A LA UNE CAN 2025

Édouard Mendy : « On a d’abord pris ça pour un poisson d’avril »

Dans un rebondissement aussi inattendu que brutal, le gardien sénégalais d’Al-Ahli s’attaque à la controverse de la CAN 2025. Une finale qui a tourné au chaos, puis à la farce, puis à l’injustice. Près d’un mois après le verdict de la CAF, la blessure est encore vive. Et Mendy refuse de tourner la page.

« Nous avons été très choqués par la décision de la CAF de retirer le titre et de l’attribuer au Maroc. C’est une décision sortie de nulle part. J’ai ressenti un mélange de sentiments en voyant la nouvelle, et j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’une blague », déclare Mendy lors d’une interview sur le podcast The Mo Show. « Je croyais que les sites s’étaient trompés, alors je me suis rendu moi-même sur le portail de la CAF. On a d’abord pris ça pour un poisson d’avril, mais la réalité était bien là. » Son ton est sec, presque fébrile. « Mon fils était aux anges après le sacre, et je ne savais pas comment lui annoncer le retrait du titre. Ce sont des moments très durs à vivre. »

« Tous les indicateurs montrent que nous avons été couronnés champions »

Une colère contenue, mais palpable chez Mendy, qui remet en cause la légitimité de la décision : « Nous devons nous souvenir que nous avons mené la rencontre jusqu’à son terme, que nous l’avons emportée, que le résultat a été validé par tous et que nous avons même pris part à la célébration ; tous les indicateurs montrent que nous avons été couronnés champions. » Et dans la tempête, il y a cette sympathie grandissante : « Je n’aurais jamais imaginé l’ampleur du soutien que nous avons reçu ces derniers jours, après la décision de la CAF. Nous avons gagné de nombreux supporters. »

Le combat judiciaire n’est pas terminé, désormais suspendu au verdict du Tribunal arbitral du sport. Mais, Edou, en porte-drapeau, annonce : « La Fédération sénégalaise de football met tout en œuvre pour récupérer le titre, et il ne doit y avoir qu’une seule issue : le sacre du Sénégal à la Coupe d’Afrique des nations. »

« Il restait encore des joueurs sur le terrain et nous ne nous sommes pas retirés du match »

Le gardien revient aussi sur cette scène qui a fait le tour du monde. La sortie du terrain de certains joueurs sénégalais ? « Certains ont dit que toute l’équipe du Sénégal avait quitté le terrain, mais la réalité était tout autre, car il restait encore des joueurs sur le terrain et nous ne nous sommes pas retirés du match ; il s’agissait simplement d’une réaction », précise-t-il. « Notre équipe n’a pas quitté le terrain dans son intégralité, contrairement aux informations diffusées. Si cela avait été le cas, l’arbitre aurait immédiatement sifflé la fin du match et accordé la victoire au Maroc sur tapis vert. »

Une déclaration qui remet en cause la version officielle, mais aussi la crédibilité de la CAF. « Le slogan bien connu de la FIFA est que le sport unit le monde, mais ce qui s’est passé face au Maroc était tout à fait différent. »

L’incident de la serviette, symbole d’une rivalité explosive

Et puis, il y a cette serviette. Objet de toutes les tensions, symbole d’une rivalité hors norme. « Ce qui s’est passé contre le Maroc a été une situation exceptionnelle pour moi (…). Jamais auparavant, lors d’un match que j’ai disputé, et encore moins en finale, un joueur de l’équipe adverse n’était venu me prendre ma serviette de cette manière depuis le banc des remplaçants. »

Mais Mendy, fidèle à son calme et à sa concentration, ne s’est pas laissé déstabiliser. « Ce genre de choses peut arriver dans le football et il faut l’accepter. C’était un match important et je voulais rester concentré, alors je ne me suis pas laissé distraire par ces provocations, grâce à l’aide de notre gardien remplaçant. »

Une finale dantesque, une épreuve de titan

Ce match, il l’évoque comme « le plus difficile » de sa carrière. Une rencontre marquée par la pression, les provocations, les incidents, le bruit assourdissant des supporters marocains. « Il est toujours délicat d’affronter le pays hôte dans un stade de 80 000 spectateurs. Lors de mon échauffement, je me suis dit : ‘Je n’ai jamais rien vu de tel.’ » Et, le souvenir reste vif. « Deux jours plus tard, le bruit des supporters résonnait encore dans mes oreilles et dans ma tête. »

Le combat continue, mais la passion ne faiblit pas. Mendy incarne le symbole d’une génération qui refuse l’injustice. Et, le Sénégal n’a pas fini de se battre pour sa vérité.

Mohamed NDIAYE

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