18 supporters sénégalais toujours en garde à vue au Maroc : des risques de sanctions sévères
Alors que le Sénégal célèbre Sadio Mané et ses coéquipiers, vainqueurs de leur deuxième Coupe d’Afrique, l’ombre plane sur la finale marocaine. Des supporters des Lions sont désormais au cœur d’une enquête explosive, soupçonnés d’avoir joué un rôle dans les incidents qui ont émaillé la rencontre remportée 1-0 face au Maroc. Selon un média local, le parquet de Rabat n’a pas tardé à réagir : la garde à vue de 19 personnes, dont un ressortissant algérien, a été prolongée mardi, laissant planer le doute sur leur sort.
Ces suspects, initialement destinés à comparaître ce mardi devant le procureur du Roi, restent en détention afin d’éclaircir l’étendue des dégâts. La police, saisie par le parquet, a analysé des images de vidéosurveillance pour identifier les responsables.
L’objectif est de comprendre comment une finale de football a pu dégénérer en scène de chaos, avec des agents de sécurité agressés et des infrastructures endommagées. Et, les accusations sont lourdes : troubles à l’ordre public, actes de vandalisme, violences contre des fonctionnaires, incitation à l’émeute, atteinte à la sécurité publique.
Entre 3 mois à 5 ans de prison et plus d’un million d’amende
La loi n°09.09 de 2011, qui encadre ces délits lors de manifestations sportives, prévoit des sanctions sévères, allant de trois mois à cinq ans de prison et une amende pouvant atteindre 20.000 dirhams (environ 1,2 million FCFA). La gravité des faits, notamment si des armes ou des objets dangereux ont été utilisés ou si des blessures graves ont été causées, pourrait aggraver la peine.
Interrogé par Hespress, Maître Mohamed Kafil, avocat et spécialiste du droit sportif, rappelle que les violences dans les stades ne relèvent pas de simples dégradations. Mais ces infractions peuvent être des « crimes graves, justifiant l’interpellation des suspects et leur poursuite sous le contrôle du parquet, afin de préserver la sécurité des citoyens, l’image du pays et la primauté de l’État de droit ».
Une situation qui pousse à la réflexion : face à ces débordements, la diplomatie sportive doit prendre le relais. La question n’est plus seulement celle de la justice, mais aussi de préserver l’esprit du football comme vecteur de paix et de rassemblement.
Mohamed NDIAYE







