« Yalla », la Chronique CAN de BKN : L’art de se faire peur…
Ce quart de finale Mali – Sénégal n’était pas censé être un match de la peur. Certes, c’est d’une qualification dans le dernier carré qu’il était question mais l’enjeu ne devait point tuer le jeu. Surtout pour les « Lions », favoris du match et un des favoris de la compétition. Et ils ont d’emblée lancé les hostilités, passant à côté de l’ouverture du score dès les premières secondes. En face, les « Ailes » semblaient opter pour une stratégie d’attente, misant sur des contres et, chose inhabituelle s’il en est, sur des pertes de balles adverses.
Oui, les Sénégalais ont joué trop facile par moments. A l’image de Koulibaly pas dans son meilleur jour qui doit une fière chandelle à Krépin Diatta qui s’est mué en sapeur-pompier pour réparer une de ses bévues (24e mn). Un avertissement sans frais qui eut le don de secouer des « Lions » qui semblaient regarder de haut leurs vis-à-vis. Heureusement que la réaction n’avait pas tardé. Iliman Ndiaye sort un numéro de prestidigitateur sur le flanc droit et file direct dans la surface de réparation de Djigui Diarra pour convertir le centre de Krépin Diatta.
Menant au score contre des Maliens réduits à 10 dans le temps additionnel de la première période, on se dit que les « Lions » n’allaient pas tarder à tuer le match. Or, bizarrement, ils adoptèrent un train de sénateur qui redonna confiance aux « Aigles » qui sortirent leurs serres. Même le précieux et très juste Habib Diarra se surprit à en faire plus que nécessaire. Sadio Mané oublia par moments de jouer collectif. Pathé Ciss cracha à son tour sur la meilleure opportunité sénégalaise. Si bien que, dans le camp d’en face, on s’était mis à rêver d’une folle fin de match. Comme en huitième de finale contre la Tunisie lorsque devancés au score (0-1) et évoluant en infériorité numérique, les « Aigles » s’étaient remis en selle au bout du temps additionnel pour après s’imposer aux tirs au but. Cependant, Edouard Mendy, le dernier rempart sénégalais était dans un de ces soirs où rien de fâcheux ne semblait pouvoir lui arriver.
L’équipe a plié sans rompre, valsant entre possibilité de marquer le second but qui aurait définitivement coupés les ailes des « Aigles » et risque de concéder l’égalisation qui aurait tout remis en cause et compliqué la fin de match. Pape Thiaw, le coach des « Lions », a raison de dire qu’« il y a encore quelque chose à améliorer », surtout que l’objectif est de « faire 7 matches ». Cinq sont déjà passés. Et pour que le 7e soit la finale du dimanche 18 janvier (et non le match de classement de la 3e place), il faudra bien que ses joueurs apprennent à « tuer » la demi-finale de mercredi prochain – face à un adversaire qui sera connu ce samedi, entre l’Egypte et la Côte d’Ivoire – si l’occasion leur en est donnée.
B.K.N




