Pape Bouba Diop, le roc de Rufisque
31 mai 2002. Tous les férus du ballon rond ont les yeux rivés sur l’Asie. La Corée du Sud et le Japon accueillent la Coupe du monde. Le match d’ouverture oppose la France, championne du monde et d’Europe en titre, au modeste Sénégal qui découvre la grand-messe du football. Les Bleus sont archi-favoris, mais les Lions, affamés, insouciants et solidaires, vont leur voler la vedette. El Hadji Diouf dynamite la défense française, et un colosse du milieu, Pape Bouba Diop, se charge de conclure. À la surprise générale, le Sénégal s’impose 1-0 grâce à cet unique but. Le numéro 19 en inscrira deux autres au cours de la compétition, avec à chaque fois des célébrations qui entreront dans la légende. Mais Bouba, ce n’était pas seulement ce Mondial historique.
Pape Bouba Diop, c’était la force tranquille. Un géant au cœur tendre. Au milieu, il n’était pas seulement un récupérateur : il était un rempart. Une sentinelle capable de se muer en finisseur. Sa légende en sélection démarre à la CAN 2002 au Mali, quelques mois avant le Mondial asiatique. Remplaçant au début du tournoi, après l’expulsion de Pape Sarr en demi-finale, il saisit sa chance.
Bouba marque contre le Nigeria. Les Lions dominent les Super Eagles, et le Rufisquois ne quittera plus le onze de départ. Il devient même un capitaine sans brassard. Le pays découvre alors un joueur rare : un milieu capable à la fois de protéger, de distribuer et de marquer dans les moments décisifs. Il deviendra le premier footballeur sénégalais à inscrire au moins un but lors de trois CAN consécutives (2002, 2004 et 2006).
Né à Dakar le 28 janvier 1978, formé à l’ASC Jaraaf, il forge son identité sur les terrains sénégalais. C’est là qu’il devient “Bouba”, le jeune milieu à la carrure de titan, au pied honnête mais au mental d’acier. Il rejoint ensuite l’Europe pour affirmer son talent à Lens, Fulham, Portsmouth, West Ham ou encore Birmingham, avec toujours le même entrain.
Quelques années après sa retraite, en 2013, le géant est frappé par la maladie de Charcot. Il s’éteint le 29 novembre 2020. Mais l’homme demeure. Le joueur demeure. Le Lion demeure. Comme une évidence. Comme un héritage.
Chapeau, Pape Bouba. Le Sénégal ne t’oubliera jamais.
Gnagna Diouf NIANG





