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Tactique I SÉNÉGAL-ÉGYPTE, le chef d’œuvre tactique de Pape Thiaw

L’Égypte n’a rien proposé, diront certains. Mais la réalité est que l’Égypte a surtout été contrainte de se retrancher et d’afficher un visage inhabituellement brouillon. Face à elle, le Sénégal a su élever son niveau de jeu pour briser le verrou égyptien.

Une animation offensive basée sur la verticalité et les ailes

Offensivement, les Lions ont cherché la verticalité dès la première relance. Si le passage par les milieux a été privilégié, le Sénégal n’a pas hésité à solliciter directement son trio d’attaque. Sadio Mané et Nicolas Jackson ont été particulièrement mis à contribution, que ce soit pour recevoir le ballon dans les pieds ou exploiter la profondeur. Le duo s’en est brillamment sorti, alternant provocations balle au pied et conservation pour permettre au bloc équipe de remonter.

Face à la densité axiale imposée par les Égyptiens (réputés pour leur bloc médian agressif composé de deux lignes de quatre) les Lions ont intelligemment utilisé les couloirs. Si Pape Gueye et Habib Diarra ont souvent été stoppés net ou ont dû provoquer des fautes au cœur du jeu, Iliman Ndiaye et Sadio Mané ont bénéficié de véritables boulevards sur les ailes, bien épaulés par les dédoublements incessants de Krépin Diatta et d’El Hadji Malick Diouf.

Le contre-pressing : l’arme fatale contre les transitions égyptiennes

C’est toutefois dans l’approche défensive que le Sénégal s’est véritablement distingué. Sachant que l’Égypte excelle dans l’art de la contre-attaque, l’équipe de Pape Thiaw ne s’est pas laissée piéger. Très organisés, les Lions ont déclenché un pressing coordonné immédiat à chaque perte de balle.

L’objectif était clair : récupérer le cuir instantanément ou pousser l’adversaire à la faute. Mission accomplie : les Égyptiens, sous pression, ont multiplié les dégagements en catastrophe et les transmissions manquées. En parallèle, la ligne défensive a parfaitement géré la profondeur. El Hadji Malick Diouf, notamment, a réalisé une performance monumentale, surveillant Mohamed Salah comme du lait sur le feu et remportant la quasi-totalité de ses duels face à la légende de Liverpool.

Une discipline de fer et un repli exemplaire

Lorsque le contre-pressing ne suffisait pas, l’équipe nationale faisait preuve d’une solidarité remarquable. Tous les joueurs participaient au repli défensif pour former un bloc hermétique. En un instant, les quatre défenseurs et les trois milieux se regroupaient pour défendre en masse, rapidement rejoints par les trois attaquants qui n’ont jamais ménagé leurs efforts.

Cet état d’esprit et cette rigueur tactique ont permis au Sénégal de sortir du piège égyptien et de livrer sa meilleure performance de cette CAN. Malgré le coup dur de la sortie de Kalidou Koulibaly, l’équipe est restée disciplinée. Cet investissement a été récompensé à la 78e minute par un but inscrit… en plein axe, la zone pourtant la mieux verrouillée par l’Égypte.

Avec cette victoire, le Sénégal décroche sa troisième finale en quatre éditions. Le cap est désormais fixé : décrocher une deuxième étoile. Et surtout le tacticien Pape Thiaw peut être le premier entraineur à remporter le CHAN et la CAN. Le tout, lors de ses premières tentatives.

Moussa SOW

 

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