Motsepe lâche tout : erreurs de la CAF, supporters arrêtés, arbitrage… des révélations explosives
Dans un contexte de fortes tensions après la dernière finale continentale, le président de la CAF, Patrice Motsepe, a livré une conférence de presse fleuve, sans esquiver la moindre question. Arbitrage contesté, arrestations de supporters, décisions disciplinaires, soupçons de corruption ou encore organisation des compétitions… Le dirigeant sud-africain a répondu point par point, en assumant certaines erreurs et surtout, il a affiché une ligne ferme : réformer, assainir et protéger la crédibilité du football africain.
“Oui, nous pouvons faire mieux” : l’aveu d’un système perfectible
Dès les premières minutes, Motsepe adopte un ton lucide : « Il y a des domaines dans lesquels nous reconnaissons que nous aurions pu faire mieux. Nous devons regarder ce que fait l’Europe, ce que fait la FIFA, et nous en inspirer. »
Il insiste sur une dynamique collective : « Il est important pour nous de travailler ensemble afin que toutes les équipes aient le sentiment d’être traitées de manière équitable, sans aucune forme d’impartialité. »
Une déclaration forte qui place la question de la crédibilité au cœur de son mandat.
Finale polémique : “Nous devons éviter que cela se reproduise”
Revenant longuement sur les incidents de la dernière finale, Motsepe assume : « Les réformes que nous avons initiées doivent nous permettre d’éviter à l’avenir ce qui s’est passé lors de cette finale. »
Mais il élargit le propos : « J’ai exprimé ma déception sur certaines choses que j’ai vues sur le terrain. Mais je tiens aussi à dire que nous avons assisté à une très belle compétition en Côte d’Ivoire. » Un discours nuancé entre critique et valorisation.
Supporters arrêtés : reconnaissance de responsabilité et appel au calme
Sur le dossier sensible des 18 supporters arrêtés, Motsepe développe une position diplomatique mais claire : « Nous respectons la souveraineté du Sénégal comme celle du Maroc. Ce sont des États indépendants. »
Mais il reconnaît un problème dans la gestion : « Je suis d’accord avec ceux qui disent que ces supporters n’auraient pas dû être arrêtés en dehors du stade, mais plutôt à l’intérieur. Et sur ce point, c’est aussi de notre responsabilité. »
Il appelle à la retenue médiatique : « Ce sont des discussions d’ordre diplomatique. C’est une question très importante et sensible. Vous conviendrez avec moi que ce n’est pas quelque chose que l’on règle sur la place publique. Ce sont les deux pays qui doivent trouver les bons termes. »
Arbitrage sous pression : “Les arbitres doivent donner le meilleur d’eux-mêmes”
Très attendu, Motsepe ne fuit pas le débat : « Nous sommes conscients que les arbitres doivent donner le meilleur d’eux-mêmes. »
Il insiste sur la récurrence du sujet : « Depuis la finale, cette question revient sans cesse. » Mais il tempère : « J’ai un grand respect pour les émotions que ressentent les deux pays aujourd’hui. Il faut aussi comprendre le contexte. »
Décisions disciplinaires : transparence revendiquée
Motsepe rappelle son rôle lors de la cérémonie : « J’ai remis les médailles, notamment à Koulibaly, j’ai donné le trophée à Sadio Mané, et nous avons attribué 10 millions de dollars. » Mais il recadre immédiatement : « Je dois respecter les lois et les règlements. Une décision a été prise par la CAF, à travers sa commission de discipline. »
Le cas Ousmane Kane : “C’est pour ça qu’il fallait le choisir”
Le président de la CAF s’attarde longuement sur la nomination d’Ousmane Kane : « Nous avons demandé à tous les pays de recommander des noms. Ousmane Kane ne figurait pas parmi les propositions initiales. »
Puis vient l’élément déterminant : « On m’a dit que c’était quelqu’un de très rigoureux, très strict, parfois même compliqué. Et je me suis dit : c’est exactement pour ça qu’il doit être choisi. »
Il justifie ce choix par ses compétences : « Nos recherches ont montré qu’il fait partie des juges les plus influents au Tribunal Arbitral du Sport. Sa mission principale est simple : dire le droit et appliquer les règlements. »
Corruption : “Pire que le cancer”
Moment le plus fort de la conférence, Motsepe durcit le ton : « Nous allons combattre toutes les formes de corruption au sein de la CAF. » Puis il frappe : « La corruption est pire que le cancer. C’est le plus grand problème de notre continent. »
Il élargit le combat : « Nous ne devons pas donner cet exemple à nos enfants. Détruire la corruption, c’est protéger l’Afrique. Il doit y avoir une tolérance zéro, dans le sport, en politique et dans tous les secteurs. »
Calendrier des compétitions : décisions expliquées
Sur la CAN féminine, Motsepe détaille : « Elle a été reprogrammée pour deux raisons principales : nous voulions augmenter le prize money et les dates étaient déjà prises. »
Il évoque aussi d’autres contraintes : « Il y a toujours des circonstances supplémentaires. L’année dernière, par exemple, le CHAN devait se jouer en février, mais nous avons dû le reporter. »
Une réponse définitive : “Ma position ne changera pas”
Face à l’insistance des journalistes, Motsepe conclut avec fermeté : « Quand je dis que ces problèmes sont derrière nous, cela signifie qu’il n’y a rien que je puisse dire aujourd’hui que je n’ai pas déjà dit auparavant. »
Et il tranche : « Vous pouvez me poser la question cent fois, je vous donnerai la même réponse. »
Analyse : entre mea culpa et autorité
Avec cette sortie, Patrice Motsepe cherche clairement à :
- reprendre le contrôle du discours
- apaiser les tensions diplomatiques
- affirmer une ligne dure sur la gouvernance
Le patron de la CAF a livré une prestation complète, révélatrice des défis immenses auxquels fait face le football africain.
Khadim DIAKHATÉ







