« Cela reste un joueur, un être humain » : Massiré Sylla, le héros de l’Union Saint-Gilloise muselle le champion Oyarzabal
Massiré Sylla a livré une prestation monumentale, véritable muraille au cœur de la défense de l’Union Saint-Gilloise, dans le nul 1-1 contre la Real Sociedad, ce 15 octobre 2026, en Europa League. Le géant sénégalais, 1,96 m, a littéralement noyé l’attaque basque conduite par Mikel Oyarzabal et offert à son équipe un sauvetage in extremis.
Un guerrier face à un champion du monde ! Dès les premières minutes, l’équation était immense pour Massiré Sylla : faire face à l’intelligence de course et au statut d’Oyarzabal. Le verdict ? Un véritable cauchemar pour l’attaquant de la Roja, muselé de bout en bout et affichant un terrible 0% de duels gagnés (0/10) face à l’arrière-garde belge.
« Pour moi, c’était un duel comme un autre »
« Quel match ! Hier, je me suis dit que, peu importe le joueur qui se présenterait face à moi, j’allais jouer mon jeu et imposer ma manière de jouer », lâche-t-il après le coup de sifflet. Loin d’être impressionné, le défenseur unioniste a mordu dans le duel avec l’international espagnol. « C’est un champion du monde, je le respecte énormément. Il est aussi très intelligent et multiplie les courses dans mon dos. Mais cela reste un joueur, un être humain. Pour moi, c’était donc un duel comme un autre. »
Arrivé pour stabiliser la défense bruxelloise, Massiré Sylla signe ici sa performance référence sur la scène européenne. Aligné dans l’axe, le jeune défenseur sénégalais de 21 ans a claqué des stats dignes des plus grands : 18 dégagements (record du match), 86% de duels gagnés (6 sur 7 au sol et à terre), 100% de réussite dans les tacles et 89,3% de passes réussies (42/47). Si l’Union Saint-Gilloise sourit ce soir, elle le doit à la rage de vaincre de son nouveau patron sénégalais.
Le tacle miracle à la 93e minute : « J’ai donné tout mon corps, je me suis un peu blessé, mais il fallait sauver l’équipe »
Le football s’écrit aussi avec des moments de folie, et Sylla a signé l’image de la soirée en Ligue Europa. Après l’égalisation de Sekou Keita à la 88e minute, Hervé Koffi offrait une boulette dans le temps additionnel. Et là, Sylla surgit : sprint désespéré, tacle glissé parfait, balle dégagée sur la ligne devant deux attaquants espagnols médusés. Un sacrifice corporel héroïque qui offre définitivement le point du match nul à l’Union.
« J’ai simplement continué ma course. Comme toujours, je ne lâche absolument rien. Tant que l’arbitre n’a pas sifflé ou que le ballon n’est pas sorti, je ne m’arrête pas », confie-t-il. Et cette détermination est sa marque : « Moi, j’y crois toujours ! Tant que l’action continue, je poursuis mon effort. C’est ce que j’ai fait sur cette phase. J’ai donné tout mon corps, je me suis un peu blessé, mais il fallait sauver l’équipe. Je donne tout pour elle. »
« Même si on me dit de me calmer, je n’y arrive pas… je ne triche pas »
Cette mentalité collective correspond aussi au tempérament du Sénégalais. Son engagement physique lui coûte parfois des douleurs post-match, mais il ne change pas d’homme : « Même si on me dit de me calmer, je n’y arrive pas ! C’est comme ça que je suis, on m’a éduqué de cette manière. Et ce n’est pas seulement sur un terrain de football. Dans la vie aussi, je ne triche pas. Je suis quelqu’un qui donne toujours 100 %. Si je ne suis pas capable de tout donner, je ne rentre pas sur le terrain. C’est pour cela que je prends beaucoup de coups. Et j’aime bien ces coups, parce qu’ils me font grandir. »
Massiré Sylla n’a pas seulement arrêté Mikel Oyarzabal : il a imposé sa loi, rappelant que le football peut se jouer autant avec les muscles qu’avec l’âme. À 21 ans, le Sénégalais, également passeur décisif contre Viktoria Plzen, écrit déjà les pages d’une légende naissante, où courage, intensité et sens du sacrifice se mêlent pour porter l’Union Saint-Gilloise vers de nouveaux horizons.
Mohamed NDIAYE







