Supporters sénégalais en prison à Rabat : le procès en appel qui défie la diplomatie, ce lundi
Ce lundi, l’arène judiciaire s’apprête à livrer un nouvel épisode dans la saga footballistique africaine : l’ouverture du procès en appel des 18 supporters sénégalais, arrêtés après la tempête qui a secoué la finale de la CAN à Rabat. Condamnés en première instance à des peines allant de trois mois à un an de prison, ils incarnent désormais le symbole d’un conflit qui dépasse largement le cadre sportif.
Après de multiples reports, l’audience est enfin fixée : un rendez-vous à haut risque, scruté comme un révélateur des relations diplomatiques et des enjeux de souveraineté entre le Sénégal et le Maroc. Plus qu’un simple procès, cette confrontation judiciaire pourrait bien déterminer si la finale de la CAN 2025 deviendra la plus profonde crise du football continental moderne ou si un effort diplomatique pourra éteindre l’incendie.
Le Conseil national des droits de l’homme du Maroc a indiqué dans L’Equipe qu’il suivait de près l’évolution de la procédure. Son rôle ? Garantir que la justice ne devienne pas un outil d’intimidation, que la transparence et la défense des droits fondamentaux soient respectées. Une mission qu’il dit assumer en ayant assisté aux audiences, en visitant les détenus à Al-Arjat et en affirmant que, jusqu’ici, aucune violation n’a été signalée.
Mais derrière cette vigilance, une question brûle : le geste de la CAF, orchestré par Motsepe, qui a parcouru Dakar puis Rabat pour apaiser les tensions, suffira-t-il à calmer la tempête ? La balle est dans le camp du juge marocain, et l’enjeu dépasse largement le sport. C’est une question de souveraineté, de diplomatie et de dignité. Le verdict pourrait bien faire date.
Mohamed NDIAYE







