Une trêve internationale bien réussie… et des interrogations
Une fois n’est pas coutume, presque toutes les sélections nationales sénégalaises étaient sur le pont durant cette trêve internationale. Des U17 aux A, en passant par les U20 et les U23, les différentes équipes ont profité de cette fenêtre pour disputer des matches de préparation ou de qualification. Des résultats encourageants, mais aussi des interrogations, notamment sur la gestion administrative et la planification.
U17 : gagner en maturité
Les U17, qui préparent la prochaine Coupe du monde, ont affronté la France à Clairefontaine. Privés de plusieurs éléments en raison de problèmes de visa, les Lionceaux ont perdu la première manche (3-1) avant d’obtenir le nul lors de la seconde (1-1). Un point commun interpelle dans les deux rencontres : le Sénégal a ouvert le score avant de se faire rejoindre. Une mauvaise habitude que le sélectionneur Lamine Sané devra impérativement corriger avant le Mondial. Cette tendance avait déjà été observée lors de la CAN remportée au Maroc. La question est donc posée : le technicien aura-t-il suffisamment de temps pour corriger cette fragilité et permettre à son équipe de mieux gérer ses avantages ?
L’autre interrogation est d’ordre administratif. Comment expliquer autant de refus ou de retards dans la délivrance des visas ? La procédure a-t-elle été lancée suffisamment tôt ? Les documents ont-ils été transmis dans les délais ? À quelques semaines d’une Coupe du monde, ce sont des questions auxquelles il faudra apporter des réponses.
U20 : la patte Malick Daf et un calendrier qui interpelle
Les U20 de Malick Daf ont, eux aussi, profité de la trêve pour disputer deux matches de préparation face à la RD Congo. Deux sorties et deux victoires : 2-1 puis 3-0. À travers ces rencontres, on commence déjà à reconnaître la patte du technicien. De la solidité, du jeu direct, des excentrés rapides et décisifs, mais aussi beaucoup de pragmatisme. Cette capacité à savoir souffrir avant de piquer au moment opportun semble déjà faire partie de l’ADN de cette équipe.
Mais un autre défi attend Malick Daf. Du 15 au 30 octobre, le Sénégal disputera le tournoi UFOA-A avec l’objectif de décrocher une qualification pour la prochaine CAN U20. Dans le même temps, Teungueth FC, dont il est également l’entraîneur, doit jouer au Cameroun, les 17 ou 18 octobre, face à l’AS Colombe au deuxième tour préliminaire de la Ligue des champions.
Deux échéances majeures, quasiment simultanées. Comment le technicien va-t-il s’organiser ? Comment gérer un groupe de jeunes internationaux tout en préparant une échéance africaine avec le champion du Sénégal ? La Fédération et le club devront nécessairement trouver une solution.
U23 : une victoire, mais un rendez-vous manqué
Chez les U23, Serigne Saliou Dia a vu son équipe s’imposer samedi face à la Gambie (3-1), au terme d’une rencontre globalement maîtrisée. La deuxième confrontation est prévue ce lundi. Mais là encore, le contenu sportif est accompagné d’une interrogation administrative. Le sélectionneur n’a pas pu disposer de tout son effectif, plusieurs expatriés n’ayant pas été libérés par leurs clubs. Pourtant, les matches se disputent pendant une trêve internationale. L’explication avancée est que les convocations n’auraient pas été envoyées dans les délais requis par l’administration fédérale. Si cela se confirme, il s’agirait d’un véritable problème de planification. Car cette longue trêve constituait une occasion idéale pour Serigne Saliou Dia de travailler avec l’ensemble de son groupe et notamment de voir à l’œuvre des joueurs comme Alassane Diatta (Villarreal) et Paul Mendy (Cagliari).
Un manque à gagner important dans la préparation des prochaines échéances, notamment les qualifications pour la CAN U23, avec la perspective de croiser éventuellement le Maroc, champion d’Afrique en titre dans cette catégorie. Une cartouche de perdue. La prochaine trêve permettra-t-elle de rectifier le tir ?
Les A : les débuts de Vieira et la nécessité de tenir sur 90 minutes
Chez les A, une nouvelle aventure a commencé avec Patrick Vieira. Alors, que retenir des premières sorties du nouvel entraîneur des Lions ? Pour l’instant, une tendance se dégage : ça gagne, mais parfois dans la douleur. Le Sénégal démarre fort, prend rapidement l’avantage, avant de laisser progressivement le contrôle du match à son adversaire. Face au Mozambique, cette gestion lui a coûté deux points avec une égalisation concédée en fin de première période (1-1). Contre l’Éthiopie, les Lions ont souffert, mais ont réussi à conserver leur avantage (1-0).
Même scénario à Marseille face aux Comores. Une ouverture du score très précoce, dès la 5e minute, puis beaucoup moins de maîtrise par la suite. Le constat est donc simple : cette équipe devra gagner en constance et en maîtrise sur l’ensemble des 90 minutes. Prendre rapidement les commandes ne suffit pas. Il faut également savoir les conserver.
Mais une autre question mérite d’être posée, cette fois sur le plan économique. La Fédération sénégalaise de football devra faire le bilan de cette rencontre disputée en France. En mars dernier, le match Sénégal-Pérou avait, selon les informations reçues, rapporté un peu plus d’un milliard de FCFA dans les comptes de la FSF. Qu’en est-il de cette nouvelle rencontre disputée dans l’Hexagone ? Combien cette opération a-t-elle rapporté à la Fédération ? Quels ont été les coûts liés à l’organisation et au déplacement ? Et surtout, jouer régulièrement en France est-il une stratégie à pérenniser ?
Une évaluation s’impose. Car au-delà du sportif, ces rencontres doivent également répondre à une logique économique et stratégique. Une trêve utile donc mais des leçons à tirer. Car les prochaines échéances, elles, ne laisseront pas beaucoup de place à l’improvisation.
Demba VARORE







