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Matchs amicaux : Quelles lacunes corriger avant le Mondial ?

Après la victoire historique à la CAN 2025 sous les ordres de Pape Thiaw, le Sénégal aborde la Coupe du monde 2026 avec beaucoup de confiance. Mais pour faire un grand parcours au niveau mondial, l’équipe va devoir corriger ses petits défauts. Analyse des trois grands chantiers des Lions.

Des flèches à la recherche du réalisme d’élite

Dans le football moderne, la transition offensive rapide est devenue l’arme fatale par excellence. Pour beaucoup de coachs, ce n’est plus la possession qui compte, mais ce qui se passe dans les secondes où l’adversaire n’est pas encore organisé. « Les transitions sont de plus en plus importantes », confiait Pep Guardiola en mai 2025. Le Liverpool de Jürgen Klopp en avait fait sa marque de fabrique avec son trio historique Mané-Firmino-Salah. Aujourd’hui, le Real Madrid excelle dans cet art, tout comme le Paris Saint-Germain de Luis Enrique, qui terrorise l’Europe grâce aux projections fulgurantes de Khvicha Kvaratskhelia, Ousmane Dembélé ou Désiré Doué.

Le Sénégal possède, sur le papier, les profils parfaits pour ce jeu de transition rapide. Mais peine encore dans cet exercice. Pendant la CAN, malgré le but en finale inscrit de la sorte, l’équipe a montré des lacunes. Si la finale de la CAN a validé ce modèle sur le but de la victoire, la compétition a aussi mis en lumière de grosses lacunes : des rushs d’Ibrahim Mbaye mal conclus ou cette énorme occasion manquée par Iliman Ndiaye.

Pour franchir un cap, Pape Thiaw doit trouver le moyen de jouer plus vite vers l’avant. Comme l’expliquait judicieusement l’entraîneur de Bournemouth, Andoni Iraola : « La première chose que nous essayons de faire lorsque nous récupérons le ballon est de le transmettre à notre numéro 9. C’est à ce moment-là que l’adversaire est le moins bien organisé sur le plan défensif. » Pour réussir au Mondial, il faudra des passes plus précises au milieu et des attaquants plus tueurs devant le but.

La gestion des matchs : attention à ne pas sous-estimer les adversaires

Le Sénégal a prouvé qu’il pouvait battre n’importe qui. L’équipe de Pape Thiaw compte à son actif plusieurs chefs-d’œuvre face à de gros calibres. Une victoire historique contre les Three Lions en Angleterre (1-3), un succès difficile face à la RD Congo dans l’enfer du Stade des Martyrs (2-3), ou encore cette demi-finale maîtrisée face à l’Égypte (1-0) avant le sacre suprême contre le Maroc (0-1). Quand le niveau s’élève, les Lions répondent présents.

Mais face aux équipes plus faibles, le Sénégal a la fâcheuse tendance à calquer son rythme sur celui de son adversaire. Par exemple, contre le Mali en quart de finale de la CAN, l’adversaire a pris un carton rouge en première période. S’ils l’ont emporté (1-0), ils se sont inutilement exposés. Même constat lors d’une autre manche face à la RD Congo où les Lions se sont mis en difficulté tout seuls. La Coupe du monde est d’un autre niveau. Face à des nations supposées plus faibles mais ultra-disciplinées, le moindre relâchement se paiera cash.

Pape Thiaw tient entre ses mains une génération dorée, sacrée et sûre de ses forces. Mais pour que le voyage mondialiste ne se transforme pas en regrets éternels, les Lions doivent basculer dans l’ère de l’exigence absolue.

La dépendance à Sadio Mané

Parfois critiqué par le public sénégalais, Sadio Mané a pourtant montré qu’il reste l’homme indispensable de Pape Thiaw pendant la dernière CAN. L’attaquant des Lions a porté l’équipe de fort belle manière. Même si d’autres joueurs ont marqué des points, Sadio Mané a été le vrai guide. Grâce à son envie et son talent, il a terminé meilleur joueur du tournoi avec deux buts et trois passes décisives. Selon les statistiques Opta, c’est aussi lui qui a créé le plus d’occasions dans la compétition (14).

Le problème, c’est que l’équipe aura besoin de nouveaux leaders techniques au Mondial si jamais l’ancien joueur de Liverpool est fatigué ou blessé. Heureusement, Pape Thiaw a des solutions. Il peut compter sur Ismaïla Sarr, qui sort d’une très belle saison avec Crystal Palace (21 buts). Il y a aussi le jeune Ibrahim Mbaye qui monte en puissance, Iliman Ndiaye ou encore le retour d’Assane Diao.

Moussa SOW

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