 buts en L2). Une saison très compliquée même je dirais. Alors que j’avais bien débuté la saison, je me suis blessé au mois de novembre. J’ai eu une fracture à la cheville et je suis donc resté 3 mois sans jouer. Je suis revenu en deuxième partie. Ça se passe mieux même si je n’ai pas encore le temps de jeu que je veux. Je vais en tout cas essayer de tout donner pour très bien finir. Ce n’est pas la saison que je souhaitais. Mais je continuerai le travail pour revenir en très grande forme.
Comment avez-vous géré la période de blessure ?
Ce n’est pas facile mentalement. Heureusement, j’ai eu le soutien de ma famille, mon entourage et même le coach qui m’a beaucoup aidé. Il m’a même donné 15 jours pendant les fêtes de Noël pour aller en vacances être auprès de ma famille. Cela m’a beaucoup aidé à me ressourcer.
Vous êtes arrivé en 2023 à Guingamp, quelle appréciation faites-vous de ces deux années ?
La saison dernière, j’ai fait une saison pleine. J’ai joué presque tous les matchs de championnat et en Coupe. J’étais plus décisif que cette saison avec 5 buts et 5 passes décisives en 38 matchs de Ligue 2. Dans l’ensemble, je ne peux pas dire que c’est un bon bilan mais je crois que c’est pas mal non plus.
Guingamp est actuellement 4e de Ligue 2. Est-ce que la montée en Ligue 1 est sur toutes les lèvres ?
L’objectif en tout cas en début de saison, c’était de jouer le haut du tableau. D’essayer de monter en Ligue 1. Donc ça n’a pas changé. On va essayer de tout donner pour jouer les barrages de la montée. Il nous reste 6 matchs. Collectivement on a un bon groupe. On a besoin juste de marquer beaucoup plus de buts pour assurer les victoires. Mais le foot c’est comme ça. On ne peut pas gagner tous les matchs. Il y a des matchs difficiles mais le coach fait bien son travail et on suit ses instructions. On continue à bien travailler pour s’améliorer pour ne pas répéter les mêmes erreurs. Il faut juste bien assurer le sprint final avec le maximum de points. Je sais que ce sera compliqué mais je suis confiant. On peut meme aller chercher la montée directement même si on est à 10 points de la deuxième place occupée par Paris FC.
Est-ce qu’on peut dire que Guingamp est le club qui vous a le plus réussi depuis votre début ?
Oui bien sûr que c’est Guingamp. A part quand j’ai été blessé, c’est ici que j’ai réussi à enchaîner beaucoup de matchs. Depuis l’année dernière, j’ai fait plus de 50 matchs, le club et le coach m’ont fait confiance. Il m’ont beaucoup aidé à bien m’adapter. Je suis satisfait d’être ici. Je me suis senti bien dès mes débuts. Pour mon premier match, j’ai marqué et ça m’a mis en confiance.
En Ligue 2, qui est le défenseur qui vous a le plus fatigué ?
Il y a de très bon joueurs en Ligue 2 en France mais je n’ai pas encore joué de match où je me suis dis tel m’a empêché de jouer. Sinon Mamadou Diarra qui est à Grenoble (ancien du Jaraaf et capitaine des U20 en 2017), j’aime bien son jeu. Il est costaud, il est bien dans le jeu, il est agressif il a tous les atouts d’un bon défenseur.
On vous a connu en 2019. Lors de la Coupe du monde U20, vous avez explosé avec un triplé, pouvez-vous revenir sur passage ?
De très bons moments. C’est un reve de gamin qui se réalisait. Porter le maillot de l’équipe nationale du Sénégal et briller avec. On était une bande copains. On avait disputé en un an les tournois UFOA, la CAN et la Coupe du monde U20. Après avoir perdu la finale de la CAN contre le Mali, on a pu aller jusqu’en quarts de finale du Mondial. C’était de très belles expérience. Et bien sûr mon meilleur souvenir reste la Coupe du monde. J’étais décisif et j’avais participé directement au bon parcours de l’équipe. Mais tout ça c’était grâce au collectif. Il y avait une équipe soudée dont l’objectif était de hisser haut le drapeau du Sénégal.
Vous aviez terminé avec 4 buts derrière Erling Halland qui évolue aujourd’hui à Manchester City. On vous imaginait déjà en équipe nationale A mais après votre transfert à Bruges, vous n’avez pas confirmé…
Oui après mon premier contrat en Belgique au Club Bruges c’était très difficile. Ça ne s’est pas passé comme je voulais. J’ai eu beaucoup de difficulté d’adaptation et tout. Mon corps ne s’était pas habitué au climat. J’ai subitement connu beaucoup de blessures. Cela n’a pas facilité ma progression. Heureusement, il y avait à l’époque Krépin Diatta dans le club pour m’aider et me soutenir. Pourtant lors des matchs de préparation, ça s’était bien passé. Mais c’est quand le championnat a commencé que j’ai commencé à me blesser.
Comment avez-vous vécu ces moments de frustration ?
C’était vraiment difficile. Quand on signe dans un grand club l’objectif c’est de s’imposer. Je suis allé ensuite en prêt deux fois pour six mois. Après je suis parti à KV Oostende. Les blessures ont fait que je n’ai pas beaucoup joué là-bas. Mais ce sont des expériences qui m’ont servi. C’est ça la vie, on se bat, on tombe, apprend et on se relève. C’était compliqué mais heureusement que ma famille était toujours là pour me soutenir et me donner de la force. Elle m’a beaucoup soutenu, m’a encouragé et moi aussi je n’ai pas baissé les bras. J’ai continué à travailler et me voilà encore dans le circuit.
Pourtant Beaucoup de sénégalais sont passés par Bruges. Krépin et Formose avec qui tu as joué en U20. Avaient-ils pesé dans ton choix de rejoindre Bruges ?
Non j’ai pris le choix avec ma famille et mon agent. C’est vrai que j’avais parlé à Krepin et il m’avait conseillé comme je le connaissais. Il m’a dit que c’est très bien là-bas pour ma progression mais le choix nous revenait. Le club m’a proposé un bon projet et je me sentais bien. J’étais heureux d’avoir fait ce choix. J’étais très content de relever de nouveaux défis et c’était une étape importante pour ma carrière. Mais seul Dieu connait l’avenir et le destin d’un homme.
Vous avez ensuite fait le choix de rebondir en France…
Oui parce qu’en Belgique, je n’avais pas eu le temps de jeu que je voulais. C’était mieux de changer de pays et de tenter autre chose. Dans mes clubs en Belgique, ça parlait flamand. Quand, j’ai discuté avec mon agent, il m’a dit on va privilégier la France pour rebondir. Il n’y aurait pas de blocage linguistique. Je me suis relancé à Niort et maintenant je suis à Guingamp.
L’équipe nationale, vous y pensez toujours ?
Oui évidemment. C’est toujours dans mes projets. C’est normal d’y penser. Je suis en Ligue 2 en France, à moi de continuer le travail. J’espère pouvoir y arriver.

Par Ndèye CAMARA







Comments are closed.