Double performance
Qu’il peut aller vite, le football, le jeu préféré des hommes. Les vérités d’un jour sont rarement celles du lendemain et le capricieux ballon peut réserver des rebonds les plus imprévisibles. Il y a quelques jours seulement, ici même comme sur presque toutes les places où l’on discute du ballon rond dans ce pays, on s’indignait de la lourde tendance des équipes nationales du Sénégal, ces derniers mois, de se faire harakiri lors des séances de tirs au but. L’élimination des « Lions » locaux, champions d’Afrique en titre du CHAN par le Maroc, à cet exercice, avait servi de déclencheur aux appels tous azimuts pour une meilleure gestion des joueurs (par les entraineurs nationaux, voire par des préparateurs mentaux) afin qu’ils apprennent à aborder cette séquence avec le maximum d’atouts pour y faire face.
On n’avait pas fini d’épiloguer sur cette élimination en demi-finales que les hommes du coach Souleymane Diallo nous offraient, ce vendredi lors de la « petite finale » face au Soudan, une autre séance de tirs au but. C’est dire que pour bien des Sénégalais, l’histoire allait encore se répéter. Surtout que, chez les A comme chez les locaux, le Sénégal n’avait jamais remporté un match de classement pour la 3e place. Déjà en CAN, les « Lions » ont perdu toutes les « petites finales » qu’ils ont jusqu’ici disputées. Et curieusement, à chaque fois sur le même score d’un but à 0. Contre la Côte d’Ivoire en 1965 en Tunisie, face à la Zambie en 1990 en Algérie et au profit du Nigeria en 2006 en Egypte ! Et pour le CHAN, les « Lions » locaux alors conduits par Joseph Koto à la première édition disputée en Côte d’Ivoire, avaient laissé filer la médaille de bronze au profit de la Zambie (1 – 2)
Alors, forcément, la « petite finale » de ce 8e CHAN avait fait ressurgir les vieux démons. D’autant que dès la 6e minute, les Sénégalais se faisaient surprendre. L’égalisation de Seyni Mbaye Ndiaye presqu’à l’heure de jeu (58e mn) avait quelque peu rallumé la flamme de l’espoir d’une grande première victoire sénégalaise dans un match de classement surtout que Marc Diouf et ses partenaires dominaient plutôt nettement leurs vis-à-vis. Mais puisqu’ils n’avaient pas réussi à faire pencher la balance de leur côté, ils avaient de nouveau plongé leurs supporters dans le doute au moment d’aller au tir au but.
Et là, belle surprise : tous les quatre ayant tiré on converti leur essai pendant que Marc Diouf, le portier, bredouille en demi-finale contre le Maroc, stoppait la 3e tentative soudanaise après que la toute première eut totalement fui le cadre. Les « Lions » locaux venaient de signer une double performance : remporter la médaille de bronze d’une compétition continentale et aux tirs au but ! Cela n’a pas la même saveur que l’or décroché los de la précédente édition et déjà … aux tirs au but face à l’Algérie, chez elle-même. Mais ; c’est peut-être la preuve que, finalement, les Sénégalais ne sont pas si fâchés que ça avec les tirs au but. N’empêche, ainsi que beaucoup d’observateurs l’ont souligné ces derniers jours, un travail spécifique s’impose en clubs comme en sélections pour se présenter à cet exercice avec le maximum d’atouts. Même si, le foot est si imprévisible. Et c’est pourquoi on l’aime tant…
B.K.N







