Ferdinand Coly met en garde : « Des amis français l’ont toujours un peu en travers »
Pour la deuxième fois en un peu plus de deux décennies, le Sénégal et la France vont se retrouver face-à-face lors d’un Mondial. Le tirage au sort de 2026 a officialisé l’affiche du groupe I : un remake annoncé, et Ferdinand Coly ne cache pas son enthousiasme… ni ses réserves.
Ferdinand Coly, héros du fameux match de 2002, ne cache pas son enthousiasme : « Franchement, quel bonheur de pouvoir assister à ce France-Sénégal », savoure-t-il. Dans cet entretien avec Afrik-Foot, il évoque cette rivalité forgée par l’histoire : « Ce sont deux pays qui sont très liés, beaucoup de Sénégalais jouent en France ou y ont joué récemment. J’étais vraiment très content quand j’ai vu qu’il y aura dans six mois le second France-Sénégal de l’histoire.»
L’évocation du but légendaire de Papa Bouba Diop, ce moment où l’Afrique a fait trembler le Vieux Continent, résonne encore dans toutes les têtes. Alors que les projecteurs s’allument sur cette affiche, la question brûle toutes les lèvres : le Sénégal peut-il rééditer l’exploit ? La réponse semble oui, mais à condition de naviguer dans un groupe redoutable.
« Franchement, j’aurais préféré un autre adversaire »
La Norvège, avec ses géants, n’a pas fait dans la dentelle lors des qualifications. «Elle joue bien et marque beaucoup de buts. Offensivement, avec Sorloth et surtout Haaland, c’est impressionnant, mais il y a aussi d’autres très bons joueurs comme Odegaard. Franchement, j’aurais préféré un autre adversaire », analyse Coly, lucide.
Et puis, il y a cette inconnue : la troisième équipe, potentiellement la Bolivie, l’Irak ou le Suriname. À l’image du tirage, le suspense reste entier. La surprise n’est jamais très loin dans ces phases de barrage, et l’Irak, avec ses qualités techniques, pourrait bien tirer son épingle du jeu.
« Les Français seront sans doute beaucoup plus prudents qu’en 2002 »
Revenir à France-Sénégal, c’est aussi renouer avec cette rivalité teintée de respect, de taquineries amicales, de souvenirs impérissables. « Disons que les Français seront sans doute beaucoup plus prudents. Je me rappelle que lors du tirage au sort de la phase de groupes pour 2002, alors que je jouais à Lens, mes coéquipiers français me chambraient gentiment, en nous disant que la France de Zidane allait nous écraser. » Mais, l’ancien latéral droit ne perd pas de vue l’état d’esprit du sélectionneur des Bleus : « Didier Deschamps n’est pas du genre à sous-estimer ses adversaires, et il sait que le Sénégal est une des meilleures sélections africaines. »
L’enjeu dépasse le simple football : c’est aussi une question de revanche et d’image. « J’ai des amis français qui l’ont toujours un peu en travers, cette défaite (rires). » Et, Coly n’en doute pas : « La France va vouloir prendre une revanche, c’est évident. C’est le favori du groupe, c’est un des prétendants au titre. C’est une équipe très forte, une des meilleures du monde, avec des joueurs de classe mondiale comme Mbappé, Dembélé et d’autres. » Le rendez-vous est pris, le public retient son souffle
En 2002, la bande à El Hadji Diouf avait marqué la planète. En 2026, les Lions de Pape Thiaw pourraient écrire un nouveau chapitre, plus passionné que jamais.
Mohamed NDIAYE







