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Madi Number (Supporter) : « Mon amour pour Teungueth FC, ma conception du supportérisme au Sénégal »

Figure emblématique des tribunes rufisquoises, Madi Number vit Teungueth FC comme une seconde famille. Secrétaire général du comité des supporters, il raconte son parcours, ses souvenirs et sa passion indéfectible pour le club de Rufisque. Entre fierté locale et plaidoyer pour le football sénégalais, entretien avec un homme de cœur.

Madi, pouvez-vous vous présenter brièvement et nous raconter comment est née votre passion pour le Teungueth FC ?

Depuis tout petit, j’ai toujours été passionné de football. Mon histoire avec Teungueth FC remonte à 2012. À l’époque, je travaillais dans une école où je gérais la salle informatique. Chaque matin, je voyais l’équipe s’entraîner. Je connaissais le club, mais je ne le supportais pas encore. Puis, en observant les séances, en entendant parler de Babacar Ndiaye, un jeune dirigeant ambitieux, et en suivant un joueur du quartier, Émile Sène, j’ai peu à peu développé un attachement naturel pour cette équipe. En 2016, lors de la deuxième Assemblée générale du comité des supporters, j’ai officiellement rejoint le groupe. Depuis ce jour, je suis resté engagé, et aujourd’hui, j’en suis le secrétaire général.

Vous souvenez-vous de votre premier match au stade avec Teungueth ? Quelle émotion vous revient ?

C’est un mauvais souvenir (rires). Mon premier match, c’était une lourde défaite face à Génération Foot, à l’époque d’Ismaïla Sarr et consorts. C’était en 2015, lors du tournoi de montée à Déni. Nous étions encore en National 1, et nous avons perdu 7-1. J’étais triste, bien sûr, mais pas abattu : je savais que c’était une jeune équipe, sans grande expérience, et qu’il fallait du temps.

Qu’est-ce qui distingue Teungueth FC des autres clubs sénégalais ?

La passion et l’amour. Au début, c’était très difficile : pas de stade, peu de moyens, mais une énorme ambition. On allait jusqu’à Guédiawaye pour jouer nos matchs à domicile. C’est un club construit par une trentaine de dirigeants déterminés. En 2011, Babacar Ndiaye a rebaptisé Diokoul FC en Teungueth FC pour que tous les Rufisquois se sentent concernés. Ce sentiment d’appartenance, c’est notre force.

Comment décririez-vous l’esprit “TFC” en quelques mots ?

Une famille, le partage, et l’union. L’esprit Lebou, c’est avancer avec nos valeurs, avec dignité. C’est ce qui rend ce club unique.

Teungueth a connu des débuts difficiles (2009-2012). Comment avez-vous vécu cette période ?

Je ne suivais pas encore le club à ce moment-là, mais j’ai entendu beaucoup d’histoires. Les joueurs s’entraînaient parfois à 14h, même le vendredi à l’heure de la prière. C’était très dur, mais ça prouve la résilience de ce club.

Quelle saison reste la plus marquante pour vous ?

2021, sans hésiter. Notre premier titre de champion et la participation à la Ligue des champions CAF. C’était historique ! Grâce à la stabilité du groupe à cause du contexte du Covid-19, l’équipe est restée compétitive. Cela faisait longtemps qu’un club sénégalais n’avait pas atteint ce niveau.

Et la première grande consécration, la Coupe du Sénégal 2019 ?

Un moment inoubliable. Notre premier grand trophée. Le stade Lat-Dior de Thiès était plein à craquer, Rufisque au complet ! C’est ce jour-là que j’ai compris que Teungueth pouvait aller très loin.

Quels joueurs vous ont le plus marqué ?

Deux noms : Mbaye Jacques Ndiaye et surtout Aboubakrine Sall, fidèle parmi les fidèles. C’est, pour moi, le meilleur buteur et le meilleur joueur de l’histoire du club. Un vrai leader sur et en dehors du terrain. Pour l’instant personne ne s’assoit à sa table dans ce club. C’est un joueur qui nous a beaucoup marqué sur le terrain comme en dehors, il motivait même nous les supporters, c’est un digne fils du club.

Supporters Teungueth FC

Et le capitaine qui incarne le mieux l’âme du club ?

Baye Assane mais surtout Moutarou Baldé, sans hésiter. Il a tout donné pour ce club, avec passion et exemplarité. Il a soulevé notre premier trophée de Ligue 1. Un vrai capitaine dans l’âme.

