« La pression est sur la Norvège et le Sénégal » : Arnold, le sélectionneur qui fait bouger l’Irak
Il a fait vibrer l’Australie, décrochant la qualification aux huitièmes de finale du Mondial 2022, avec une détermination à couper le souffle. Aujourd’hui, Graham Arnold remet le couvert, et son regard est aussi fixe que son ambition : faire vibrer l’Irak, une nation en ébullition, pour sa première Coupe du monde depuis 40 ans.
21 matchs de qualification, ce n’est pas qu’une histoire de football, c’est une renaissance des Lions de Mésopotamie. Arnold, 62 ans, n’a pas pris la route du succès par hasard. Il a porté les Socceroos jusqu’aux étoiles. Qualification inattendue au 2e tour, exploits tactiques et un mental d’acier. Malgré l’élimination face à l’Argentine, futur vainqueur de l’épreuve. Son secret ? Un esprit de guerrier, une tactique de fer et une foi inébranlable dans la magie du jeu.
« Il s’agit de 11 êtres humains contre 11, alors choquons le monde »
Lorsqu’il parle, il ne fait pas semblant : « Toute la pression est sur la France pour gagner, la pression est sur la Norvège et le Sénégal pour se qualifier, la pression n’est pas sur l’Irak. » Et il ajoute, avec un sourire défiant : « Il n’y a rien de mieux que d’aller à une Coupe du monde. Une fois qu’on y sera, on n’aura rien à perdre, alors on jouera sans peur, on surprendra le monde et on en profitera. »
Après le tirage au sort, Graham Arnold gardait déjà un calme olympien. « Certains diront que la France, la Norvège et le Sénégal forment le groupe de la mort. Moi, je dis : allons-y. » Avec, en face, un défi excitant. « Pour moi, c’est un groupe enthousiasmant car beaucoup de joueurs n’ont jamais joué contre un joueur du calibre de (Kylian) Mbappé, (Erling) Haaland ou (Sadio) Mané, donc être sur le terrain avec eux est un privilège. »
Mais derrière cette décontraction apparente, il y a une philosophie de combat : surprendre, faire trembler le Groupe I. « Il s’agit de 11 êtres humains contre 11, et tant que vous y allez sans avoir peur de jouer, avec enthousiasme, alors choquons le monde. »
Graham, maître de la tactique incisive
Arnold ne cache pas sa fierté pour son équipe. Une incarnation de la résilience irakienne, un symbole d’espoir dans un pays qui a longtemps connu la tourmente. Sa recette ? une équipe à l’ancienne, brute, directe. Une machine à jouer la défense en béton, à contre-attaquer à toute vitesse, à exploiter chaque erreur. La puissance physique, l’engagement collectif et cette soif de victoire qui brûle dans chaque joueur. Un football de combat, un style à l’image de son mental d’acier.
Le bilan du passé ? La Coupe du monde 1986, où l’Irak a déjà montré qu’il pouvait faire trembler les géants. Trois défaites d’un but d’écart, contre le Mexique (1-0), la Belgique (2-1) et le Paraguay (1-0). Mais un respect gagné à force de courage et d’abnégation.
Aujourd’hui, Arnold insuffle cette même énergie. Même si certains pensent que l’Irak est la « plus faible » du groupe, cette équipe a déjà prouvé qu’elle pouvait créer l’impossible. Son objectif sera de marquer plus d’un but, gagner un match, se qualifier… faire vibrer tout un pays.
Mohamed NDIAYE






