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FSF : Des choix financiers qui interrogent

À la lecture du dernier rapport financier de la Fédération sénégalaise de Football (FSF) pour l’année 2024, une question s’impose : où va l’argent du football sénégalais ? Alors que les ressources sont en baisse et les projets à l’arrêt, certaines dépenses soulèvent de réels doutes sur la gouvernance financière de l’instance.

En effet, les subventions cumulées de la FIFA, de la CAF et de l’État sénégalais ont été divisées par deux, passant à 1,05 milliard de FCFA. Cette chute drastique s’explique notamment par l’interruption des travaux du stade Demba Diop et l’annulation de compétitions comme la Coupe HCCT. Malgré cette contraction budgétaire, la FSF a distribué 1,75 milliard de FCFA aux clubs et aux ligues locales, soit près de 70% de moins que l’année précédente.

Mais au-delà de ces chiffres, le pilotage des grands chantiers laisse perplexe. Le stade Demba Diop, pourtant vital pour le football local, est en friche. La rénovation, évaluée à plus de 2 milliards de FCFA, est gelée sans visibilité. D’autres projets structurants — nouveau siège, centres d’entraînement — sont évoqués, mais sans plan concret, ni calendrier.

Le plus inquiétant reste sans doute la gestion des ressources matérielles et humaines. Un stock de matériel sportif estimé à plus de 700 millions de FCFA dort dans des entrepôts à Toubab Dialaw et dans la boutique de la FSF. Pourquoi ces équipements ne sont-ils pas utilisés ?

Par ailleurs, les dépenses opaques s’accumulent. Près de 3 milliards de FCFA ont été affectés à des « services extérieurs », sans détails. Les honoraires versés aux arbitres ont explosé (+50%) sans justification. Ces lignes budgétaires nourrissent l’incompréhension, voire la suspicion, dans un contexte où la FSF devrait justement redoubler de transparence.

Entre baisse des revenus, gel des chantiers, et gestion floue des dépenses, la Fédération traverse une période de turbulences. Et si rien ne change, ce sont les clubs, les jeunes talents et les compétitions locales qui en paieront le prix fort.

Khadim DIAKHATE

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