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Boubacar Gadiaga (Génération Foot) : «Au Sénégal, les terrains ne sont pas des partenaires»

Après une victoire écrasante (3-0) contre l’AS Pikine lors de la 1re journée de Ligue 1, Génération Foot a partagé les points (0-0) avec AJEL de Rufisque en 2e journée. Après la rencontre, le coach Boubacar Gadiaga, satisfait du point pris, a critiqué ouvertement l’état du terrain de Ngalandou Diouf. Le technicien de Déni Birame Ndao a pointé du doigt aussi l’état général des infrastructures au Sénégal.

Entretien

Coach, Génération Foot a pris un point à Rufisque face à l’AJEL. Quel est votre sentiment ?

C’est un bon point. Le fait de venir prendre un point ici (à Ngalandou Diouf), c’est synonyme de courage, d’abnégation. On est venus très ambitieux, on a trouvé un adversaire très courageux et bien organisé. Ils ont changé leur système de jeu, ils ont rectifié ce qui n’allait pas la semaine dernière. Sur ce match, ils ont montré que c’est une belle équipe.

Qu’est-ce qui vous a manqué pour remporter ce derby rufisquois ?

Malheureusement, on a voulu faire ce qu’on voulait faire, ce qu’on a envie de faire, c’est-à-dire du jeu. Et on a eu beaucoup de difficultés par rapport à l’adversité, par rapport au terrain et par rapport à nous-mêmes. Souvent, on est pressé d’aller vite alors que ça ne s’imposait pas. Mais en même temps, on sait que le terrain n’est pas un allié.

Justement, comment avez-vous vécu les conditions de jeu ?

Pour eux comme pour nous, le terrain n’a aidé personne. Sur un terrain comme ça, c’est lamentable pour tout le monde. Je pense que cela a été notre vrai problème. Tu contrôles le ballon, ça fait deux rebonds et tu le partages avec l’adversaire. Cela demande une accélération que tu ne maîtrises pas.

Sur le plan du jeu, que retenez-vous de la prestation de votre équipe ?

En première période, on avait plus de ballons, plus d’opportunités pour bien terminer. Mais, on a confondu vitesse et précipitation. On a manqué de sérénité, de cette accalmie pour garder le ballon, le fixer et aller chercher ailleurs. Et comme on est un peu moins forts athlétiquement en masse et en taille, ils en ont profité dans ce domaine. Mais quand on voit comment le match se termine, on a plus de jambes, plus de fraîcheur. Ça veut dire que cette dimension athlétique ne nous a pas gâché notre engagement et notre détermination.

Vous pointez souvent l’état des pelouses au Sénégal…

C’est un métier, le football. Et il est très difficile, particulièrement au Sénégal, parce que les terrains ne sont pas des partenaires. Ce sont des terrains très, très difficiles. Chez nous (au stade Djibril Diagne de Déni Birame Ndao), on est à l’aise parce que le terrain est bon. Si on avait dix-huit terrains comme ça au Sénégal, tout le monde se régalerait. Mais malheureusement, on n’en a qu’un seul. Le reste, c’est très difficile pour produire du jeu.

On ne peut pas vendre notre football comme ça. Si on vend des matchs pareils, ce n’est pas un match qu’on vend. C’est débridé, c’est très physique, on ne voit pas le jeu comme on doit le voir. C’est dommage pour notre football. Aujourd’hui, même dans des pays moins avancés que nous, les terrains sont nickels, c’est très bien. Malheureusement, nous, on joue encore sur des terrains comme ça. Et pire encore, quand je rentre dans le vestiaire, c’est une catastrophe.

Maintenant il faut corriger : comment jouer sur un bon terrain synthétique ou sur un mauvais terrain synthétique, c’est l’équation. Si on veut avoir de bons matchs comme ça, il faut les mettre sur de bons terrains. La Ligue doit travailler sur ça.

Par Cheikh Demba NDIAYE

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