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Belgique – Sénégal 3-2 : La faillite tactique vue par le coach turc Erol Malkoc

Après le crash de Seattle, on continue à s’interroger sur la gestion du match entre la Belgique et le Sénégal, remporté par les « Diables rouges » sur le score de 3 buts à 2. L’entraineur turc d’Amitié FC (L2 sénégalaise), Erol Malcok donne son avis sur les faits marquants de ce 16ème de finale et analyse la gestion de la rencontre du côté du Sénégal. Du premier but à la faillite en fin de match, en passant par le changement de stratégie opérée par la Belgique, Malcok revient sur ce qui a fait perdre au Sénégal ce match.

Analyse des vingt premières minutes

Le technicien turc Erol Malkoc parle de l’entrée des deux équipes dans le match en analysant les vingt premières minutes et de la stratégie de chacune d’elle en ces termes : « Dans les vingt premières minutes la Belgique a conservé davantage le ballon. Elle a cherché à créer des décalages avec ses joueurs techniques entre les lignes. Elle a essayé d’étirer le bloc sénégalais en passant par les côtés, notamment avec Doku et Trossard. Le Sénégal est resté dangereux avec un bloc défensif compact. Dès la récupération, il attaque très vite vers l’avant. Il a déjà obligé un Belge à intervenir sur une frappe cadrée. Idrissa Gana Gueye montre déjà que ses transitions peuvent faire très mal. Tactiquement, la Belgique a contrôlé davantage le rythme, mais le Sénégal était plus tranchant surtout en se projetant. »

L’attitude sénégalaise après le premier but

Juste après le but inscrit par Habib Diarra « à la 23e minute l’entraineur Erol Malkoc avertit : « Le Sénégal ne doit pas reculer de manière passive après avoir ouvert le score. S’il subit en bloc très bas, il s’expose à une pression continue de la Belgique, avec des vagues successives dans sa surface et une perte de ses qualités principales en transition ». Il donne la solution pour maintenir l’avance : « Le Sénégal doit rester agressif dans les moments de pressing, mais de manière intelligente, déclenchée sur les mauvaises orientations ou les passes latérales lentes. Cela permet de garder un bloc organisé sans se déséquilibrer ». Pour lui, le Sénégal avait intérêt à « défendre en avançant, avec un bloc médian compact et actif ». Cela permettrait de continuer à contrôler le rythme sans renoncer à son arme principale : la projection rapide.

Sur le deuxième but sénégalais, le technicien turc revient sur l’action, entre la longue passe de Niakhaté et la réalisation d’Ismael Sarr, il commente le but : « C’était bien joué de la part du Sénégal. Là, on a joué directement dans le dos de la défense belge. La défense belge est assez lente et les défenseurs sont petits de taille. Donc ils ont bien joué ».

Comment le Sénégal a perdu le match

Menant par 2 à 0 jusqu’à 5 minutes de la fin du match, le Sénégal s’est fait rejoindre au score d’abord avant de céder à l’ultime minute de la prolongation sur un pénalty concédé par Lamine Camara. On s’interroge sur cette fin de match catastrophique et Coach Malkoc apporte une réponse : « Aujourd’hui, le football, c’est une équipe qui pose un problème à l’adversaire, et l’adversaire aussi essaie de poser un problème. Maintenant c’est la façon dont on va résoudre et poser des problèmes à l’adversaire qui fait un match de foot. Aujourd’hui, la Belgique a résolu le problème que le Sénégal lui a posé. Et elle a causé des problèmes au Sénégal par rapport aux changements qu’elle a faits. Garcia a pris des risques : il a enlevé Doku, et Kevin De Bruyne, et il a fait rentrer deux joueurs sur les côtés, pour repositionner Trossard dans l’axe. Donc, dans le coaching, la Belgique était meilleure. Dans la discipline de jeu aussi, ils ont mieux persisté. Les Sénégalais sont bien entrés dans le match, ils étaient motivés. Et puis, au fur et à mesure, on a vu que la Belgique a créé plus d’occasions ». Tout est donc dans les changements opérés par Garcia. Le repositionnement de Trossard en numéro 10 et la sortie de deux éléments clés ont fait basculer la rencontre. En plus de cela, il y a eu l’entrée de Lukaku. Le technicien turc affirme « l’entrée de Lukaku aura été déterminante ».

La gestion du match

Sénégal, RDC, Côte d’Ivoire, toutes ces équipes africaines ont dominé leur match et même mené au score en un moment avant de céder en fin de rencontre. Sur cet aspect Malkoc fait une analyse : « Aujourd’hui, c’est la vérité : on doit se poser la question. Comment ça se fait que les équipes africaines jouent bien pendant 60 minutes et après, n’y parviennent plus ? Ça peut arriver mais ce n’est pas la première fois, ce n’est pas la deuxième fois non plus, c’est le troisième match où ça arrive. Il faut se poser les bonnes questions. Ce n’est pas grave : on peut perdre aujourd’hui, on peut gagner demain. Mais on doit se poser les bonnes questions… » Cette analyse est faite suite à l’attitude des équipes africaines en fin de match. Elles ont généralement du mal à terminer correctement leurs rencontres.  Ainsi, Malkoc ajoute : « Le football, c’est une continuité. Il ne faut pas être dans l’émotion, il faut être dans le rationnel pour pouvoir avancer et développer le football sénégalais. »

Erol Malkoc coach Amitié FC

Erol Malkoc coach Amitié FC

Abdoulaye Diouf

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