A LA UNE Actualités Foot international

Boubacar Sarr ‘’Locote’’, ancien de l’OM et du PSG : « Je prie pour que le PSG soit champion d’Europe »

Juste avant la finale de la Ligue des champions entre le PSG et l’Inter Milan ce samedi 31 mai 2025, Dsports a donné la parole à un homme qui a marqué les deux plus grands clubs français : Boubacar Sarr Locote, pionnier sénégalais, joueur de l’OM et du PSG dans les années 70-80. À une époque où peu de joueurs africains brillaient en Europe, il ouvrait déjà la voie. De Toulon à Dakar, en passant par Marseille et Paris, il revient sur son parcours exceptionnel, analyse les forces du PSG version Luis Enrique, et évoque l’enjeu historique de cette finale. Pour lui, Paris peut enfin égaler Marseille sur le toit de l’Europe. Entretien exclusif avec une voix rare, pleine de sagesse et de passion.

Comment jugez-vous le projet du PSG depuis l’arrivée de Luis Enrique ?

C’est un virage intéressant. Le club s’est détourné des “stars” au profit de jeunes joueurs talentueux, disciplinés, et très engagés dans le collectif. Luis Enrique a su instaurer un jeu basé sur la possession et le contre-pressing, ce qui permet à tous les profils de s’exprimer. C’est une équipe bien structurée, bien préparée mentalement. Et ça fait toute la différence à ce niveau.

L’Inter Milan semble plus expérimenté. Est-ce une menace réelle ?

Oui, l’Inter est une équipe qui connaît les grandes scènes. Ils sont solides, organisés, et dangereux offensivement. Lautaro Martinez est l’un des attaquants les plus redoutables d’Europe. Il faudra le surveiller de très près. Mais Paris a ses armes. Si j’étais joueur, je rentrerais sur le terrain avec lucidité, intensité et concentration. Il faut jouer 90 minutes — voire plus — à fond, sans jamais se relâcher.

Revenons sur votre parcours. Vous avez marqué les années 70-80 en France. Comment tout a commencé ?

Je suis arrivé à Toulon en 1973, grâce à Mario Bonadei (ndlr : ancien joueur du Foyer France-Sénégal devenu Jaraaf Dakar après la fusion et Espoirs Dakar). Il m’avait vu jouer au Sénégal, et m’a donné ma chance. À cette époque, il n’y avait pas beaucoup de joueurs noirs en France. J’ai terminé deuxième meilleur buteur dès ma première année, puis meilleur buteur la suivante, ce qui m’a ouvert la porte de l’Olympique de Marseille.

Puis, le PSG ?

Oui, j’ai ensuite rejoint le PSG car je sentais que ce club avait de l’ambition. Il recrutait intelligemment, avait envie de progresser, de devenir grand. Déjà à cette époque, le club visait l’Europe.

D’où vient votre surnom “Locote” ?

Un grand frère du quartier, qui vivait en Espagne, m’avait surnommé El Loco (ndlr : le dingue) quand il m’a vu jouer dans les rues de la Medina. Je jouais partout, même gardien ! Je ne sais pas comment c’est devenu Locote, mais mes copains ont gardé ce nom-là.

Vous avez aussi entraîné les Lions du Sénégal. Un moment marquant ?

Un honneur, même si ce n’était pas de tout repos. J’avais toujours été attiré par le métier d’entraîneur. En fin de carrière, j’ai passé mes diplômes. Travailler avec l’équipe nationale, c’était fort. J’ai beaucoup appris, humainement et professionnellement.

Votre fils a aussi suivi vos traces. Une fierté ?

Énorme. Ce n’est pas facile pour lui, il a un nom à porter. Mais il trace sa route avec sérieux. Je suis fier de le voir faire son chemin dans ce monde.

Quel est votre regard sur le football sénégalais d’aujourd’hui ?

Nous avons une belle génération, des dirigeants impliqués, et des résultats concrets. On a gagné la CAN, on performe chez les jeunes. Mais il faut aller plus loin. Les académies devraient contribuer financièrement à la Fédération via un pourcentage sur les transferts. Cela permettrait de mieux organiser les championnats locaux et les catégories de jeunes.

Un message pour les jeunes joueurs ?

Soyez sérieux. Ne jouez pas avec votre avenir. Le football, c’est court. Payez vos impôts, préparez l’après-carrière pendant que vous êtes encore en activité. C’est une chance de vivre de sa passion, mais mal préparé, l’après-foot peut être cruel. Courage à tous.

Et aujourd’hui, comment va Locote ?

Je suis à la retraite. Je vis entre Dakar et Paris. Le golf est devenu ma passion. Et surtout, je profite de ma famille. Le football m’a tout donné, je remercie le bon Dieu.

Verdict pour ce samedi vous l’ancien du PSG et de… l’OM ?

Je prie pour que le PSG l’emporte. Ce serait historique. Et j’espère que l’OM et Paris continueront à faire briller la France en Europe. Ce sont deux grands clubs qui m’ont beaucoup donné. Place au spectacle.

Propos recueillis par Khadim DIAKHATE

Articles similaires