Malick Daf s’emporte : « On ne peut pas rayonner avec un championnat sans compétition »
Battu à domicile par la Colombe sportive du Dja et Lobo (0-2), dimanche, lors de la manche aller du deuxième tour préliminaire de la Ligue des champions de la CAF, Teungueth FC a compromis ses chances de qualification. En conférence de presse d’après-match, son entraîneur, Malick Daf, a vivement dénoncé le report du championnat sénégalais, qu’il considère comme un sérieux handicap pour les clubs engagés sur la scène africaine.
Malick Daf n’a pas caché sa frustration. Après la défaite de Teungueth FC face à la Colombe sportive du Dja et Lobo (0-2), le technicien rufisquois a profité de la conférence de presse d’après-match pour remettre sur la table un problème qui le préoccupe depuis plusieurs semaines : l’absence de compétition officielle au Sénégal et ses conséquences sur la préparation des représentants nationaux en Afrique.
« On ne peut pas remplacer des matchs amicaux par des matchs officiels »
Au-delà des erreurs individuelles qui ont coûté cher à son équipe, l’entraîneur estime que le manque de rythme constitue un véritable handicap face à des adversaires qui évoluent dans un contexte de compétition différent. Pour lui, les matchs amicaux ne peuvent en aucun cas remplacer les rencontres officielles.
« On ne peut pas remplacer des matchs amicaux par des matchs officiels », a-t-il martelé, avant de pointer les difficultés rencontrées par les clubs sénégalais qualifiés pour les compétitions continentales.
Le report du championnat a été au cœur de la sortie médiatique de Malick Daf. Le technicien affirme que Teungueth FC souhaitait entamer la saison nationale, mais que le démarrage n’a pas eu lieu comme espéré. Une situation qu’il juge préjudiciable à la préparation de son équipe, appelée à défendre les couleurs du Sénégal sur la scène continentale.
« On ne peut pas rayonner avec un championnat sans compétition. Vous voulez qu’on rayonne avec les matchs amicaux ? » a-t-il lancé, visiblement remonté contre cette situation.
Pour l’entraîneur rufisquois, l’enjeu dépasse le seul cas de Teungueth FC. Il s’agit, selon lui, d’un problème récurrent qui pénalise les équipes sénégalaises au moment d’aborder les échéances africaines.
« Depuis longtemps, les équipes sénégalaises qui se qualifient en Afrique jouent sans compétition et, à chaque fois, elles sont éliminées », a-t-il regretté.
Malick Daf insiste sur les exigences du haut niveau, où l’intensité, le rythme et la capacité à enchaîner les rencontres sont déterminants. À ses yeux, les séances d’entraînement et les matchs amicaux ne suffisent pas à préparer une équipe à l’adversité des compétitions continentales.
« Le haut niveau, c’est l’exigence. Il faut jouer des matchs pour avoir du rythme. Je ne peux rien faire pour le calendrier », a-t-il ajouté.
Quatre mois sans compétition officielle : le constat amer de Daf
Le technicien a également rappelé le temps écoulé depuis le dernier exercice du championnat sénégalais. Malgré son statut de champion national, Teungueth FC s’est retrouvé contraint de s’appuyer sur des rencontres amicales pour préparer son entrée en lice en Ligue des champions.
« On a été champions et on ne joue pas depuis quatre mois. On dispute des matchs amicaux contre Wally Daan et le Port, mais ce n’est pas le même niveau », a-t-il expliqué.
Dans ces conditions, le technicien estime que son équipe n’a pas pu bénéficier de la préparation compétitive qu’il juge nécessaire avant de défier la formation camerounaise.
Son regret est d’autant plus grand que les Rufisquois auraient souhaité disputer plusieurs journées de championnat avant cette double confrontation. Il déplore ainsi les reports qui, selon lui, privent les clubs engagés en Afrique de rencontres officielles pourtant essentielles à leur montée en puissance.
« Il ne devait pas y avoir de report du championnat. Déjà, le calendrier est loin et, derrière, on fait des reports. Une équipe qui doit jouer les compétitions africaines, on la prive de matchs de compétition. Cela ne nous arrange pas, mais on est obligés de nous adapter », a-t-il dénoncé.
Avant cette rencontre, Malick Daf avait déjà alerté sur le manque de rythme de son groupe, estimant que l’absence de compétition officielle compliquait la préparation de Teungueth FC.
Des erreurs individuelles qui ont coûté cher
Si le calendrier a occupé une place centrale dans son discours, Malick Daf n’a pas pour autant exonéré ses joueurs de leurs responsabilités dans cette défaite. L’entraîneur a reconnu que des erreurs individuelles avaient facilité la tâche à la Colombe sportive.
« Notre entame a été difficile. Ce n’est pas une maîtrise totale de l’adversaire, mais plutôt des erreurs individuelles. Nous avons pris deux buts qui ne reflètent pas la physionomie de la partie », a-t-il analysé.
Habituellement réputée pour sa solidité défensive, son équipe a cette fois montré des signes de fébrilité. Le technicien a notamment évoqué la perte de balle de Raphaël Ndong sur le premier but, tout en soulignant que le joueur n’avait pas encore retrouvé son meilleur niveau depuis son retour de la sélection U23, où il serait revenu blessé.
Malick Daf a également pointé certaines erreurs de Mbaye Ndiaye, notamment dans le replacement défensif. Des défaillances qui ont pesé lourd dans une rencontre où Teungueth FC devait impérativement obtenir un résultat favorable à domicile.
« Peut-être qu’avec trois ou quatre matchs dans les jambes… »
Malgré sa colère contre le calendrier, l’entraîneur de Teungueth FC a appelé son groupe à poursuivre le travail. Il estime que plusieurs matchs officiels supplémentaires auraient pu permettre à son équipe d’aborder ce rendez-vous avec davantage de repères et de rythme.
« Peut-être que si on avait trois ou quatre matchs dans les jambes, le résultat ne serait pas de 0-2 », a-t-il avancé.
Le technicien a toutefois tenu à reconnaître la valeur de son adversaire, refusant de faire du manque de compétition une explication exclusive à cette contre-performance.
« Il faut quand même respecter le niveau de jeu de l’adversaire », a-t-il conclu.
Battus de deux buts au stade Léopold Sédar-Senghor, les champions du Sénégal devront désormais réaliser une performance de haut niveau au Cameroun pour espérer poursuivre leur aventure continentale. Mais, pour Malick Daf, cette défaite ravive surtout un débat de fond : comment les clubs sénégalais peuvent-ils rivaliser durablement en Afrique si leur préparation ne leur permet pas d’aborder les échéances continentales avec suffisamment de compétition officielle dans les jambes ?
Khadim DIAKHATÉ






