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Ousseynou Touré (AS Pikine) : « La sélection locale et le CHAN font partie de mes ambitions »

Le milieu de terrain Ousseynou Touré a connu une saison prometteuse avec l’AS Pikine, qui affrontera Guédiawaye FC ce mercredi 4 juin 2025, lors d’un match décalé de la 26e journée de Ligue 1. Dans cet entretien, l’ancien capitaine du Jaraaf aborde divers sujets liés aux difficultés rencontrées par son équipe en début de saison, ses choix et ses regrets, tout en exprimant son désir de participer au prochain Championnat d’Afrique des Nations (CHAN).

Entretien.

Après un recrutement XXL en début de saison, l’AS Pikine se retrouvait 15e relégable, à mi-parcours. Comment appréciez-vous cette contreperformance durant la première phase du championnat ?

C’est vrai qu’en venant à l’AS Pikine, en début de saison, il y a eu des recrues phares. J’étais le capitaine du Jaraaf, un club emblématique du Sénégal. Donc, il y avait de grandes attentes. Par la suite, nous avons connu des difficultés au cours de la saison. Il y avait de petits problèmes au sein du club. Mais, nous avons réussi à les surmonter. Actuellement, tout est rentré dans l’ordre. On remercie le Bon Dieu.

La phase aller a été éprouvante pour l’AS Pikine. Cela signifie-t-il que l’intégration des nouvelles recrues a été difficile ?

Effectivement, l’AS Pikine a connu un grand renouvellement d’effectif, avec de nombreuses nouvelles têtes. L’adaptation n’a pas été simple, et il a fallu un travail acharné pour y parvenir, ce qui explique nos difficultés initiales.

La pression des supporters, qui attendaient beaucoup des nouvelles recrues, a-t-elle pesé sur vous ?

C’est indéniable. L’AS Pikine est l’un des grands clubs du Sénégal, et la direction a investi considérablement pour recruter de bons joueurs. Les supporters espéraient des résultats rapides, ce qui a accru la pression sur nous. Notre objectif était de remporter le championnat, ce qui compliquait encore plus la situation.

Justement, en un moment donné, le manque de moyens a plombé la performance de l’équipe. Ce qui avait poussé les dirigeants à surseoir aux entraînements ?

Je ne peux pas beaucoup développer là-dessus. C’est autre chose mais, effectivement, des tensions ont existé entre les dirigeants et les supporters. Toutefois, nous avons surmonté cette période difficile. Aujourd’hui, l’équipe est stable et les joueurs s’impliquent pleinement. Porter le maillot de Pikine est un honneur, et nous avons la volonté de représenter dignement le club. Nous regrettons les performances de la phase aller et travaillons dur pour nous rattraper.

Ces regrets sont-ils liés à des objectifs non atteints ?

Je ne dirais pas que nous avons échoué à atteindre nos objectifs. Nous sommes sur la bonne voie, même si le championnat sénégalais est complexe. Un club peut mener le classement puis perdre sa place rapidement. En 2022, nous avions fini à deux points du leader. Il n’est pas encore trop tard pour nous.

La situation n’est-elle pas compromise pour l’AS Pikine, actuellement 7e avec 36 points alors que le leader US Gorée en compte 47 ?

Nous avons un match en retard contre Guédiawaye FC. En cas de victoire, on aura 39 points. L’US Gorée est confrontée à des matchs difficiles et pourrait trébucher. Nous avons pour objectif de remporter nos cinq derniers matchs et de voir où cela nous mène.

Concernant le derby de la banlieue contre Guédiawaye FC, qui a été décalé à plusieurs reprises pour des raisons de sécurité, comment appréhendez-vous cette rencontre ?

Je suis vraiment impatient de disputer ce derby. J’apprécie les derbys, que ce soit Pikine / Jaraaf, Jaraaf / Guédiawaye FC ou Pikine/Teungueth FC. Ce sont des matchs passionnants et je souhaite jouer à un niveau élevé, lors de ces grands rendez-vous tant attendus par les amateurs de football. Pour ce derby contre Guédiawaye FC, nous sommes déterminés à donner le meilleur de nous-mêmes.

Pourquoi êtes-vous si pressé de jouer ce derby ?

J’ai l’habitude de jouer ces derbys, surtout au Jaraaf. Je sais que l’AS Pikine n’a pas battu Guédiawaye FC depuis 2011, et nous sommes prêts à mettre fin à cette série. Ce mercredi, nous allons tout donner.

On sait que vous êtes un homme de défi, ce qui vous a permis de vous imposer à l’AS Pikine. Cependant, votre absence en sélection locale semble paradoxale…

Faire un choix, c’est compliqué. Et choisir, c’est éliminer. Pour ainsi dire, le sélectionneur (Souleymane Diallo) ne peut pas prendre tous les joueurs. C’est vrai que j’ai fait de bonnes performances à l’AS Pikine. Du coup, la sélection locale et le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN, prévu du 2 au 30 août 2025 au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie) font partie de mes ambitions. C’est pourquoi nous n’allons pas faciliter la tâche au sélectionneur Souleymane Diallo. Je le salue au passage. On espère pouvoir être parmi ceux qui vont représenter le Sénégal lors du CHAN. Nous allons poursuivre le travail.

Votre ancien club, le Jaraaf, est en finale de la Coupe du Sénégal et lutte pour le titre, alors que l’AS Pikine ne connaît pas le même succès. Regrettez-vous d’avoir quitté ce club ?

Pas du tout. Je n’ai aucun regret concernant mes choix. J’ai tout remporté au Jaraaf, à tous les niveaux. Par conséquent, je ne regrette pas ma décision de rejoindre l’AS Pikine. Si j’étais resté, cela aurait été un éternel recommencement. J’ai donc choisi de chercher de nouveaux défis pour ma carrière et envisager un contrat à l’étranger. C’est ce qui m’a motivé à changer de cap.

Par Cheikh Demba NDIAYE

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