Can 2025 : Les avocats de la FSF en ordre de bataille
La riposte juridique du Sénégal enclenchée
La contre-attaque du Sénégal pour faire face à la décision du jury d’appel de la CAF de lui retirer la CAN 2025 est désormais enclenchée. Cette fois, c’est le pool d’avocats de la Fédération sénégalaise de football qui entre en jeu. Une défense coordonnée par Me Seydou Diagne, aux côtés de Me Aly Fall, Me Juan Crespo Perez, Me Moussa Sarr, Me Serge Vittoz et Me Pierre-Olivier Sur.
D’emblée, Me Diagne a tenu à rassurer sur les chances du Sénégal de prolonger sa victoire du 18 janvier sur le terrain juridique : « La décision du jury d’appel de la CAF ne peut pas être considérée comme une décision de justice, car elle est absurde et porte atteinte aux droits fondamentaux de notre fédération. »
Une décision contestée et jugée incohérente
L’avocat souligne également une certaine incohérence dans la décision rendue. Selon lui, la partie marocaine a essuyé un premier revers, y compris devant le jury d’appel. En effet, le Maroc avait formulé trois demandes : la victoire sur tapis vert, la restitution du trophée continental ainsi que la récupération des médailles et des primes. Or, une seule de ces requêtes a été acceptée, à savoir la victoire sur tapis vert. « Personne n’a demandé à la Fédération sénégalaise de football de rendre le trophée ou les médailles », a-t-il précisé.
Des vices de procédure dénoncés
Au-delà de ce premier point, Me Seydou Diagne a dénoncé plusieurs vices de forme dans la procédure du jury de la CAF, notamment l’absence de notification motivée de la décision. « Aujourd’hui, dix jours après cette décision grotesque, la CAF ne nous a toujours pas transmis un document exposant ses motivations, alors qu’il s’agit d’une obligation essentielle pour nous permettre d’élaborer notre stratégie de défense », a-t-il déploré. Malgré cela, l’équipe d’avocats affirme déjà disposer d’arguments solides pour démontrer que le Sénégal reste le champion d’Afrique.
Vers une procédure accélérée devant le TAS
Concernant les délais de la procédure devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), Me Serge Vittoz évoque une possible accélération du processus. « Une procédure de ce type prend généralement entre 9 et 12 mois. Toutefois, il existe une possibilité, à titre exceptionnel, d’obtenir une décision dans un délai de deux mois, à condition que toutes les parties en conviennent », a-t-il expliqué.
Le camp sénégalais s’est déjà déclaré favorable à cette option et espère une position similaire des autres parties concernées.
Me Moussa Sarr a conclu en insistant sur l’unité des acteurs engagés dans cette bataille juridique : « Aujourd’hui, l’État du Sénégal, la Fédération, les avocats et tous les conseillers poursuivent un seul objectif : défendre le trophée acquis dignement par les Lions et faire face à cette forfaiture de la CAF afin que la victoire soit définitivement entérinée par le TAS. »
Des critiques élargies contre la CAF
Au-delà de la simple contestation de la décision, les avocats ont également pointé du doigt des dysfonctionnements au sein de la CAF. Me Seydou Diagne évoque notamment une lutte d’influence dans les hautes sphères de l’instance, conduisant à des décisions guidées par des intérêts particuliers plutôt que par le droit.
Aziz Kane






