Malickou Diakhaté : « On est un pays très difficile… tout le monde essaie de s’improviser entraîneur »
Qualité des Lions, tactique, Sadio Mané, Pape Matar Sarr, Mamadou Lamine Camara, favori à la CAN… Ex-international et actuel manager général de l’US Ouakam, Pape Malickou Diakhaté n’a pas sa langue dans sa poche. Avec Afrik Foot, l’ancien défenseur (41 ans) livre une lecture tranchée de l’état de la sélection sénégalaise.
Un effectif solide, porté par un esprit de guerriers… Diakhaté ne cache pas son enthousiasme : « Cette génération a connu le haut niveau très, très vite, avec des passages en centres de formation au pays, puis à Metz pour la plupart, puis en Angleterre pour beaucoup », affirme-t-il. Et au centre du discours, Sadio Mané, dont il souligne le rôle de leader incontesté.
« Il aurait pu mettre le bordel dans la Tanière… mais il a toujours répondu sur le terrain »
« Je pense qu’on est un pays très difficile, tout le monde juge, tout le monde essaie de s’improviser entraîneur. » souligne-t-il. « Si on est reconnaissant et si on regarde ses performances, je trouve juste que Sadio est le patron de l’équipe. Il faut juste lui renouveler cette confiance-là (…) et simplement être reconnaissants d’avoir un joueur comme ça », insiste-t-il.
Pour Diakhaté, malgré la pression, Mané reste serein et constant dans ses performances, même en Arabie saoudite. « Avec l’aura qu’il a, il aurait pu mettre le bordel dans la Tanière avec toutes les critiques qu’il a reçues, mais il a toujours répondu sur le terrain. » C’est donc le moteur, le symbole de l’effectif actuel du Sénégal, qui n’a pas froid aux yeux.
« Grand favori non, mais au regard de nos prestations récentes… »
Selon lui, les Lions ont tous cette soif de gagner, et leur expérience leur donne une marge de manœuvre. Et, dans cette pépinière de talents qui ont vite grandi, deux joueurs retiennent particulièrement l’attention de l’ancien défenseur : Pape Matar Sarr et Mamadou Lamine Camara. « Ce sont des jeunes qui continuent à progresser et n’ont pas de limites. Ils peuvent aller très, très haut je pense. »
Côté tactique, Diakhaté ne se perd pas en considérations compliquées. « C’est très difficile pour un entraîneur d’aligner deux centraux gauchers, ça rend trop prévisibles et lisibles les sorties de balle pour l’adversaire. Mais aujourd’hui, pour ce que font Kalidou Koulibaly et Moussa Niakhaté, je partirais avec eux dans une défense à quatre. » Mais Diakhaté laisse la porte ouverte à un système à trois. Son seul credo : une défense solide, efficace, à l’image de son parcours de défenseur coriace.
Et alors que la CAN pointe à l’horizon, l’ancien international se montre prudent mais réaliste. « Grand favori non, mais au regard de nos prestations récentes, on fait partie d’un groupe de favoris », relativise-t-il, soulignant que le tournoi est ouvert. La dernière édition ayant montré qu’on devrait repartir sur de nouvelles bases. Ainsi, Maroc, Algérie, Madagascar… tout le monde peut jouer la surprise. La course au trophée s’annonce intense…
Mohamed NDIAYE






