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CAN 2025 : Le Maroc et la CAF s’inclinent une nouvelle fois

Certaines décisions dépassent le cadre d’un simple verdict sportif. Celle rendue par la Confédération africaine de football (CAF), retirant au Sénégal son sacre à la CAN 2025 pour l’attribuer au Maroc, appartient à cette catégorie.

« C’est quoi ces conneries ?»

Au lendemain de cette décision de la honte, une onde d’indignation s’est propagée bien au-delà des frontières africaines. Anciens joueurs, entraîneurs, journalistes : tous s’accordent sur un point. C’est honteux, scandaleux et dangereux.

Alain Giresse, qui n’a pourtant pas eu une aventure avec le Sénégal, ne mâche pas ses mots. « C’est quoi ces conneries ? Qui dans cette finale, qui a été très particulière, avec l’histoire de la serviette en plein match, et dans laquelle on a laissé ce pauvre arbitre se débrouiller tout seul, a le plus subi psychologiquement ? C’est le Sénégal. Et malgré ça, on considère que c’est le Maroc qui a le plus souffert, c’est d’une débilité sans nom », témoigne l’ancien international français dans Ouest-France.

Même tonalité du côté de Wayne Rooney, qui résume la situation : « C’est fou. Si j’étais un joueur marocain, je ne l’accepterais pas. Le Sénégal les a battus équitablement. »

Mais c’est sans doute Ahmed Hossam Mido qui exprime la colère la plus viscérale. Dans une sortie incendiaire, il ne se contente pas de critiquer la décision : il attaque frontalement la gouvernance du football africain, incarnée par Patrice Motsepe. « Bravo à Motsepe Vous nous avez tous fait passer pour ce que certains Occidentaux veulent que nous soyons ! Nous ressemblons maintenant au continent d’idiots, de corrompus. L’Afrique mérite mieux ! Il faut une révolution dans le football africain ! Tous ces gens doivent partir, et aujourd’hui, pas demain ! »

Une victoire de bureau, une défaite morale

Le problème, au fond, n’est pas seulement juridique. Il est aussi moral. Peut-on effacer une finale, deux mois après, comme si elle n’avait jamais existé ? Peut-on transformer une défaite sur le terrain en victoire administrative sans en payer le prix en crédibilité ?

Le journaliste Vincent Duluc parle d’un retour quarante ans en arrière. En agissant ainsi, la CAF donne le sentiment d’un football gouverné non pas par le jeu, mais par des coulisses opaques. Le trio Lekjaa, Infantino et Motsepe formant en coulisses une attaque plus performante que les illustres BBC et MSN. « Et si ces incidents étaient survenus en huitièmes de finale, on aurait fait comment ? On aurait attribué au battu le parcours de son vainqueur? La victoire des Lions de l’Atlas sur tapis vert, qui vient balayer une finale historique comme si elle n’avait jamais existé, est une défaite universelle. En ayant tout fait pour gagner de cette manière, dans la coulisse, après avoir beaucoup fait pour gagner d’une autre, sur le terrain, les Marocains se trompent: en ayant obtenu la destitution du Sénégal, ils deviennent d’autres perdants eux-mêmes, mais infiniment moins beaux, déshabillés de l’empathie qui les avait accompagnés vers la tristesse et l’inconsolable, passant d’une équipe maudite mais fière à une fédération confirmant qu’elle était prête à tout pour gagner, même à piétiner l’esprit du jeu », écrit le VD dans son éditorial.

Le Sénégal a, pour sa part, annoncé un recours devant le Tribunal arbitral du sport. La décision de la CAF sera certainement annulée mais elle ne réparera pas tout. Car, le mal est fait : Motsepe a fragilisé la CAF. A moins que les dirigeants africains en profitent pour reprendre le football du trio Fouzi, Motsepe et Infantino (FMI).

Le FMI, trio qui rivalise avec les illustres BBC et MSN

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D.V.

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