Samsidine Diatta (président) : « Ce n’est plus le DUC d’avant, mais un DUC très ambitieux. Que les gens nous calculent »
Dsports a rencontré Samsidine Diatta, président du Dakar Université Club (DUC) et vice-président chargé des affaires juridiques à la Ligue sénégalaise de football professionnel (LSFP). Dans cet entretien, il aborde plusieurs sujets relatifs à la gestion et au rayonnement de son club, à la gestion administrative et des conflits au niveau de la Ligue, ainsi qu’au forfait infligé au Sénégal par la Commission d’appel de la Confédération africaine de football (CAF).
Entretien
Depuis que vous êtes à la tête de la Commission de discipline, les procès-verbaux sortent régulièrement sans contestation. On imagine, quelque part, une satisfaction de votre part ?
Je voudrais rendre grâce à Dieu qui m’a permis d’occuper cette position aussi importante au sein de la Ligue sénégalaise de football professionnel (LSFP). Je remercie également le président Babacar Ndiaye pour sa confiance. Depuis son arrivée à la tête de la LSFP, il a clairement tracé une vision que tout le monde devrait épouser. C’est un grand travailleur qui aime le travail bien fait.
Pour revenir à votre question, oui, c’est une réelle satisfaction. Cela traduit à la fois une meilleure organisation, une rigueur dans le traitement des dossiers et une crédibilité renforcée des décisions prises.
Quels sont les principaux objectifs de la Commission de discipline que vous présidez, et comment travaillez-vous pour les atteindre ?
Je suis vice-président chargé des affaires juridiques de la LSFP. Dans le département que je dirige est rattachée la Commission de discipline, un organe juridique indépendant chargé des affaires disciplinaires liées principalement à nos compétitions.
Elle veille à l’application des règlements sportifs et disciplinaires établis par la Ligue, sanctionne les comportements fautifs et examine les incidents (violences, insultes, tricheries, comportements antisportifs).
Sa mission est de garantir l’équité des compétitions, dans le souci de préserver l’image du football professionnel, en protégeant la réputation du championnat et en luttant contre les comportements nuisibles, notamment la violence. Pour cela, elle s’appuie sur les rapports des officiels (arbitres, délégués) et parfois sur des images vidéo pour prendre certaines décisions.
«L’un des défis majeurs reste celui des infrastructures. Nous sommes le seul club à nous entraîner très souvent sur du sable, faute de terrains réhabilités en gazon».
Comment gérez-vous les situations de conflit ou de controverse au sein de la Ligue sénégalaise de football professionnel ?
Nous sommes à l’écoute de toutes les parties concernées par le conflit. Nous restons toujours neutres, objectifs et mettons en avant la cohésion ainsi que l’esprit d’équipe.
Par ailleurs, vous êtes président du DUC. Quels sont les principaux défis que vous avez rencontrés dans votre rôle de président de club ?
En ma qualité de président du DUC depuis une saison et demie, j’essaie de mettre les choses en place. Nous continuons à rêver et à instaurer un nouvel état d’esprit dans la politique sportive universitaire, avec une forte implication des étudiants et du personnel.
Nous sommes en train de révolutionner notre approche marketing et de réveiller la base affective que constitue la population estudiantine. L’université est notre socle, et tout doit partir de là avant toute ouverture vers l’extérieur.
Nous avons un projet de développement basé sur un modèle économique qui doit nous permettre, à terme, d’être autonomes financièrement, avec l’implication progressive de toutes les forces vives universitaires.
Nous remercions le Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) pour son accompagnement et son soutien, même si, pour cette année, nous restons encore en attente. Nous n’avons pas de mairie, mais le COUD joue ce rôle d’appui. Nous souhaitons simplement que ce soutien soit plus conséquent pour répondre aux exigences du monde professionnel.
Nous voulons également impacter la vie sociale et pédagogique des étudiants en leur apportant un soutien financier et académique.
L’un des défis majeurs reste celui des infrastructures. Nous sommes le seul club à nous entraîner très souvent sur du sable, faute de terrains réhabilités en gazon.

Le staff technique du DUC
Actuellement, votre club est à la 6e place de Ligue 2 avec 6 victoires, 9 nuls et 4 défaites. Comment appréciez-vous votre parcours ?
Depuis mon accession à la tête du club, nous avons mis en place un plan-programme pour progresser et atteindre l’élite sur quatre ans. Le travail a commencé avec le coach Arfang Boubacar Mané, qui accomplit jusque-là un travail satisfaisant.
Nous avons pour ambition d’accéder à la Ligue 1 selon une planification bien définie. Toutefois, cette montée peut arriver plus tôt que prévu. Nous saisirons pleinement nos chances, en espérant que Dieu nous accompagne.
Dans cette dynamique, nous avons fait le choix de miser sur un groupe très jeune, composé de joueurs U17 et U20, appelés à grandir ensemble afin de forger une identité propre au club.
Nous avons également mis en place une catégorie Pro B, en plus des U20 et des U17. Le club n’avait plus de U17 depuis la génération qui avait remporté la Coupe du Sénégal en 2014. Notre ambition reste claire : devenir l’un des meilleurs clubs du pays.
Vous êtes aussi parmi les clubs en course pour la montée. Un objectif primordial pour vous, n’est-ce pas ?
Nous continuons de rêver et nous nous battons chaque jour pour y parvenir. Nous donnerons le meilleur de nous-mêmes pour accéder à l’élite. Ce n’est plus le DUC d’avant, mais un DUC très ambitieux. Que les gens nous calculent.
« Je suis un acteur du football sénégalais. J’ai grandi dans cet environnement depuis mon plus jeune âge. J’ai un rôle important à jouer dans son développement »
Quels sont vos plans pour développer le football des petites catégories au sein de votre club ?
Pour développer le football des jeunes au DUC, nous avons mis l’accent sur l’attractivité, la formation et la structuration du club. Nous sommes en train de mieux nous organiser dans ce sens.
Quelle est votre vision pour l’avenir du football sénégalais ?
Je suis un acteur du football sénégalais. J’ai grandi dans cet environnement depuis mon plus jeune âge. J’ai un rôle important à jouer dans son développement, avec une vision claire. J’aimerais que notre organisation soit plus fluide et fonctionne sur la base d’une planification bien définie. Il faut également mettre davantage l’accent sur la formation des acteurs et accorder plus de place aux jeunes, notamment à partir des U18.
Quels sont les défis que vous vous êtes fixés pour atteindre ces objectifs ?
Pour l’instant, je me concentre sur le développement de mon club afin de le rendre plus fort et plus compétitif. Cela n’enlève en rien mon engagement dans les autres domaines lorsque cela est nécessaire. Je suis un serviteur du football et je répondrai toujours présent lorsque l’on fera appel à moi.
Concernant le Sénégal, comment appréciez-vous la décision de la Commission d’appel de la CAF déclarant forfait le Sénégal, vainqueur sur le terrain ?
Cette décision est une farce et une honte pour le football africain. Tout le monde sait que le Sénégal est le véritable champion d’Afrique.
Que proposez-vous comme solution pour rétablir le Sénégal dans ses droits ?
Nous faisons confiance à l’équipe fédérale, qui ne tardera pas à saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS). Il faudra mobiliser nos experts en droit du sport sans exclure personne.
Le droit sera dit et le TAS cassera cette décision de la Commission d’appel de la CAF. Les Sénégalais doivent éviter les commentaires stériles. Notre équipe fédérale sait ce qu’elle fait.

Par Cheikh Demba Ndiaye







