Contribution I Sans les vaincus, les vainqueurs ne seraient pas !
Les événements sont annoncés, préparés, déroulés et à terme, évalués. Souvent la période qui précède leur déroulement est une ambiance chargée ou l’émotion et l’objectivité pendulent, donnant parfois l’impression que tout peut basculer à tout moment. Un commentaire interprété autrement, une maladresse dans le langage ou dans le geste, peuvent être des prétextes à la confusion fatale. Les arguments qui justifient les débats cèdent le pas à l’opinion générale des « Grand-Place, des « Wax Sa Xalat ». Les arguties en profitent.
Difficile de tempérer les ardeurs surtout avec les incontrôlables réseaux sociaux. Chaque partie campe sur ses certitudes et les autres acteurs impuissants tentent de préserver leur neutralité en déclarant tout simplement : « c’est de bonne guerre ».
L’Assemblée Générale Elective de la Fédération Sénégalaise de Football de ce samedi 02 août 2025 n’a pas dérogé à ce rituel. Les différents profils au départ ont annoncé dans la dernière ligne droite, des alliances tardives et hypothétiques anticipant (prématurément) sur un second tour avant même le coup d’envoi.
À l’arrivée, le verdict des urnes a sacré le candidat Abdoulaye Fall au second tour boycotté par le challenger Mady Touré, tandis que le sortant Augustin Senghor largement distancé finit par accepter sa défaite, seul le Sénégal est déclaré vainqueur.
Après les élections, la loi des « vainqueurs » est souvent évoquée par les gagnants pour justifier leurs décisions quant aux nominations au profit des leurs, par les perdants résignés mais qui manifestent naturellement leurs frustrations ; somme toute c’est la règle du jeu acceptée par tous.
Pourtant durant la campagne préélectorale chaque candidat s’est engagé (tacitement) à travailler avec l’autre pour la réussite du groupe Sénégal. Promesses de campagne, ou stratagèmes pour rallier le plus d’électeurs favorables ? Toutes les compétences sont à mobiliser parce que c’est une œuvre collective, parce que le football est une activité sportive collective, parce que surtout le Sénégal a sonné le rappel de ses enfants pour un top management de son football :« Domu rew moy tabax rew ».
La synthèse des programmes soumis par les candidats fait ressortir le même objectif : confirmer la place du Sénégal dans la cour des grands d’Afrique et du monde, avec cependant des stratégies différenciées, ou différentes. Ensemble pour des changements, stabilisation et renforcement des acquis en passant par la maîtrise des enchaînements pour mieux avancer sont des options à développer afin de réaliser des performances.
La gestion au football est une coordination qui consiste à identifier les individualités et les transformer en produits (si la somme de 10 et 10 est égal à 20, il en est autrement du produit 10 fois 10 qui donne le résultat 100.). Autrement dit, la coordination des différentes mais complémentaires compétences, autorise des résultats bien appréciés. Le geste technique en lui-même est relativement insuffisant, tandis que l’association d’au moins deux gestes ou enchaînements assure une efficience à terme.
Le mécanisme bien maîtrisé de l’une-deux ou par exemple, un correct enchaînement contrôle -passe (actualité) sont à prendre en compte pour équilibrer l’équation du football sénégalais. Vainqueur et vaincus sont interpellés, surtout les élus à l’aube de ce 3 août 2025. Toutes les compétences sont à mobiliser.
Il s’agit maintenant d’acter les promesses, les engagements concourant à faire franchir au football sénégalais des challenges encore plus exaltants. Il faut alors être toujours prêts à agir, au lieu de subir pour réagir, plombant ainsi les initiatives. Pour avancer et atteindre les objectifs, il faut rester ensemble : « seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ». Les succès à long terme sont à ce prix.
Les changements sont nécessaires et indispensables ils doivent être engagés avec flexibilité mettant en évidence les capacités d’adaptation. N’a-t -on pas évoqué Héraclite pour le citer : « la seule constante de la vie est le changement », résister aux changements, c’est s’opposer vainement.
Restons Debout pour que le Lion Rouge rugisse encore et encore devant l’Afrique rassemblée et face au monde.
Vive le Sénégal du Football, vive le Sénégal !
Moussa Ndiaye Président AEEFS
Instructeur / Formateur en football.
Dakar août 2025.







