Marco Arona Diouf : « La sélection A est un rêve absolu, je travaille chaque jour pour y parvenir »
En vacances au Sénégal après une saison pleine avec le TP Mazembe, Marco Philippe Arona Diouf profite de quelques jours de repos auprès de sa famille et de ses proches. L’ancien gardien de Teungueth FC a accordé un entretien exclusif à Dsports.sn. Auteur d’une saison remarquable avec le géant congolais, le Rufisquois a disputé 37 matches, remporté le championnat et inscrit six buts. Il revient sur sa première année à Lubumbashi, évoque son attachement au football sénégalais et affiche clairement son ambition de rejoindre un jour les Lions.
Entretien
Marco, comment se passent tes vacances ?
Ça se passe très bien, Alhamdoulilah. Je suis au Sénégal depuis une dizaine de jours. Je profite de ma famille, je récupère physiquement et mentalement. C’est le meilleur moment pour recharger les batteries avant la reprise.
Tu viens de boucler ta première saison au TP Mazembe. Nouveau club, nouveau pays, nouvelle culture… Comment s’est passée ton adaptation ?
Elle a été assez facile. J’ai été très bien accueilli par le club, les supporters, mais surtout par mes compatriotes : le coach Lamine Ndiaye, Jean Barthélémy et Alioune Badara Faty. Ils m’ont énormément aidé et ont facilité mon intégration.
Comment était ton quotidien à Lubumbashi ?
Très simple. Je vivais essentiellement pour le football. J’étais logé à l’hôtel avec Jean Barthélémy et je sortais très peu. En dehors des entraînements et des matchs, je restais dans ma chambre pour récupérer. Mon objectif était uniquement de bien faire mon travail.
Au début de la saison, tu n’étais pas titulaire. N’as-tu jamais douté ?
Non, jamais. C’est le coach Lamine Ndiaye qui m’a fait venir et il me connaissait parfaitement. Je savais qu’il comptait sur moi. Il fallait simplement patienter et être prêt lorsque l’occasion se présenterait. Après les deux premières journées, j’ai eu ma chance et je l’ai saisie. Depuis la troisième journée, je n’ai pratiquement plus quitté le onze de départ, sauf lors des rotations.
Comment évalues-tu cette première saison ?
Je pense qu’elle est très réussie. Collectivement, nous avons remporté le championnat. Individuellement, j’ai été élu meilleur gardien du championnat avec de très bonnes statistiques. Je rends grâce à Dieu et je travaille déjà pour être encore meilleur la saison prochaine.
Vingt clean sheets en 30 journées de championnat, seulement six buts encaissés et deux passes décisives. Quel est le secret de Marco ?
Le travail, tout simplement. Il n’y a pas de secret. Je travaille énormément et je suis très ambitieux.
Tu es même devenu le tireur des penalties de l’équipe. Comment cela s’est-il fait ?
Partout où je passe, j’assume mes responsabilités. Le premier penalty, c’était contre Simba, lors de mon premier match. Nous étions menés 1-0. J’ai lancé notre attaquant qui s’est fait faucher dans la surface. L’arbitre a sifflé penalty. J’ai quitté mes cages pour aller le tirer. Beaucoup étaient surpris, mais le coach Lamine Ndiaye a dit : « Laissez-le tirer ! » J’ai marqué et nous sommes revenus au score. Ensuite, c’est devenu naturel.
On a l’impression que la pression ne t’atteint jamais…
(Rires) J’ai toujours été comme ça. Je joue libéré, sans pression, et ce n’est pas aujourd’hui que je vais changer.
En pleine saison, Lamine Ndiaye a quitté son poste. Comment as-tu vécu ce départ ?
C’était difficile parce qu’il comptait énormément pour nous, notamment pour Jean Barthélémy, Alioune Badara Faty et moi. Mais il nous avait prévenus avant l’annonce officielle. Nous étions donc préparés mentalement. Ensuite, il fallait rester professionnels. J’ai continué à travailler et j’ai conservé ma place de titulaire malgré le changement d’entraîneur.
Comment décrirais-tu ta relation avec Alioune Badara Faty ?
C’est un frère. Nous sommes très proches et nous nous entraidons beaucoup. Je ne l’ai jamais considéré comme un concurrent. Il m’a énormément soutenu depuis mon arrivée. C’est vraiment quelqu’un de bien.
Comment compares-tu le championnat congolais au championnat sénégalais ?
Le niveau est élevé. Les Congolais sont de véritables passionnés de football. Les stades sont bien remplis, surtout lors des derbys où l’ambiance est incroyable. L’organisation est également très bonne. Je pense qu’ils ont une avance sur plusieurs aspects.
Tu as été élu meilleur gardien du championnat congolais, mais tu restes un pur produit du football local sénégalais. Suis-tu toujours la Ligue 1 ?
Bien sûr ! Je ne peux pas oublier le football sénégalais. Je félicite Teungueth FC pour son titre et j’adresse aussi mes encouragements à Ajel, qui a réalisé une très belle saison. Je suivais les matches à distance, notamment grâce à DSPORTS. Franchement, le championnat était passionnant.
Comment as-tu vécu, en tant que Sénégalais, l’élimination des Lions lors de la Coupe du monde ?
J’ai été très déçu. Je pense qu’il y avait la place pour faire beaucoup mieux. Nous avons les qualités pour aller loin dans une Coupe du monde. Malheureusement, cela s’est terminé prématurément. Il faudra tirer les leçons de cet échec et revenir plus fort.
À 27 ans, tu penses forcément à la sélection nationale…
Bien sûr. La sélection A est un rêve absolu. Je travaille tous les jours pour atteindre cet objectif. Inch’Allah, je ferai tout pour y parvenir. Je continue à travailler et j’attends mon heure.
Pour terminer, peut-on s’attendre à un départ du TP Mazembe dès cet été ?
Pour le moment, je suis entièrement concentré sur la reprise avec mon club. Après, dans le football, tout peut aller très vite. Je travaille sereinement et je laisse les choses se faire naturellement.
Mouhamed Fodé Gassama







