A LA UNE AJEL ENTRETIENS Ligue 1

Malick Ndiaye Dieng (AJEL) : « La rivalité doit être saine »

Éloigné des terrains après une blessure en début de saison dernière, le capitaine d’AJEL de Rufisque, Malick Ndiaye Dieng, a retrouvé le groupe et se dit prêt à relever les défis à venir. Dans cet entretien, le milieu de terrain évoque sa blessure, les ambitions du club, le départ de plusieurs cadres, ainsi que le manque d’expérience qui, selon lui, a coûté le titre à son équipe la saison passée.

La saison dernière, on vous a peu vu en championnat. Quelles sont les raisons de votre absence ?

Le fait que les supporters ne m’aient pas vu sur les terrains la saison dernière est dû à une blessure. J’avais contracté une blessure assez douloureuse qui m’a empêché de continuer le championnat. J’avais pourtant bien démarré la saison en disputant les deux premiers matchs contre Wally Daan de Thiès et Jamono Fatick. Mais lors de notre préparation pour la troisième journée face à l’AS Pikine, je me suis blessé, ce qui a complètement perturbé ma saison.

Heureusement, le club a pris en charge l’ensemble de mes soins jusqu’à mon rétablissement complet. Aujourd’hui, j’ai réintégré le groupe de performance et nous préparons sérieusement la reprise du championnat.

Promue en Ligue 1, AJEL de Rufisque avait bien démarré avant de connaître des contre-performances. Comment l’expliquez-vous ?

C’est vrai. Pour une équipe promue, nous avions bien commencé la saison. Nous étions venus pour découvrir la Ligue 1, mais nous avions aussi les arguments pour viser plus haut. Le président Mamadou Niang Mbaye nous avait dit que si nous terminions dans le top 4, ce serait déjà un résultat positif.

Au fil du championnat, nous avons réalisé que nous pouvions rivaliser avec les meilleures équipes et même viser le titre. Malheureusement, le manque d’expérience nous a fait perdre beaucoup de points, notamment à travers des matchs nuls évitables. C’est ce qui nous a coûté le titre.

Cette année, notre objectif est clair : remporter au moins un trophée majeur. Le groupe est homogène, et j’ai confiance qu’avec le travail accompli, nous pourrons faire partie des équipes récompensées à la fin de la saison.

 

                                         « AJEL veut être sur tous les tableaux »

 

Vous avez terminé à la 6e place avec 42 points. N’est-ce pas satisfaisant pour un club promu ?

Oui, c’est un résultat positif pour un promu. Comme je l’ai dit, nous nous étions fixé l’objectif d’intégrer le top 4, ce qui aurait déjà été satisfaisant. Mais, en cours de route, nous avons vu qu’il y avait la place pour faire encore mieux.

Le manque d’expérience nous a malheureusement coûté cher. Sur certains matchs dits “faciles”, nous avons concédé des nuls que nous aurions dû transformer en victoires. Si nous avions remporté quatre matchs supplémentaires, nous aurions pu prétendre au titre avant la fin du championnat.

Nous allons tirer les leçons de cette saison. Cette fois-ci, nous ferons tout pour gagner le championnat ou la Coupe du Sénégal.

Gagner le championnat ou la Coupe du Sénégal, est-ce l’objectif fixé par la direction du club ?

Oui, c’est l’ambition affichée. AJEL de Rufisque sera présent sur tous les tableaux cette saison. Lors de notre première année en Ligue 2, nous étions déjà prometteurs, même si beaucoup ne nous prenaient pas au sérieux. Nous avons manqué de peu la montée, mais la saison suivante, nous avons travaillé dur pour décrocher notre ticket pour la Ligue 1.

Pour notre première saison dans l’élite, le manque d’expérience nous a empêchés d’aller au bout. Cette fois, nous voulons écrire une nouvelle page de l’histoire du club.

 

                             « Les départs n’affaibliront pas le groupe »

 

Vous commencez la saison face à la Sonacos, une équipe que vous avez accrochée à deux reprises la saison passée. Comment abordez-vous ce match ?

Effectivement, nous jouerons la première journée à Diourbel contre la Sonacos. L’an dernier, lors de la neuvième journée, nous menions 2-1 avant de concéder le nul (2-2). Au retour à Rufisque, nous avons encore fait match nul (0-0) malgré plusieurs occasions franches.

