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Serigne Saliou Dia (coach U23) : « Le dialogue doit être permanent entre les sélections U23 et A »

La sélection U23 est entrée en regroupement à Guereo depuis Lundi pour débuter sa phase de préparation en direction de la Can U23. Dans cet entretien, le Sélectionneur Serigne Saliou Dia livre ses premières impressions de cette préparation, et ses objectifs avec en ligne de mire la Can et les Jeux olympiques. La Sélection A, trait d’union avec les olympiques, a aussi été abordé dans les discussions.

Vous venez de débuter votre premier stage de préparation en direction de la qualification à la Can U23, un stage qui était attendu. Pensez-vous que ce regroupement est tardif ?

Si ça ne dépendait que de nous, on aurait commencé bien avant le Mondial, car j’avais envoyé mon programme avant la Coupe du monde, malheureusement les conditions n’étaient pas réunies. Aujourd’hui, on essaie d’avoir un plan programme en trois phases : la première partie consistait à regarder beaucoup de matches pour cibler des joueurs, ce qu’on a fait. Ensuite il y a la phase de présélection c’est qu’on est en train de faire et il y aura une dernière phase avec le groupe final qui va disputer les matches éliminatoires.

On a vu que vous avez changé la première liste en convoquant de nouveaux joueurs. Pourquoi cette démarche ?

Parce qu’on a besoin de voir le maximum de joueurs. On doit avoir un noyau de 40 joueurs, d’autant que d’ici les matches, beaucoup de choses peuvent changer, certains joueurs peuvent être transférés, d’autres peuvent être indisponibles, Donc sur chaque poste, tu dois avoir minimum trois joueurs, et on les classifie. Si par exemple l’ailier numéro un est indisponible, on prendra le numéro deux. Et ainsi de suite.

Quelles sont les premières impressions que vous avez de votre groupe ?

Elles sont positives, le Sénégal a un vivier de talent extraordinaire. Surtout côté technique. Le regret que j’ai parfois, c’est que certains joueurs n’ont pas conscience de leurs talents. Le déficit que j’ai noté c’est sur le plan physique. Ils doivent encore travailler sur cet aspect. D’autant plus que quand nous allons jouer les matches en Septembre, les joueurs n’auront pas beaucoup de matches dans les jambes à cette période. Donc ce sera important d’être prêt physiquement.

Quels sont les objectifs que vous recherchez dans cette phase de préparation ?

On cherche des joueurs qui seront capables de nous accompagner dans la recherche de nos objectifs communs, c’est-à-dire gagner les matches. Des joueurs qui pourront assimiler notre philosophie de jeu, on sera très exigeant sur l’intensité offensivement et défensivement, sur les notions de pressing, d’un bloc haut.

Sur quels aspects techniques physiques et tactiques voulez-vous insister sur cette phase de préparation ?

On essaie d’évaluer les joueurs sur plusieurs points, techniques, tactiques, mais aussi physiques, et surtout mental. Car la plupart sont des joueurs semi-pro, donc l’aspect mental sera aussi prépondérant. On essaie de voir comment ils réagissent par rapport à nos principes de jeu, de juger leur capacité de résilience.

Vous avez entamé cette phase de préparation avec des joueurs locaux. Y’a-t-il des expatriés que vous avez ciblés pour le groupe final ?

Oui il y a plusieurs joueurs sénégalais qui brillent à l’étranger et qui peuvent apporter à cette équipe. Il y a le gardien de Saint Etienne Mamour Ndiaye, Ibrahima Ba du Sporting Lisbonne, Pape Cabral (Monaco), Idrissa Gueye qui est à Udinese, Yaya Diémé de Strasbourg et y en d’autres bien évidemment.

Il y a deux objectifs en filigrane, la qualification à la Can mais aussi aux Jeux Olympiques, dont le Sénégal ne compte qu’une participation. Pensez-vous que votre génération peut être la deuxième à se qualifier aux Jo ?

Je l’espère, le Sénégal sera toujours attendu et c’est nous qui devons faire en sorte d’atteindre nos objectifs. On travaille pour cela. Pour l’instant, on ne connait pas encre nos adversaires, ce qui n’est pas idéal. Donc on travaille principalement sur nos forces en corrigeant aussi nos faiblesses.

Les matches de qualification à la Can U23 vont coïncider avec les matches de la Sélection A. Ne craignez-vous pas le syndrome Demba Mbaye qui avait été privé de certains de ses éléments au détriment des A ?

Pour moi tout est question de dialogue entre les différentes parties, avec un arbitrage de la Fédération. Car l’intérêt de l’instance, c’est que toutes ses équipes nationales brillent. Mais s’il y a un dialogue permanent entre les différentes parties, il ne devrait pas y avoir d’incompréhension.

Revenons un peu sur l’échec du Sénégal au Mondial 2026, on voulait aborder un point avec vous, c’est sur le travail de superviseur. Vous étiez superviseur à la Can alors qu’au Mondial vous étiez invité…

C’est vrai qu’à la Can, il y a un bon travail qui était fait. On étudiait les adversaires, et on était écouté. Il y avait des réunions entre les techniciens. Mais pour le Mondial, on nous a expliqué qu’avec le changement au niveau du Ministère des Sports, on ne pouvait pas nous coopter en tant que superviseur, moi on m’a invité.

Malgré votre statut d’invité, avez-vous été consulté ou sollicité par le Sélectionneur ou le Dtn ?

On m’a sollicité pour regarder le match France-Irak, puis j’ai envoyé mon rapport. Mais c’était tout. Aujourd’hui, y a beaucoup de staff qui se reposent exclusivement sur les Data. Mais les données ne disent pas tout et ne peuvent pas remplacer l’œil et la critique de l’être humain. Dans tous les grands staffs comme ceux de l’équipe de France, il y a toujours des superviseurs. Moi je supervise pour les Sélections depuis 2008 donc me demander mon avis ne coute rien. Si on ne me demande pas, je continuerais toujours à suivre car je serai toujours le premier supporteur du Sénégal.

D’ailleurs la sélection A n’a toujours pas de coach, votre nom a même été cité parmi les profils qui peuvent remplacer Pape Thiaw.

Un entraineur vise toujours plus haut donc on cherchera toujours à coacher des équipes de haut niveau. Ma conviction, c’est qu’il y a de très bons techniciens au Sénégal qui peuvent diriger cette équipe je ne vais en citer qu’un, Malick Daf, qui a presque tout gagné. Il y a même des duos qui peuvent être formés, par exemple moi et Malick Daf je trouve qu’on est assez complémentaires, chacun avec ses qualités. C’est mon avis, mais le plus important encore une fois, c’est le pays. Donc quelle que soit la personne, l’essentiel c’est qu’il ait un projet gagnant pour le Sénégal.

Serigne Saliou Dia sélectionneur U23 Sénégal

Serigne Saliou Dia, sélectionneur U23 Sénégal

Aziz Kane

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