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Alfred Gomis : « Le dernier conseil que Fadiouf Ndiaye m’a donné »

La rubrique « Les premières et dernières fois » fait son retour avec la reprise du championnat. Pour cette nouvelle saison, c’est Alfred Gomis, arrière droit du Teungueth FC, qui ouvre le bal. Formé à l’US Ouakam où il a fait toutes ses classes, il a quitté les Requins cet été.

La première fois que tu as joué un match en professionnel ?

C’était en 2022, contre Jamono Fatick, en Ligue 2. On avait perdu 1-0, mais j’avais fait un bon match. J’ai tout de suite compris que la Ligue 2, c’était un autre niveau. J’étais content et fier de moi.

Au début, ce n’était pas facile de convaincre mes parents : ils voulaient que je continue mes études. Avant même que je rejoigne Ouakam, le président du club a dû venir parler avec mon père pour le convaincre. Il a réussi.

Après ce match, j’ai dit à mes parents que je voulais vraiment me concentrer sur le football. Mon père n’a pas pu venir me voir parce qu’il était en déplacement, mais il a suivi le match sur YouTube. Il m’a dit : « Avec ta petite taille, tu es fort ! » Depuis, ils me soutiennent à fond.

La première chose qui t’a impressionné à l’US Ouakam ?

C’est la montée en Ligue 1, en 2023. Les supporters nous ont poussés du début à la fin. Leur passion, leurs exigences… tout cela nous a aidés à grandir. C’est ce qui m’a le plus marqué.

Ta première discussion avec Malick Daf ?

Malick Daf, c’est un coach que j’admirais déjà avant de le connaître. C’est un gagnant, exigeant, très professionnel. Il est direct : quand il a quelque chose à dire, il le dit. Et j’aime ça. Il te remet dans les rails parce qu’il veut ton bien.

Il m’a dit : « Je te connais, tu es un bon joueur, tu as de l’expérience. Tu peux apporter beaucoup à cette équipe. Tu n’as pas droit à l’erreur, je te fais confiance. » Ces mots m’ont marqué. Je ferai tout pour ne pas le décevoir.

Ton premier but en professionnel ?

C’était contre le Casa Sports, pendant la saison 2023-2024. On avait gagné 3-1. Sur un centre de Souleymane Coly, j’ai marqué de la tête le premier but.

Le coach Moustapha Seck m’a félicité, et je le remercie d’ailleurs : c’est un très bon entraîneur qui m’a beaucoup aidé. J’étais fier d’avoir contribué à cette victoire, surtout face à une grande équipe comme le Casa. J’ai reçu plein de messages de félicitations, ça m’a fait chaud au cœur.

Le premier coach qui t’a confié le brassard de capitaine ?

C’est Souleymane Diallo, en Ligue 2. Le capitaine habituel était sorti, et comme j’étais le plus ancien, il m’a donné le brassard. C’était à Mbour, lors d’un match de championnat. On a fait match nul. C’était un moment spécial, je ne m’y attendais pas, mais j’ai bien géré.

Ta dernière discussion avec un joueur de l’US Ouakam ?

Avec Christian Pascal. On se parle souvent. Il a plus d’expérience que moi, et j’écoute beaucoup ses conseils. Il me dit souvent : « Parmi tous les latéraux que je connais, tu es le meilleur. Crois en toi et fais ce que tu sais faire. » Ça me motive énormément.

Le dernier attaquant qui t’a vraiment mis en difficulté ?

Pour être honnête, il n’y a pas d’ailier qui m’ait vraiment mis en difficulté. On parle souvent de Boughazelli, mais la saison dernière, on a joué l’aller et le retour, et j’ai bien géré. Donc, je ne pense pas qu’il y ait un joueur qui m’ait “malmené”.

La dernière fois que tu as parlé avec Souleymane Diallo, le sélectionneur de l’équipe nationale locale ?

Souleymane, c’est comme un père pour moi, surtout à Ouakam. En sélection, c’est différent. Normalement, je devais aller au CHAN, mais j’avais des problèmes personnels à régler. On en a discuté, je lui ai expliqué, et il a compris. On est tombés d’accord. On a beaucoup parlé, mais ce sont des choses que je préfère garder pour moi.

La dernière fois que tu t’es dit : “Je suis fier de moi” ?

C’était lors du match contre le Casa Sports, quand j’ai marqué mon premier but. Pas seulement à cause du but, mais parce que j’avais fait un très grand match. Les félicitations de mes coéquipiers et de mes amis m’ont fait énormément plaisir. J’étais vraiment fier de moi.

Le dernier conseil que t’a donné Fadiouf Ndiaye ?

C’était un très bon ami, un frère. Il a beaucoup compté dans ma carrière et dans mon intégration. Avant de renouveler mes contrats, je lui en parlais souvent. Il me conseillait toujours d’être patient, de travailler, de performer pour sortir du championnat.

Le dernier conseil qu’il m’a donné, c’était : « Ne reste pas trop longtemps dans le championnat local. Fais tout pour partir. » Ces mots, je ne les oublierai jamais.

Propos recueilli par Ndèye CAMARA

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