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Droits audiovisuels : le sport sénégalais perd plus de 20 milliards FCFA chaque année, l’alerte de Khady Diène Gaye

Le sport sénégalais traverse une crise silencieuse : plus de 20 milliards de francs CFA sont perdus chaque année à cause de la diffusion non autorisée de contenus audiovisuels sportifs. C’est le chiffre choc avancé ce matin par la ministre de la Culture et de la Propriété intellectuelle, Khady Diène Gaye, lors de la conférence inaugurale tenue à l’hôtel Azalaï, à Dakar.

Dans une déclaration forte, la ministre a appelé à une mobilisation urgente pour protéger les créations, marques, et diffusions liées au sport.

“Nos clubs perdent chaque année plus de 20 milliards de francs CFA à cause de contenus sportifs diffusés sans autorisation. Il est temps de sécuriser nos droits audiovisuels pour garantir un retour économique au bénéfice de tous.”

Cette rencontre, organisée en l’absence du Premier ministre Ousmane Sonko actuellement en visite officielle en Côte d’Ivoire, a réuni des représentants des institutions, de juristes, et d’acteurs du monde des médias autour d’un objectif clair : valoriser la propriété intellectuelle comme levier de développement du sport sénégalais.

Ce forum fait écho à la conférence internationale tenue à Dakar en 2013, qui portait déjà sur l’utilisation stratégique de la propriété intellectuelle dans le développement du sport.

“Cette rencontre est à la fois symbolique et visionnaire,” a affirmé la ministre. “Elle reflète la volonté affirmée du gouvernement de faire du sport un moteur de croissance dans le cadre de l’Agenda national de transformation 2050.”

Ce plan stratégique, présenté comme ambitieux et inclusif, fait du sport un axe prioritaire pour renforcer le capital humain et bâtir une économie compétitive.

Les Jeux Olympiques de la Jeunesse 2026 en ligne de mire

Alors que le Sénégal se prépare à accueillir les Jeux Olympiques de la Jeunesse en 2026, cette conférence apparaît comme un signal fort.
Elle rappelle que la réussite d’un tel événement ne réside pas uniquement dans les performances sportives, mais aussi dans la capacité à construire un écosystème durable et structuré, où chaque contenu produit, diffusé ou partagé est juridiquement encadré et économiquement valorisé.

Un appel à l’action collective

Au terme de cette rencontre, des recommandations ont été formulées pour renforcer la sensibilisation des acteurs sportifs, former à la gestion des droits et mettre en place des outils technologiques de traçabilité des contenus diffusés.

Le message de Khady Diène Gaye est clair :

« Il faut que le sport sénégalais cesse d’être exploité gratuitement. Chaque image, chaque son, chaque production doit être reconnue comme une richesse nationale. »

Khadim DIAKHATÉ

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