Saisine du Maroc, injonction de la FIFA, aveu de Diaz : quelle issue pour le Sénégal, champion d’Afrique ?
Dimanche soir à Rabat, la finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc a dégénéré en chaos, laissant planer le risque de sanctions. Les Lions de l’Atlas, frustrés de leur défaite (1-0), ont brandit des recours auprès de la CAF et de la FIFA, après des incidents qui ont « profondément marqué la rencontre », selon le communiqué de leur fédération. La question qui taraude tous les esprits : le résultat sera-t-il finalement invalidé ?
Tout commence avec des décisions arbitrales controversées, notamment un penalty sifflé en faveur du Maroc à la fin du temps réglementaire, après consultation de la VAR. Mais c’est surtout la réaction des joueurs sénégalais qui nourrit la polémique : furieux, certains ont quitté le terrain pour protester contre l’iniquité du recours à la VAR. Après une absence d’une dizaine de minutes, ils sont finalement revenus sous l’impulsion de Sadio Mané.
Ce spectacle de chaos n’est pas sans conséquence. La Fédération marocaine annonce vouloir saisir la CAF et la FIFA pour faire toute la lumière. La légalité du retrait de certains joueurs sénégalais, ainsi que leur retour sur le terrain, reste en suspens. « Cette situation a eu un impact significatif sur le déroulement normal de la rencontre et sur la performance des joueurs », estime le communiqué de la FRMF.
Les règlements en question
Selon l’article 64 du règlement de la CAN, « si, pour n’importe quelle raison, une équipe se retire de la compétition ou ne se présente pas à un match, hormis les cas de force majeure admis par la Commission d’organisation ou refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire du match sans l’autorisation de l’arbitre, elle sera considérée perdante et sera définitivement éliminée de la compétition en cours ». Cependant, la situation à Rabat n’est pas aussi claire : le Sénégal n’a pas complètement quitté le terrain, et certains joueurs sont restés pour tenter de calmer la tension.
Pour sa part, l’article 148 du règlement de la CAF indique : « Si une équipe refuse de poursuivre un match qui a commencé, elle sera punie d’une amende d’un minimum de 20.000 dollars américains et sera, en principe, déclarée perdante ». Les règlements ne sont pas aussi tranchés qu’on pourrait le croire. Un retrait peut entraîner une amende et une disqualification, mais la nuance réside dans la nature du départ : partiel ou total, volontaire ou forcé. La gestion de cette situation est donc délicate pour les instances disciplinaires, qui devront faire preuve d’un arbitrage prudent.
Brahim : « J’ai échoué et j’en assume l’entière responsabilité »
Pendant ce temps, Brahim Diaz, auteur de la Panenka manquée, a présenté « ses excuses » sur Instagram, assumant pleinement sa défaillance. « Hier, j’ai échoué et j’en assume l’entière responsabilité. » L’argument d’une performance affectée ne saurait, donc, prospérer.
Il reste qu’au lendemain du deuxième sacre sénégalais, les réactions officielles ne se sont pas fait attendre. Gianni Infantino, président de la FIFA, a condamné des scènes « inacceptables », évoquant un « chaos choquant » qui doit appeler des « mesures appropriées ». La CAF, dans un communiqué, a également dénoncé « le comportement inacceptable » de certains acteurs, sans nommer explicitement la délégation sénégalaise, promettant d’examiner toutes les images pour sanctionner les responsables.
Mohamed NDIAYE






