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Amidou Badji (Bandirma Spor) : « Je suis excentré mais j’adore marquer des buts »

Auteur de 3 buts et 4 passes décisives avec Bandırma Spor (D2 Turquie) depuis le début de la saison, Amidou Badji démarre fort en Turquie. L’attaquant sénégalais, qui a découvert le championnat turc en janvier dernier, a gagné du temps de jeu et de la confiance. Formé notamment à Gando Foot, passé par l’AS Malika, Amitié FC et les Espoirs de Guédiawaye, il nourrit désormais de grandes ambitions. Entre ses objectifs personnels, son évolution devant le but, son rêve de Premier League et l’équipe nationale U23, le joueur de 21 ans se confie.

Amidou Badji, 3 buts et 4 passes décisives déjà avec Bandırma Spor en ce début de saison. Peut-on dire que vous démarrez fort ?

Amidou Badji : Oui, c’est très fort même. On a bien démarré et fait une bonne préparation. Nous avons beaucoup travaillé durant la présaison. L’année dernière, je suis arrivé au mois de janvier et c’est vers la fin de la saison que j’ai commencé à être titulaire. Cela continue en ce début de saison. Marquer des buts et faire des passes décisives te donne de la confiance pour la suite de la saison. J’espère pouvoir continuer comme ça.

Peut-on dire que c’est votre meilleur début de saison ?

Oui, c’est mon meilleur début de saison, que ce soit au Sénégal ou ici. Je m’attendais aussi à réaliser un bon départ parce que je connais le talent que j’ai en moi. Ce n’est pas difficile pour moi lorsque je travaille. J’ai beaucoup travaillé et j’ai les qualités pour continuer comme ça.

« Je suis arrivé au mois de janvier dernier, je m’étais fixé au départ entre 10 et 15 buts. Mais le coach m’a dit que je pouvais faire mieux que ça »

Vous êtes à la fois buteur et passeur. Est-ce quelque chose que vous avez particulièrement travaillé ?

Oui, j’ai beaucoup travaillé là-dessus, que ce soit pour marquer des buts ou faire marquer mes coéquipiers. À l’entraînement, on travaille beaucoup ces aspects. Je suis excentré, mais je préfère marquer davantage de buts. Pour un attaquant, le rôle principal est de marquer. Cela permet aussi de se faire remarquer et, pour ma carrière, c’est très important.

Avez-vous fixé un nombre de buts et de passes décisives à atteindre ?

Oui, je me suis fixé un objectif en termes de buts. Comme c’est ma première saison complète, puisque je suis arrivé au mois de janvier dernier, je m’étais fixé au départ entre 10 et 15 buts. Mais le coach m’a dit que je pouvais faire mieux que ça avec le système dans lequel nous jouons et que je pouvais même atteindre les 20 buts. Le coach a confiance en moi et en mes qualités. La saison démarre bien pour moi, donc je peux continuer sur cette lancée et dépasser mon objectif.

Comment jugez-vous le championnat turc ?

Je pense que c’est un championnat très tactique. Physiquement, les joueurs sont aussi très bons, mais je trouve qu’ils misent davantage sur la tactique. Ici en Turquie, les défenseurs n’aiment pas trop courir. Donc lorsque tu joues excentré, si tu es rapide et que tu as une bonne finition, tu peux marquer beaucoup de buts. Dans le jeu de passes et de contrôle par contre, ils sont très bons. Mais dans les duels en un contre un, je trouve qu’ils sont moins à l’aise. Il n’y a pas non plus une grande différence avec les autres grands championnats européens. Ils ont presque le même style.

Vous avez été formé aux Espoirs de Guédiawaye. Pouvez-vous nous parler de votre parcours de footballeur jusqu’ici ?

