Reportage I Tambours, cris et fierté : le derby Jaraaf – USO comme si vous y étiez
Ce dimanche 1er mars, le stade Léopold Sédar Senghor s’est réveillé sous un ciel gris et bas, la fraîcheur piquant les visages et faisant frissonner les supporters. Le vent léger faisait flotter les banderoles rouges et vertes et faisait onduler les drapeaux comme des vagues de ferveur. L’herbe humide réfléchissait la lumière blafarde du soir, donnant au terrain un éclat presque surnaturel.
Les tribunes étaient déjà en ébullition bien avant le coup d’envoi. Du côté rouge et blanc, les tambours martelaient le béton comme des battements de cœur collectifs. Les chants des supporters s’élevaient en vagues : « USO, pas de cadeau ! On contrôle notre maison ! » Dans les gradins verts et blancs, les cris répondants claquaient dans l’air : « Yaw fooo dioudoo Medinaa, Yaw fo yaaroo…» Les chants se mêlaient au vent, donnant au stade une ambiance électrique et vivante, chaque supporter devenant acteur et juge du match.
Première période : tension, fautes et duels verbaux
Le match débute et la pelouse devient le théâtre d’une bataille de patience et de tactique. La première période est hachée par des fautes fréquentes et des blessures. Chaque duel sur le terrain est ponctué de trash-talk footballistique.
Dans les tribunes, les réactions se font longues et passionnées. Un supporter rouge, poing levé : « Franchement, même avec la fraîcheur, on tient la baraque ! Vous êtes où les Verts ? On connaît chaque centimètre de ce terrain. Chaque passe compte, chaque coup de pied est pour nous ! »
Une supportrice verte, haletante mais ferme : « Laissez pas passer le ballon ! Même si on jeûne, on est debout, on hurle ! Chaque action est pour eux, pour leur force. On tient, on tient, on tient ! »
Le rythme est haché, mais l’intensité est palpable. Les joueurs avancent, reculent, se bousculent, et les supporters réagissent immédiatement à chaque passe, chaque tacle. On entend des cris prolongés : « Allez ! On y croit ! Tirez ! Mais tirez bordel ! ». Mais au compteur le score ne bouge pas (0-0) et les occasions sont rares.
Seconde période : le Jaraaf monte en pression
À la reprise, le Jaraaf accélère. Le match devient plus fluide, plus nerveux. Les supporters sont debout, frappant les tambours et tapant dans leurs mains. Chaque action sur le terrain déclenche des vagues de cris.
58e minute : Adama Wade s’élève pour une tête. La balle frôle le poteau, et les verts explosent : « Allez Wade ! Tu peux le mettre ! On y est presque ! » Les rouges répondent avec moquerie et excitation : « Haha ! Même pas mal ! Vous rêvez encore ! »
60e minute : but refusé pour le Jaraaf, déclenchant une colère et des cris prolongés : « C’est quoi ça, arbitre ? On ne joue pas dans la même Ligue là ! » Les rouges répondent par des rires et des « On contrôle, c’est notre maison ! »
84e minute : Mbaye Ndiaye balance un missile, stoppé par le gardien. Les verts hurlent leur frustration et leur admiration : « Non ! Non ! Presque ! Mais on lâche rien ! » Les rouges tapent sur leurs tambours, avec des cris moqueurs : « Encore raté ! Vous allez finir par nous laisser respirer ! »
Chaque réaction dure, chaque mot est scandé, répété, commenté, transformant les gradins en un véritable terrain parallèle où se joue le match autant que sur la pelouse.
Un fan rouge, haletant : « Regardez-les courir ! Mais on tient ! Même fatigués, on reste solidaires. Ne perdez pas courage, chaque attaque, chaque tir, chaque tacle est une victoire morale ! »
Une supportrice verte, serrant ses mains : « On y croit ! Même sous ce ciel gris, avec le vent et la fraîcheur qui nous mord le visage, on hurle ! Chaque cri est pour eux, pour leur force, leur endurance. Même fatigués, on reste debout. »
Fin du match : 0-0, mais une intensité mémorable
Le coup de sifflet final confirme le nul vierge, mais l’intensité, la passion et l’engagement étaient totaux.
Le Jaraaf poursuit sa quête de victoire depuis le 28 décembre 2025. 8 matchs sans succès et une décevante 6e place. Mais ce derby n’était pas qu’une question de score : c’était une bataille de fierté, de patience et de courage, où chaque supporter a vécu le match comme un combat, chaque joueur comme un guerrier, et chaque tambour comme un cœur battant à l’unisson. A Ouakam, ce 0-0 est le 12e match nul en 17 journées. Les Requins avancent à pas de tortue.
Dans cette journée grise et fraîche, les couleurs rouge et blanc et vert et blanc ont illuminé le stade, les chants et cris ont résonné, et l’esprit du Ramadan s’est exprimé dans la patience, la force et l’endurance de tous. Un nul peut-être, mais une victoire d’émotions et de vécu partagé pour tous ceux présents.
Khadim DIAKHATÉ







