Cheikh Fall (Pau FC) : « Mon rêve ? la CAN U23 et les Jeux Olympiques 2028 »
Passé par les Espoirs de Guédiawaye puis formé à l’AS Saint-Étienne, Cheikh Fall poursuit son apprentissage au Pau FC, en Ligue 2 française. À 22 ans, le milieu sénégalais revient sur sa première saison pleine chez les professionnels, son évolution, ses ambitions et son rêve de porter un jour le maillot des Lions de la Teranga.
Cheikh Fall, vous évoluez actuellement au Pau FC. Comment se déroule votre fin de saison ?
Je pense que l’objectif principal est atteint : assurer le maintien en Ligue 2. Il nous reste encore quatre matchs à jouer et le coach souhaite que l’on termine le plus haut possible au classement. Actuellement, nous sommes neuvièmes et nous pouvons viser une place dans le top 5.
« Aujourd’hui, je joue davantage comme milieu défensif, alors que j’ai été formé comme milieu offensif. Je dois encore progresser sur l’aspect défensif, notamment le marquage et l’agressivité ».
Votre équipe est 9e à quelques points du haut du tableau. Restez-vous optimiste pour une remontée ?
Oui, nous sommes optimistes. C’est aussi l’ambition du coach. Nous voulons gagner les quatre matchs restants et pourquoi pas jouer les barrages. L’équipe est consciente de cet objectif, nous sommes concentrés et convaincus que c’est possible. Le maintien étant assuré, nous voulons désormais finir la saison en beauté.
Même si la saison n’est pas terminée, quel regard portez-vous sur vos performances personnelles (18 matchs, 2 buts, 1 passe décisive) ?
Je dirais que le bilan est positif. C’est ma première saison en Ligue 2 et j’ai eu le temps de jeu que je souhaitais, surtout par rapport à mon passage à Saint-Étienne. Le début de saison a été un peu compliqué, mais j’ai progressivement gagné du temps de jeu. Le coach avait déjà son groupe, donc il fallait s’adapter. J’ai aussi connu une blessure musculaire qui m’a fait manquer quelques matchs. Au départ, j’entrais en jeu, puis j’ai gagné la confiance du coach et j’ai commencé à enchaîner les titularisations. J’ai été titulaire à sept reprises en championnat et deux fois en Coupe de France.
Sur quels aspects de votre jeu pensez-vous devoir progresser ?
Aujourd’hui, je joue davantage comme milieu défensif, alors que j’ai été formé comme milieu offensif. Je dois encore progresser sur l’aspect défensif, notamment le marquage et l’agressivité. Mais offensivement, je pense pouvoir apporter encore plus.
Comment s’est déroulée votre intégration au Pau FC ?
Elle a été facile. À mon arrivée, j’ai retrouvé Pathé Mboup, qui m’a beaucoup aidé. Le fait de connaître déjà certains joueurs a facilité mon adaptation.
« J’ai beaucoup progressé tactiquement et techniquement. J’ai aussi gagné en maturité. J’ai traversé des moments difficiles, notamment avec deux blessures, mais cela m’a appris la résilience et la patience. Mentalement, ça m’a beaucoup renforcé ».
Vous avez été formé aux Espoirs de Guédiawaye. Quels souvenirs gardez-vous de cette période ?
C’est une période très marquante. J’étais logé par le club dans une maison où j’ai été très bien accueilli, comme dans une famille. Je passais toute la semaine là-bas et je rentrais à Teungueth le week-end. Je n’oublierai jamais cette famille, notamment “Grand Allé” qui m’a accueilli comme son fils.
Comment avez-vous rejoint le centre de formation de Saint-Étienne ?
Tout est parti d’un match de gala entre les Espoirs de Guédiawaye et Guédiawaye FC au stade Ngalandou Diouf. Des recruteurs de Saint-Étienne étaient présents grâce à un partenariat. Après le match, on m’a informé qu’ils voulaient me voir à l’essai. J’ai travaillé dur, réussi les tests et obtenu un contrat stagiaire.
