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Tacko Diabira : « Mon père m’a acheté mon premier ballon de foot »

Serial buteuse, Tacko Diabira affole les compteurs en D1 féminine sénégalaise. Meilleure buteuse en 2024 (16 réalisations) et co-meilleure buteuse en 2025 (11 buts), l’attaquante mauritanienne compte actuellement 8 buts en championnat. En ce 8 mars, qui marque la Journée internationale des droits des femmes, la recrue phare des Aigles de la Médina est l’invitée de notre rubrique « Les premières et dernières fois ».

La première personne qui vous a offert un ballon de football ?

C’est mon père, je pense. Je ne sais pas l’année exacte, j’étais trop petite. Il m’achetait des maillots et des chaussures de football. Ça me faisait plaisir de voir qu’il me soutenait, qu’il me donnait les moyens de pratiquer le sport que j’aimais. C’était en Mauritanie, là où j’ai grandi. J’ai très tôt aimé le football.

Votre premier souvenir dans le football ?

Quand j’étais petite, j’avais l’habitude de jouer avec les garçons dans mon quartier ou à l’école après les cours d’EPS. Ma famille n’avait pas de problème tant que j’avais de bons résultats à l’école. Mais à un moment donné, ma maman m’interdisait de jouer avec les garçons. Pourtant, je continuais à jouer : quand je la voyais, je me cachais. Mais tout le monde le savait. J’ai toujours traîné avec des garçons, mes amis d’enfance avec qui j’ai grandi. Ils m’ont acceptée dans l’équipe, je jouais comme eux et avec les mêmes règles.

Votre première sélection avec la Mauritanie ?

C’était en 2017, lorsque je jouais au FC Nouadhibou. J’ai été sélectionnée pour un match amical contre Djibouti. C’était un grand plaisir. Ce qui m’a le plus marqué, c’était de voir ma mère dans les tribunes qui me soutenait pour mon premier match. Des fois, quand j’y pense, je souris. Elle n’est pas très sportive, mais elle regarde tous mes matchs et suit les résultats. Parfois, quand il y a des disputes sur le terrain ou qu’une adversaire me pousse ou me tacle, elle me demande pourquoi elle joue comme ça. Elle pense qu’à chaque fois qu’on me pousse ou qu’on me tacle, ça me fait mal. C’est l’instinct maternel : elle ne comprend pas toujours, mais elle me soutient et ça me fait plaisir, ça m’encourage.

Votre première fois au Sénégal ?

Je venais au Sénégal en vacances avec ma mère. Elle était commerçante et j’étais la plus petite de la famille. Pour le football, c’est une connaissance qui m’en a parlé. Au début, je voulais pas aller dans un pays que je ne connaissais pas trop. Mais j’ai décidé de franchir le pas. Il m’a mise en contact avec quelqu’un qui m’a amenée à Dakar Sacré-Cœur. J’ai passé le test et je suis restée là-bas pendant cinq ans. Pour mon adaptation, ça n’a pas été un problème : on parle quasiment la même langue et les filles m’ont bien accueillie. Mais c’était quand même compliqué, car c’était la première fois que je vivais sans ma famille. Je ne connaissais personne ici, mais au fur et à mesure, je me suis habituée.

La première fois que vous avez compris que vous pouviez devenir joueuse professionnelle ?

J’ai toujours voulu être une joueuse professionnelle. Mais je m’en suis vraiment rendu compte quand j’ai vu que les gens s’intéressaient à moi. Voir ton nom dans les journaux, gagner des trophées individuels… c’est à ce moment-là que je me suis dit que j’étais faite pour ça. La passion a toujours pris le dessus. Et la famille est aussi une vraie motivation : voir tes parents dans les tribunes, des gens qui te regardent, ça te pousse à faire encore plus.

La dernière fois que tu as douté de toi ?

C’était lors de ma troisième année à Dakar Sacré-Cœur. La coach Aïssatou ne me faisait pas jouer, je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce que je ne faisais pas partie de ses plans. Cela m’a beaucoup touchée. J’ai perdu beaucoup de confiance, ça a perturbé ma progression et je n’étais pas bien.

La dernière fois que tu as reçu une proposition de contrat en Europe ?

Je n’ai pas reçu de proposition concrète, mais j’ai eu des demandes qui n’ont pas abouti. L’année dernière, j’étais en France pour faire des tests à Thonon Évian, en D2 française, mais ça n’a pas marché.

Votre dernier trophée individuel ?

L’année dernière, en terminant co-meilleure buteuse de la saison avec 11 buts. Actuellement, j’en suis à huit buts. Il me reste donc trois buts pour atteindre ce total. C’est l’un de mes objectifs cette saison : marquer plus que l’année précédente. J’espère y arriver et terminer meilleure buteuse.

Le dernier joueur professionnel qui vous a offert un maillot ?

C’est une coéquipière de l’équipe nationale, Ramata Kandji. Elle joue au Maroc et c’est une bonne amie à moi.

Comment Tacko Diabira imagine son dernier match professionnel (dans quel stade, avec quelle équipe) ?

Au Paris Saint-Germain. C’est le club de mes rêves, mon club de cœur. Je rêve d’y jouer un jour et je travaille dur pour ça. J’espère prendre ma retraite là-bas, gagner des trophées avec le club de mes rêves et faire mes adieux devant des milliers de supporters. J’espère que Dieu exaucera mes prières.

Tacko Diabira AIgles de la Médina

Tacko Diabira, attaquante des Aigles de la Médina

Par Ndèye Camara

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