Cette fois, nous voulons rectifier le tir. Nous n’avons jamais perdu un match d’ouverture, et nous tenons à conserver cette dynamique. L’an dernier, nous avions battu Wally Daan (1-0) pour commencer la saison. Cette année encore, nous voulons débuter par une victoire, si Dieu le veut.

AJEL a connu plusieurs départs importants. Pensez-vous que ces absences pourront être comblées ?

C’est vrai, nous avons enregistré plusieurs départs majeurs : Mamadou Touré (Youga), Issa Ndiaye, Mouhamed Salif Soumah (partis au Liban), Ousseynou Fall Seck (Danemark), Mandione Mbaye (Tunisie), Lamine Bèye (Portugal), Cheikh Diakhaté (Arabie saoudite) et Alassane Diallo (US Gorée).

Mais je ne pense pas que ces départs affaibliront le groupe. Les responsables du recrutement travaillent sérieusement pour trouver des profils capables de combler ces vides. D’autres clubs comme Génération Foot ou le Casa Sports ont connu les mêmes situations, mais ils ont su se réinventer.

Ce ne sera pas facile, certes, mais je fais confiance à la direction pour bâtir un effectif compétitif.

Vous allez disputer des derbys très attendus face à Teungueth FC et Génération Foot. Quelle est votre approche ?

Merci d’avoir évoqué ce sujet. On ne pouvait pas faire cette interview sans parler des derbys entre AJEL de Rufisque, Teungueth FC et Génération Foot. Ces deux clubs ont hissé le football sénégalais au plus haut niveau, sur le plan national comme continental. AJEL est leur petit frère, mais nous venons avec ambition et détermination.

Je tiens à sensibiliser nos supporters : les joueurs de ces équipes se connaissent bien. Nous échangeons souvent, nous nous respectons et nous partageons beaucoup en dehors du terrain. Les matchs ne durent que 90 minutes. Nous sommes des frères, et nous voulons que les supporters fassent de ces derbys une fête dans le respect et le fair-play.

Il faut savoir que nous partageons le même terrain d’entraînement, le stade Ngalandou Diouf : Teungueth FC s’y entraîne de 8h à 10h, et AJEL prend la relève de 10h à midi. Ce genre de cohabitation est rare, et cela montre la bonne entente qui règne entre nos clubs.

Vous appelez donc à une rivalité positive ?

Exactement. La rivalité doit être saine. Depuis que nous partageons le même stade, il n’y a jamais eu de tension entre les joueurs d’AJEL et de Teungueth FC.

Les présidents Babacar Ndiaye (Teungueth FC) et Mamadou Niang Mbaye (AJEL) sont d’ailleurs très proches. Ce sont des modèles à suivre. À notre tour, en tant que joueurs, nous devons cultiver ce même esprit, tout comme nos supporters.

Le jour du match, chacun donnera le maximum pour gagner, mais toujours dans le respect. Je prie pour qu’AJEL de Rufisque remporte ses derbys contre Teungueth FC et Génération Foot. Et je salue au passage le coach Tabane Dieng, nos supporters et nos présidents Mamadou Niang Mbaye et Makhète Diop.

Sur le même sujet – Balla Djiba, coach Casa Sports : «Nous voulons un football attrayant, mais…»

Propos recueillis par Cheikh Demba NDIAYE

Fiche Club : AJEL DE RUFISQUE

  • Nom complet : Association Jeunesse Education et Loisirs
  • Surnom : Les Rouge et Blanc
  • Fondation : 2013
  • Siège : Rufisque (Région de Dakar, Sénégal)
  • Stade : Stade Ngalandou Diouf (capacité : environ 5 000 places)
  • Couleurs : Rouge et blanc
  • Président : Mamadou Niang Mbaye
  • Entraîneur principal : Tabane DIENG
  • Championnat : Ligue 1 sénégalaise

Palmarès

  • Vice-champion de Ligue 2 sénégalaise : 2024

Dernière saison (2024-2025)

  • Classement : 6e de Ligue 1 (42 points)
  • Statistiques clés : 10 victoires, 12 nuls, 8 défaites, 25 marqués, 24 encaissés
  • Coupe du Sénégal : éliminé en 8e de finale par Builders FC

Articles similaires