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Tactique I Sénégal-Pérou (2-0) au-delà des festivités, le jeu

Pour leur retour sous les projecteurs du Stade de France, les Lions ont rendu une copie sérieuse face à une sélection péruvienne accrocheuse. Entre une animation offensive cherchant la largeur et une solidité défensive retrouvée, le Sénégal s’est imposé 2-0 sans jamais réellement trembler. Décryptage d’une rencontre où le champion d’Afrique a su faire parler son expérience et sa verticalité pour contourner le piège adverse.

L’animation en 4-3-3 : Entre projection et étirement du bloc

Fidèle à son 4-3-3, Pape Thiaw n’a pas dérogé à ses principes contre le Pérou. Le technicien sénégalais a reconduit le même milieu qui avait disputé la finale contre le Maroc : Gana Guèye, Lamine Camara et Pape Guèye. Face aux Péruviens, les deux derniers étaient chargés d’occuper les demi-espaces afin de permettre aux ailiers de prendre la largeur. Ismaïla Sarr et Ibrahim Mbaye ont ainsi souvent collé à la ligne de touche pendant que Camara et Guèye occupaient le cœur du jeu.

Cette organisation n’a toutefois pas donné satisfaction immédiatement. Les deux relayeurs ont été très souvent pris dans l’étau. Perdant beaucoup de ballon. Le Sénégal a d’ailleurs eu du mal à imposer son jeu en première période. Il a fallu sauter les lignes pour essayer de trouver les attaquants en profondeur. Notamment les ailiers. Là aussi, les déchets techniques ont fait rage. C’est quand même sûr une de ses relances rapides que le Sénégal trouvera l’ouverture du score. Toujours vers l’extérieur. Un parfait ballon en profondeur pour Ibrahim Mbaye qui centre pour Nicolas Jackson qui conclut.

Le défi de la relance : Face au mur de la « Blanquirroja »

Si le Sénégal a éprouvé des difficultés à progresser par l’axe, c’est en partie dû à un bloc médian péruvien très dense et parfaitement coordonné. Les Péruviens, organisés en 4-4-2 plat, ont mis un bloc très compact. Positionnés au milieu de terrain, ils ont gêné la progression des hommes de Pape Thiaw. Les deux attaquants ont parfaitement joué le rôle de premier cadreur pendant que les quatre milieux coupaient les transmissions entre la défense et le milieu. Pour bien presser, ils n’hésitaient pas d’ailleurs à évoluer en 5-2-3. Une formation pour mettre de la densité dans l’axe mais aussi gérer la largeur et la profondeur.

En plus de cette belle organisation de l’équipe adverse, les Sénégalais ont aussi manqué de précision. Idrissa Gana Guèye et compagnie ont montré par moment un déchet technique inhabituel dans les transmissions courtes. Cette imprécision a poussé l’équipe vers un jeu long souvent infructueux, cherchant le dos de la défense sans réelle réussite initiale.

La verticalité comme solution : Quand le jeu long fait sauter le verrou

Après l’ouverture du score, les Lions ont eu plus de maîtrise dans le jeu avec de petites combinaisons. Allant même jusqu’à embarquer le public dans ce football total. Les espaces se sont ouverts et ils ont pu casser les lignes et trouver les joueurs dans les demi-espaces. Le second but est d’ailleurs une belle conclusion d’une magnifique action collective.

C’est une période dans laquelle les défenseurs ont aussi apporté leur contribution dans le jeu. Mamadou Sarr et Krépin Diatta se sont particulièrement illustrés par leur calme et sérénité avec le ballon. Ils ont parfaitement résisté au pressing adverse pour permettre à l’équipe de sortir proprement. Appuyés par Idrissa Gana et Habib Diarra qui est entré en seconde période, l’équipe a eu de la maîtrise et a été tranchant dans cette période. La meilleure pour les Lions dans ce match.

L’ADN des Champions : Un rideau défensif infranchissable

Pape Thiaw peut aussi se satisfaire de l’état d’esprit de son équipe. Bien que parfois mis en difficulté sur les transitions offensives péruviennes, le bloc sénégalais a toujours fait preuve d’une grande réactivité. Le repli défensif a été systématique et la solidarité des attaquants, précieux dans le harcèlement, a été déterminante. Le bilan, une sérénité retrouvée dans les duels qui a annihilé toute velléité de révolte péruvienne. Et Mory Diaw repart avec un clean sheet.

Le Sénégal disputera son second match ce mardi face à la Gambie. Une nouvelle occasion pour Pape Thiaw d’ajuster son animation ou d’explorer d’autres schémas tactiques, comme le 3-4-3 qu’il a déjà expérimenté par le passé.

Moussa SOW

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