Lamine Mboup, le maestro s’en est allé
Réveil brutal ! Ancien international sénégalais et meneur de jeu emblématique de la Jeanne d’Arc dans les années 80, Lamine Mboup s’est éteint dans la nuit du 9 au 10 mars à 64 ans. Son père Mamadou Issa Mboup dit Gutenberg fut d’ailleurs ancien président de la JA.
Avec lui disparaît l’un des artistes du football sénégalais, un gaucher élégant dont la vision du jeu et la qualité technique, notamment sur coups de pied arrêtés, ont marqué toute une génération. Même avec l’âge, lors des matchs entre vétérans, il était encore capable d’exécuter magistralement des coups francs en pleine lucarne. Et, quand l’envie lui prenait, il pouvait même viser volontairement la barre transversale, juste pour démontrer la précision et la finesse de sa technique.
Sur le terrain comme en dehors, Lamine Mboup était un homme chaleureux et affable. Un véritable boute-en-train. Dans les vestiaires qu’il a fréquentés, il était aussi connu pour sa bonne humeur et son sens du partage. Après sa carrière, il est resté proche du football en devenant entraineurs et puis consultant toujours disponible et passionné dans ses analyses.
Même affaibli par la maladie, il avait tenu à répondre présent à plusieurs invitations de Dsports lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations. Car l’équipe nationale du Sénégal était pour lui bien plus qu’un simple sujet : c’était une véritable passion.
Mais l’engagement de Lamine Mboup ne se limitait pas à la sélection nationale. Il était également un ardent défenseur du football local. Pendant de nombreuses années, il s’est battu pour les droits des joueurs et des entraîneurs sénégalais. Il a même participé à la création d’un syndicat des joueurs, une initiative courageuse dont la mise en œuvre s’est heurtée aux difficultés d’un milieu où la culture de la revendication reste encore à construire.
Homme de transmission, Lamine Mboup s’investissait aussi dans la formation des jeunes. Il avait fondé une école de football aux Maristes, où il prenait plaisir à partager sa passion et à transmettre sa science du ballon rond aux plus jeunes. L’été dernier encore, il accompagnait lui-même ses pensionnaires dans les studios de Dsports pour leur faire participer à l’émission « Duel de Génies », rappelant sans cesse aux jeunes l’importance de concilier études et sport, au moins jusqu’à l’obtention du baccalauréat.
Ces derniers temps, il s’impliquait également dans le développement du futsal, en participant au travail autour de la sélection nationale sénégalaise. Avec la disparition de Lamine Mboup, le football sénégalais perd une figure passionnée, engagée et profondément attachée à la transmission.
Dsports présente ses sincères condoléances à sa famille, à ses proches et à toute la grande famille du football.
Que son âme repose en paix.
D.V.







