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DSC : « Moi Fatoumata Dione, née à Touba, titulaire d’une Licence en gestion et footballeuse »

Fatoumata Diouldé Dione incarne l’histoire d’une passion pour le football, cultivée avec détermination, malgré les obstacles. Jeune milieu sentinelle de Dakar Sacré-Cœur (DSC), en parallèle, elle poursuit avec brio son parcours académique, ayant obtenu une licence en Création et Gestion des Entreprises à l’ISEG de Dakar, et prévoit de s’inscrire en master cette année.

Un parcours jalonné de défis

Son talent a été remarqué par un oncle qui l’a encouragée à intégrer Baobab FC, un club de deuxième division à Tamba. Ce fut le début d’une carrière marquée par des étapes significatives : après Baobab, la jeune milieu capable de jouer comme latérale a évolué chez les Aigles de la Médina, puis aux Amazones de Grand Yoff avant de rejoindre Dakar Sacré-Cœur, l’un des clubs les plus prestigieux du pays.

« Je suis née à Touba mais j’ai grandi à Tamba », explique Fatoumata, en retraçant les étapes de son parcours. Dès son plus jeune âge, elle passait le plus clair de son temps à jouer au football avec les garçons de son quartier. « Il y avait un terrain chez nous, c’est là-bas qu’on jouait. »

Le poids des traditions à Touba

Touba, ville religieuse, impose des restrictions strictes sur les activités considérées comme des “jeux de hasard”, incluant le football. Fatoumata a dû s’adapter pour poursuivre sa passion. « Quand je suis à Touba pendant les vacances, pour aller à l’entraînement, je porte mes habits normaux pour aller à Mbacké. Une fois là-bas, je me change pour enfiler mes équipements. Après l’entraînement, je remets mes vêtements normaux. Même chose quand je vais à la salle de sport. »

Malgré ces contraintes, elle affirme n’avoir jamais eu de problème avec les Baye Fall, les gardiens de l’ordre moral de la ville. « Je suis née là-bas, je sais ce que la ville tolère ou interdit. Du coup, je respecte les règles. Ils ne t’interpellent pas si tu fais attention. »

Les moqueries et les préjugés

Être une femme dans le football sénégalais n’est pas sans défis sociaux. « Les moqueries, c’est notre quotidien. On nous regarde d’un autre œil et on se demande toujours si nous jouons réellement au football. C’est stigmatisant, mais on a fini par s’y habituer. »

Malgré cela, Fatoumata peut compter sur le soutien inconditionnel de sa famille, notamment celui de sa mère. Si au début, ses parents souhaitaient qu’elle se concentre sur ses études, ils ont progressivement accepté et encouragé sa passion. « Aujourd’hui, je le vis sans pression grâce à leur soutien. »

DSC, un tremplin vers les sommets

Fatoumata ne cache pas sa fierté de porter les couleurs de Dakar Sacré-Cœur, un club qui représente un véritable rêve pour de nombreuses joueuses sénégalaises. « Tout le monde me demande comment faire pour jouer à DSC. Ce club offre une visibilité incroyable, des conditions optimales pour progresser, et te prépare mentalement »

Elle tient à remercier particulièrement la coach Woulimata Seye, qui a joué un rôle important dans son épanouissement : « Elle est tout pour moi. DSC m’a redonné le sourire. »

Un regard critique sur le football féminin

Malgré sa reconnaissance pour ce que DSC lui a apporté, Fatoumata regrette le manque de visibilité du football féminin au Sénégal. « Jouer à 8h ou 10h du matin n’aide pas. Le public n’est jamais présent. Les matchs devraient être programmés en soirée, avant ceux des hommes, pour attirer plus de monde. »

Pour la saison en cours, Fatoumata se fixe un objectif clair : « Je veux faire une excellente saison et signer à l’étranger. »

Un rêve à portée de main pour une joueuse qui a prouvé qu’elle peut surmonter les obstacles et faire face aux défis, qu’ils soient sportifs, sociaux ou culturels. Avec sa détermination, son talent, et le soutien de son entourage, Fatoumata Diouldé Dione espère atteindre les sommets.

Khadim DIAKHATÉ

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