J’ai d’abord été formé par mon frère, Papis Badji. Il était recruteur à Dakar Sacré-Cœur et coach de Mandela Foot aux Parcelles-Assainies. J’étais là-bas avec lui et c’est là que j’ai débuté. Ensuite, lui et ses collaborateurs ont créé un centre sport-études au Lac Rose, Gando Foot. J’y suis resté pendant quatre ans. J’ai rejoint après le championnat régional avec l’AS Malika et j’avais terminé meilleur buteur. La même année, j’ai également joué avec les cadets et les juniors. Ensuite, j’ai rejoint Amitié FC en 2023 et j’y ai joué une saison en Ligue 2. Le président des Espoirs de Guédiawaye me voulait depuis que j’étais à Malika. Ils m’ont présenté un projet solide et j’ai décidé de les rejoindre. J’y ai joué en 2024 et 2025 avant de venir en Turquie au début de l’année 2026. Papis, mon grand-frère, est la personne qui m’a le plus marqué. Il a beaucoup contribué à ma carrière jusqu’ici. Il m’a formé et m’a appris énormément de choses.

« Le joueur que je regarde le plus, c’est Ismaïla Sarr. J’aime sa capacité à courir, à être percutant, à marquer des buts et à libérer des espaces pour ses coéquipiers. Je suis rapide, c’est ma principale force. Je sais dribbler, je suis technique et j’aime utiliser les espaces. »

Parlez-nous un peu de votre style de jeu. À quel joueur vous compare-t-on le plus ?

Le joueur que je regarde le plus, c’est Ismaïla Sarr. J’aime sa capacité à courir, à être percutant, à marquer des buts et à libérer des espaces pour ses coéquipiers. Je suis rapide, c’est ma principale force. Je sais dribbler, je suis technique et j’aime utiliser les espaces. Sur le terrain, chaque joueur doit utiliser ses qualités et, moi, c’est surtout ma vitesse.

Sur quel aspect avez-vous le plus évolué depuis votre arrivée en Turquie ?

J’ai surtout progressé dans le travail devant le but. Au Sénégal, c’est parfois difficile de travailler la finition. Les moyens ne sont peut-être pas les mêmes. Dans les centres, il n’y a pas toujours beaucoup de ballons, donc tu ne peux pas forcément travailler régulièrement devant le but. Ici, les attaquants ont des séances spécifiques de finition après les entraînements. Tu peux aussi travailler individuellement. Parfois, les entraîneurs te font travailler sur le placement du gardien, la manière de frapper le ballon… Tous les détails comptent.

Dans quel championnat rêvez-vous de jouer dans un avenir proche ?

Je rêve de jouer dans l’un des cinq grands championnats, dans de grandes équipes, et de disputer la Ligue des champions. Mais je me vois davantage en Angleterre. C’est un championnat avec beaucoup de rythme, beaucoup de tactique. C’est un championnat exigeant et intense. Je pense que je pourrais facilement m’y adapter.

Sinon qui est Amidou Badji loin des pelouses ?

Je suis un jeune homme calme et timide, qui est né et a grandi à Guédiawaye avec ses parents. Ensuite, j’ai déménagé à Keur Massar. C’est là que tout a commencé pour moi, notamment le football. J’étais très timide quand j’étais petit et je pleurais beaucoup, surtout quand on me grondait. Mais maintenant, j’ai un peu changé. Je taquine tout le temps les gens. Parfois, je me dis qu’il faut vraiment que je travaille sur ma concentration parce que je peux être distrait. Mais à part ça, il n’y a pas grand-chose à dire. J’aime passer du temps avec ma famille et mes proches.

L’équipe nationale des moins de 23 ans sera bientôt en campagne. Rêvez-vous d’y jouer ?

C’est le rêve de tout jeune footballeur : représenter son pays et défendre ses couleurs. Je l’ai déjà fait dans le passé avec l’équipe nationale U20 en 2024 et 2025. J’ai remporté le tournoi de l’UFOA et participé à la CAN. Donc, je serai toujours prêt à répondre présent pour défendre le pays, peu importe le moment.

Par Ndèye CAMARA

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