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Doute et inefficacité : Iliman Ndiaye en quête de rebond avant le Mondial

Auteur d’un début d’exercice canon et pièce maîtresse de l’animation offensive des Lions, Iliman Ndiaye traverse une zone de turbulences inquiétante. Entre une CAN 2025 en demi-teinte et une fin de saison en club marquée par un manque d’efficacité flagrant sous les ordres de David Moyes, le meneur de jeu sénégalais marque le pas au pire des moments.

De la lumière à l’ombre : le souvenir d’un leader offensif

Il n’y a pourtant pas si longtemps, Iliman Ndiaye marchait sur l’eau. Sa première saison avec Everton laissait présager une franche réussite. Le Sénégalais s’était imposé rapidement comme l’atout dynamiteur des Toffees. Il avait terminé meilleur buteur du club avec 9 buts. Un rayonnement en club qu’il parvenait alors à transposer avec brio en équipe nationale. Les supporters des Lions gardent encore en mémoire ses masterclass face à la RD Congo (2-3) et à l’Angleterre (1-3) où son audace et sa créativité avaient crevé l’écran. Sans oublier son but contre la Mauritanie (4-0). Flamboyant, virevoltant et décisif, Ndiaye s’imposait alors comme le facteur X incontournable de l’équipe de Pape Thiaw.

Une CAN en guise d’avertissement et le début du calvaire

Puis, le fil s’est cassé. En réalité, sa CAN 2025 avait déjà annoncé la couleur de ce coup de mou général. Le mois de mars est venu stopper net sa dynamique ascendante après une CAN où le joueur est apparu presque en manque de rythme. Moins tranchant, en panne d’inspiration, il a traversé la compétition comme l’ombre de lui-même, un déclin symbolisé par cette lourde occasion manquée en finale qui aurait pu mettre les siens sur la bonne voie dès la première période. Remplacé lors de cette finale par le jeune Ibrahim Mbaye, beaucoup plus en vue et percutant, Ndiaye a vu ses doutes africains l’escorter jusqu’en Angleterre pour une seconde partie de saison particulièrement pénible.

Ces dernières semaines, son manque d’efficacité est devenu criant, pour s’établir aujourd’hui à un bilan très timide de 6 buts et 3 passes décisives toutes compétitions confondues. L’attaquant sénégalais est désormais muet en championnat depuis six matchs consécutifs. Pour retrouver la trace de sa dernière réalisation, il faut remonter au 21 mars dernier lors de la victoire contre Chelsea (3-0). Deux longs mois de disette qui pèsent lourd. Le sommet de ce blocage psychologique a sans doute été atteint lors du match spectaculaire contre Manchester City (3-3), où le Sénégalais a manqué trois face-à-face consécutifs face à Gianluigi Donnarumma. Une maladresse chronique qui n’a pas manqué d’attirer l’attention de son entraîneur, David Moyes. Le technicien écossais l’a d’ailleurs soulignée après la défaite à domicile face à Sunderland (1-3) lors de l’avant-dernière journée de Premier League.

« En deuxième partie de saison, on a l’impression d’être à court de buts, surtout de la part d’lli (Iliman Ndiaye), et un peu de Kiernan (Dewsbury-Hall) aussi. Ili, en particulier, a eu de belles occasions dans plusieurs matchs, des occasions qu’il a su concrétiser par le passé. Il a marqué un superbe but contre Chelsea ici même (à Goodison Park), mais depuis, on a eu pas mal d’occasions et on n’a pas réussi à les saisir pour gagner. On en avait besoin car, comme on le sait, on n’a pas été très prolifiques avec nos avant-centres. Du coup, ce sont surtout Kiernan et lli qui ont dû prendre le relais. Et ils ont tous les deux complètement disparu ces derniers temps », a confié David Moyes.

Le spectre des frappes écrasées et la menace de la concurrence

Au-delà des statistiques, ce sont les limites chroniques d’Iliman Ndiaye dans le dernier geste qui interpellent. Trop souvent, ses actions se concluent par des frappes écrasées ou un manque de conviction flagrant au moment d’ajuster le portier adverse. Certes, le joueur conserve une excellente côte sur le marché anglais grâce à ses qualités de dribble, son volume de jeu et son implication sur les taches défensives, mais ses irrégularités actuelles devant le but tombent au plus mauvais moment.

À l’approche du Mondial, cette méforme prolongée pourrait lui coûter très cher en temps de jeu. Car chez les Lions, la concurrence fait rage et n’attend personne. Entre la montée en puissance irrésistible du jeune Ibrahim Mbaye, le retour en grâce d’Assane Diao, la forme étincelante d’Ismaïla Sarr et l’indéboulonnable constance du patron Sadio Mané, les places sur le front de l’attaque sénégalaise valent de l’or. Pour Pape Thiaw, la cohérence et la forme du moment peuvent primer sur les statuts. Iliman Ndiaye devra prouver qu’il a le mental pour relever la tête et redevenir le finisseur que le Sénégal attend. Il a d’ailleurs l’opportunité de se ressaisir et de terminer la saison sur une bonne note. Ce sera ce dimanche 25 mai lors de la dernière journée du championnat contre le Tottenham de Pape Matar Sarr (15h00 GMT).

Moussa SOW

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