« Yalla », la Chronique CAN de BKN : Dérapage incontrôlé
« Ça va être une guerre » ! Quelle mouche a donc piqué Tom Sainfiet, le coach belge des « Aigles » du Mali pour qu’il se laisse aller à un tel dérapage verbal incontrôlé à la veille du quart de finale qui opposera son équipe à celle du Sénégal, ce vendredi à Tanger ? Parler de « guerre » pour un simple match de football, c’est totalement déplacé. Surtout, entre deux pays frères, frontaliers et ayant une longue histoire commune. Et qui entretiennent de bons rapports de voisinage.
Tout le contraire, par exemple des Etats-Unis et de l’Iran. Au plus fort de la tension entre les deux pays, leurs sélections nationales s’étaient croisées à la Coupe du monde « France 98 », le 21 juin au stade Gerland de Lyon. Un quotidien français avait alors titré « Le jour le plus long » et pas seulement en référence au solstice d’été, mais aussi du fait des potentiels risques de débordements liés au contexte géopolitiques. Or, il ne s’était absolument rien passé. L’Iran s’était imposé (2 buts à 1), les joueurs s’étaient embrassés, avaient échangé des maillots et le tournoi avait poursuivi son cours le plus normalement.
Alors, qu’un Belge se permette ce genre de déclarations incendiaires est tout simplement un gros manque de respect pour les deux pays, les deux peuples malien et sénégalais. Avait-il osé parler de « guerre » lorsque « sa » Belgique devait croiser la France en huitièmes de finale de l’Euro 2024 à Düsseldorf (Allemagne) ? Sainfiet a en réalité raté une belle occasion de se taire. Son aventure à la tête des « Aigles » finira un jour et les deux ex-frères siamois qui avaient été séparés dans la douleur survivront à sa rhétorique guerrière et continueront à vivre en parfaite harmonie. Le foot ne va certes pas sans passion, mais il y a des limites à ne pas franchir.
En attendant, il y a un match à disputer et à remporter. Chacune des deux équipes, sénégalaise et malienne, assure s’être donné les moyens de s’imposer. Forcément, ce sera très disputé par des adversaires qui ne comptent pas en rester là. Le Sénégal, revanchard, après avoir piteusement perdu son titre lors de la précédente édition en Côte d’Ivoire, entend répondre au défi physique que pourrait lui imposer des adversaires pour mieux leur dicter sa loi. Le Mali, qui a jusqu’ici fait preuve d’une véritable force de caractère et seule équipe du Grand Huit à n’avoir jamais remporté le trophée, espère de son côté que cette fois-ci sera la bonne.
Tout est donc réuni pour faire de ce quart de finale juste un (très) bon match de football. « Pas la guerre », a tenu à préciser Pape Thiaw, le coach sénégalais né d’une mère … malienne à l’attention du mercenaire belge.
B.K.N




