Me Augustin Senghor tire sa révérence après 16 ans à la tête de la FSF
C’est la fin d’un cycle. Ce samedi 2 août 2025, au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD), Me Augustin Senghor a vu son nom relégué à la troisième place du scrutin pour la présidence de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF). Avec 92 voix, l’ancien président du comité exécutif sortant ne participera pas au second tour, marqué par l’affrontement entre Abdoulaye Fall (301 voix) et Mady Touré (116 voix). Une page se tourne.
16 années d’un règne sans partage (2009–2025)
Élu pour la première fois en août 2009, Me Augustin Senghor, alors maire de Gorée et président de l’US Gorée, avait succédé à l’ancien dirigeant de la FSF, Diagna Ndiaye. En 16 ans, il aura été reconduit à trois reprises : en 2013, 2017 et 2021. Son mandat a été marqué par une professionnalisation progressive de l’administration fédérale, une plus grande stabilité institutionnelle et surtout, des résultats sportifs inédits à la fin.
Parmi les plus marquants :
• La qualification historique en finale de la CAN 2019 en Égypte,
• La victoire à la CAN 2021 au Cameroun, première de l’histoire du Sénégal,
• La deuxième qualification consécutive en Coupe du monde (2022 au Qatar),
• Le développement du football local, notamment à travers l’organisation des compétitions nationales malgré des contraintes budgétaires et structurelles.
Un dirigeant reconnu à l’international
Au-delà des frontières sénégalaises, Me Augustin Senghor a aussi occupé une place de choix sur la scène continentale. Vice-président de la CAF, membre influent du Comité exécutif, il avait même été candidat à la présidence de l’instance africaine en 2021 avant de se retirer au profit de la candidature consensuelle de Patrice Motsepe, dans un accord poussé par la FIFA.
Un départ assumé mais amer
Si Me Senghor avait exprimé, au début du processus, son souhait de tourner la page, sa candidature tardive a été perçue comme un retour en arrière, notamment par ceux qui espéraient un renouvellement en profondeur de la gouvernance fédérale. En troisième position avec seulement 92 voix, il quitte la présidence par la petite porte, lui qui avait dominé les scrutins précédents sans réelle opposition.
Et maintenant ?
Sa défaite au premier tour sonne comme la fin d’une époque. Pour beaucoup, Me Senghor reste une figure du football sénégalais contemporain. Mais son départ pourrait aussi ouvrir une nouvelle ère, avec un mode de gouvernance plus inclusif, plus transparent, à l’image des revendications de nombreux acteurs du football local ces dernières années.
Son avenir reste flou : retour à ses fonctions d’avocat, retrait stratégique, ou rebond au sein des instances internationales ? Seul lui connaît la suite.
Khadim DIAKHATÉ