Que vous a apporté votre passage à Saint-Étienne ?
Énormément, sur le plan professionnel et personnel. J’ai beaucoup progressé tactiquement et techniquement. J’ai aussi gagné en maturité. J’ai traversé des moments difficiles, notamment avec deux blessures, mais cela m’a appris la résilience et la patience. Mentalement, ça m’a beaucoup renforcé.
Comment avez-vous vécu la transition vers le monde professionnel ?
Il y a une vraie différence. Au centre, on est dans la formation, alors que chez les pros, tout est basé sur la performance. Il faut être constant et mature. Mais je n’ai pas eu de difficultés d’adaptation dans le vestiaire, car à Saint-Étienne, j’avais déjà l’habitude de côtoyer le groupe professionnel.

Cheikh Fall, milieu défensif Pau FC
À 22 ans, sentez-vous que vous progressez ?
Oui, clairement. Je vois une nette progression dans mon jeu. La Ligue 2 est un championnat très exigeant, où il faut être concentré à chaque instant. J’ai gagné en maturité et en rigueur. Mon objectif est de continuer à jouer davantage la saison prochaine.
Dans le championnat français, de nombreux joueurs sénégalais brillent, comme Bamba Dieng, Rassoul Ndiaye ou Arouna Sanganté. Selon vous, qu’est-ce qui explique cette réussite ?
Je pense qu’ils sont conscients de leur parcours et de leurs origines. Ils travaillent dur, restent concentrés et jouent avec l’envie de réussir. Ils sont ambitieux, et cela se voit sur le terrain.
Avez-vous des modèles à votre poste ?
Oui, Thiago Alcantara, Paul Pogba et Idrissa Gana Gueye. Je m’inspire beaucoup de Pogba et Thiago pour leur style de jeu, et de Gana pour son professionnalisme, son mental et son leadership.
Comment décririez-vous votre style de jeu ?
Je suis un milieu créatif, capable de créer des occasions. Même si j’évolue plus bas aujourd’hui, je participe au jeu offensif et j’aide l’équipe à se projeter vers l’avant.
Envisagez-vous de rester au Pau FC ?
J’ai des ambitions. Cette saison était importante pour apprendre et gagner du temps de jeu. La Ligue 2 est très suivie. Je veux continuer à progresser, franchir des étapes, puis on verra ce que l’avenir me réserve. Pour l’instant, je reste concentré sur la fin de saison.
« Ce serait une immense fierté de porter le maillot des Lions. Défendre son pays, porter le drapeau… c’est un rêve que j’espère réaliser un jour. »
La sélection nationale est-elle un objectif ?
Oui, c’est un rêve. Mais pour l’instant, je me concentre sur mon travail. Il y a des échéances comme la CAN U23 ou les Jeux Olympiques 2028. Chaque chose en son temps.
Que représenterait pour vous le maillot des Lions ?
Ce serait une immense fierté. Défendre son pays, porter le drapeau… c’est un rêve que j’espère réaliser un jour.
Quelles sont vos ambitions pour la suite ?
Jouer dans de grands clubs, remporter des trophées, participer à des CAN et à des Coupes du monde avec le Sénégal.
Pouvez-vous résumer votre parcours ?
Avant les Espoirs, j’étais à l’ASCASE. Ensuite, j’ai rejoint les Espoirs de Guédiawaye où j’ai évolué chez les jeunes avant d’être surclassé. Puis j’ai eu une opportunité avec Saint-Étienne en 2021. J’y suis allé pour un essai, puis je suis revenu signer. Mon parcours n’a pas été facile, mais j’ai toujours cru en moi.
Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes ?
Travailler dur, être patient et exigeant avec soi-même. Croire en ses rêves, faire des sacrifices et rester concentré.
Entretien réalisé par Ndèye CAMARA






