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Djiby Ngom (Jamono Fatick) : « Les clubs de Fatick n’ont pas les moyens de leurs ambitions »

Djiby Ngom, premier vice-président et membre fondateur de Jamono Fatick, analyse la situation du football dans la région et évoque les défis et les perspectives pour les clubs locaux.

Entretien

Quelles sont les causes profondes du recul du football fatickois ces dernières années ?

Je ne pense pas que les clubs de Fatick soient en recul. Bien au contraire, ces clubs sont de mieux en mieux structurés, professionnalisés et organisés. L’appréciation ne doit pas se fonder uniquement sur les résultats d’une seule saison, il faut aussi regarder d’où viennent ces clubs. Le Jamono, par exemple, était il n’y a pas longtemps un club de Navétanes. Guelewars est également un club très récent qui a gravi rapidement les échelons. EJ Fatick a connu une mauvaise période de deux ans qui l’a conduit en National 1, mais aujourd’hui c’est un club qui aspire fortement à revenir en Ligue 2.

Il y a aussi d’autres clubs comme Fatick FC et Ndambirane qui font un très bon travail. En dehors de ces clubs, il faut également souligner qu’il existe de nombreux joueurs natifs de Fatick qui évoluent dans différents clubs de Ligue 1 et de Ligue 2. Cependant, il faut reconnaître que ces clubs manquent d’accompagnement de la part des autorités locales. Il y a aussi un manque d’infrastructures et de soutien au sport, lié notamment au fait que la commune de Fatick ne dispose pas d’un tissu industriel suffisamment développé.

Pourquoi des clubs historiques comme EJ Fatick et Jamono de Fatick peinent-ils à retrouver leur niveau d’antan ?

Le Jamono est un jeune club comme je l’ai indiqué tantôt. La descente cette année en Ligue 2, était aussi envisagée dans sa politique sportive. Le club avait tenté de jouer avec des jeunes en Ligue 1, en espérant pouvoir les garder sur une période de 3 ans. C’est un risque qui a été pris avec les résultats connus aujourd’hui. EJ Fatick est le club historique de la ville. Elle a été pénalisée ces dernières années sur le plan administratif. En Coupe du Sénégal, nous avons vu qu’ils ont gagné par pénalité leur match 32èmes de finale. Donc ils sont en train de s’améliorer sur ce volet.

Quels sont les principaux obstacles financiers, organisationnels ou structurels qui peuvent freiner Guelewars FC dans ses performances ?

Guelewars est un club ambitieux à l’image de son président (Mamadou Ngom Niang, actuel président de la Ligue Football de Fatick). Mais, le championnat professionnel n’est pas du même calibre que le championnat amateur. C’est un club qui a beaucoup de jeunes joueurs. C’est aussi un club très attendu au vu de ses performances en National 1. Globalement, ils font un bon championnat. Si vous regardez le classement de la Ligue 2, toutes les équipes se tiennent.

Le manque d’infrastructures et de formation des jeunes talents explique-t-il la baisse de compétitivité des clubs de Fatick ?

Je ne pense pas. La formation demande beaucoup de ressources et de la patience. Les résultats ne peuvent pas être spontanés. Les compétitions jeunes sont régulièrement organisées par la Ligue régionale. Côté infrastructures, nous n’avons que le stade Massène Sène. Effectivement, ce n’est pas suffisant.

Quelles stratégies concrètes peuvent être mises en place pour relancer durablement le football fatickois et repositionner ces clubs au niveau national ?

Celui qui veut faire un football performant, doit aussi parler de moyens financiers, humains, matériels et d’infrastructures sportives adaptées à mettre en œuvre. Les clubs fatickois n’ont pas les moyens de leurs ambitions puisqu’ils sont principalement financés par des cotisations et autres mécènes. La stratégie pour nos clubs, en l’absence de soutien structurel de l’Etat et des institutions décentralisées, réside principalement dans la formation durable en espérant capter des ressources liées aux transfert de joueurs. À l’état actuel du championnat de Ligue 2, les clubs fanions comme Jamono de Fatick et Guelwaars FC, sont actuellement positionnés au milieu du tableau.

Ont-ils réellement les moyens sportifs, financiers et organisationnels de viser la montée en division supérieure la saison prochaine ?

Sauf erreur de ma part, le Jamono et Guelewars ne manquent pas de moyens financiers cette année, au regard des conditions dans lesquelles ils ont mis leurs joueurs et leurs staffs, sans compter les salaires et autres primes qui sont payés à temps depuis le début de la saison. Maintenant je pense que toutes les deux équipes jouent la montée qui est toujours possible. Le classement est très serré, il suffit qu’une équipe enchaîne deux victoires pour revenir au classement.

Djim Ngom, vice-président Jamono Fatick

Djim Ngom, vice-président Jamono Fatick

Pr Adamel SOW

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