Quel entraîneur vous a le plus marqué ?

Youssouph Dabo. Il a laissé une empreinte indélébile. Ce n’est pas seulement les résultats, mais le professionnalisme qu’il a apporté. Il a changé la culture du club. Il a laissé un héritage dans ce club. Son beau jeu, son caractère, sa soif de vaincre et tous les trophées qu’il a gagnés mais surtout son parcours en Ligue des champions.

Et côté dirigeants, que représente Babacar Ndiaye pour vous ?

C’est un visionnaire. Il a su structurer le club, s’entourer de compétences et instaurer une organisation professionnelle. À Teungueth, chacun a un rôle et essaie de le remplir ! Il a bâti une institution basée sur la confiance et la transparence.

Que signifie, pour vous, être supporter d’un club sénégalais aujourd’hui ?

C’est une fierté, mais aussi un combat. Beaucoup de Sénégalais ne regardent pas le championnat local, et c’est dommage. Les dirigeants comme Babacar Ndiaye, Saër Seck ou Cheikh Seck font un travail remarquable. Il faut que les supporters s’impliquent davantage. Moi, dans la rue, on m’appelle “Teungueth FC”, et j’en suis fier !

Comment jugez-vous l’organisation des supporters du TFC ?

Je salue le travail de “Allez Rio” et du président Ibrahima Mbow. Nous sommes une famille unie, toujours derrière le club, où qu’il aille. Quand les joueurs donnent 100 %, nous donnons 200 % ! C’est une organisation que tout le monde suit.

Comment renforcer le lien entre clubs et supporters ?

Par la structuration, la professionnalisation et la communication. Il faut valoriser l’image du club, attirer les sponsors et améliorer les conditions de déplacement des supporters. Le public, c’est la base du football.

Vous sentez-vous écouté par la direction du club ?

Oui, totalement. Nous partageons souvent nos idées, et si elles sont bonnes, elles sont prises en compte. Il y a une vraie écoute entre les dirigeants et les supporters. Badou Dia, le manager du club, peut en témoigner.

Votre plus beau souvenir de supporter ?

La participation à la Ligue des champions CAF en 2021-2022. Un rêve devenu réalité. Voir Teungueth affronter les grands clubs d’Afrique, c’était une immense fierté.

Et le plus douloureux ?

La saison dernière. On a vécu des moments très difficiles, avec la peur de la relégation. Mais ces épreuves nous ont rendus plus forts. TFC, c’est notre bébé : le voir souffrir, c’était douloureux.

Un match symbole de l’esprit Teungueth ?

C’était en 2020 contre Génération Foot, en championnat. Menés dès le début, nous avons égalisé grace à Aboubakrine Sall. Et dans le temps additionnel, Gibril Sillah, le Gambien a marqué le but de la victoire 2-1. Ce jour-là, j’ai vu toute la grinta du club.

Comment voyez-vous Teungueth FC dans cinq ans ?

Plus fort, plus structuré, avec une académie solide et des ambitions toujours intactes. Je vois un club qui ne se contente plus de participer aux compétitions africaines, mais qui veut les gagner.

Vos trois favoris pour le titre cette saison ?

Teungueth FC bien sûr (rires), puis Guédiawaye FC et Génération Foot. GF est un club ambitieux et régulier.

Quelle recrue incarne selon vous l’ADN du club ?

À Teungueth, c’est toujours difficile de s’intégrer, mais une fois qu’on est adopté par les supporters, l’ADN vient naturellement. C’est nous, les fans, qui faisons naître ce lien.

Enfin, que pensez-vous de l’arrivée de Malick Daf ?

C’est une excellente chose. TFC affiche chaque année ses ambitions, et avec un entraîneur de qualité comme lui, nous espérons une grande saison et, pourquoi pas, de nouveaux trophées.

Entretien réalisé par Ndeye CAMARA

Fiche TFC

  • Nom complet : Teungueth Football Club
  • Sigle : TFC
  • Fondation : 2011 (succède à Diokoul FC créé en 2009)
  • Siège social : Rufisque, Région de Dakar (Sénégal)
  • Stade : Stade Ngalandou Diouf (Rufisque)
  • Président : Babacar Ndiaye
  • Entraîneur principal : Malick Daf

 

  • Palmarès

Championnat du Sénégal Ligue 1 : 2021, 2024

Championnat du Sénégal Ligue 2 : 2016

Coupe du Sénégal : 2019

Coupe de la Ligue : 2023

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