« Yalla », la Chronique CAN de BKN : Avec les tripes !
Cette deuxième étoile, les deux finalistes de la 35e CAN de football la voulaient l’un autant que l’autre. Le Maroc parce qu’il attendait ce moment depuis un demi-siècle et son couronnement en Ethiopie. Le Sénégal aussi pour avoir connu le goût du nectar du sacre en 2022 au Cameroun. Pour le Maroc, l’occasion était en or, avec la compétition qui revenait chez lui après bientôt 40 ans. Entretemps, il n’avait disputé (et perdu) qu’une finale en 2004 en Tunisie. Et comme l’honneur lui reviendra d’abriter en 2030, en même temps que l’Espagne et le Portugal, la Coupe du monde de football, il voulait faire de « sa » CAN un banc d’essai, une répétition générale avant le grand évènement. Quoi de mieux alors que dans la foulée de sa demi-finale historique en Coupe du monde en 2022 au Qatar, d’accueillir et de remporter l’épreuve majeure du sport africain pour en même temps conforter sa position de n°1 sur le continent depuis plusieurs années ?
Alors, le Royaume chérifien amis les petits plats dans les grands. En mettre plein la vue à l’Afrique du foot (et par ricochet, au monde entier) en sa capacité à bien organiser un évènement de cette ampleur.
Sauf qu’en face, il y avait le Sénégal conduit par son guide éclairé Sadio Mané qui, quelques jours avant ce dernier acte, avait clairement affirmé que ce serait sa dernière finale de CAN. Doù sa double motivation parce qu’une finale on ne la joue pas, on la gagne. Et ensuite parce qu’une der, ça se soigne. Alors, il a été à la pointe du combat, entrainant sur son sillage ses copains désireux de lui offrir une sortie de scène à la mesure de son talent. Et, plus généralement, de se rattraper davoir laissé filer le trophée en 2023 en Côte dIvoire, au profit d « Eléphants » revenus denfer.
Cette finale, les « Lions » l’ont donc jouée et gagnée avec les triples. Même lorsque les vents semblaient contraires, la deuxième étoile continuait à scintiller quelque part dans leur tête et à guider leur marche. Les Marocains qui avaient promis « pire que le stade des Martyrs de Kinshasa », en eurent pour leur compte. L’arbitrage bancal et partisan du Congolais Jean Jacques Ndala n’y rien pu faire. Les planètes étaient alignées pour le Sénégal. Les Marocains, après avoir longtemps fait le dos rond, ont joué de maladresse devant le but sénégalais, si ce n’était pas Edouard Mendy qui leur faisait échec. Et alors que la nuit était tombée depuis belle lurette sur Rabat et que tout un Royaume espérait la séance des tirs au but qui lui avait permis de sortir le Nigeria en demi-finales, Pape Gueye envoya un missile qui nettoya la lucarne de Yassine Bounou et réduisit en cendres les espoirs de médaille dor de tout un peuple.
Puisque, après, lors des 26 minutes de prolongations restantes, cétait une affaire de « guerriers ». Les « Lions » ont défendu leur précieuse avance comme jamais avec un cœur à l’ouvrage qu’on ne leur connaissait pas avant cette CAN. Finalement, ce fut la meilleure façon de boucler ce mois passé au Maroc : avec une victoire sur le pays organisateur d’une CAN. Ce qui n’était plus arrivé depuis l’édition de 1986 au Caire…
B.K.N







