Amadou Kane, président de l’ONCAV : « Nous voulons des phases nationales dynamiques »
À la veille des phases nationales, prévues du 6 au 23 juillet 2026, Amadou Kane dresse le bilan des préparatifs. Pour la première fois, 48 équipes seniors et 24 équipes cadettes vont s’affronter simultanément dans les quatre régions du centre. Entre innovations avec la lutte sans frappe et le tournoi Séné-Gambie, partenariat avec SONAGED, retard de subvention de l’Etat et mobilisation des collectivités, le président de l’ONCAV se veut optimiste pour une édition dynamique aux fortes retombées économiques.
Entretien
Pour la première fois, l’ONCAV organise les phases nationales avec 48 équipes seniors. Comment se présente ce tirage ?
D’abord rendre grâce à Dieu qui nous a permis d’être là aujourd’hui pour faire ce tirage. Pour la première fois dans l’histoire de l’ONCAV, on organise un tournoi avec quarante-huit équipes seniors, vingt-quatre équipes cadettes. C’est important parce que, comme on l’a dit tout à l’heure, les phases vont se tenir simultanément dans les quatre régions du centre : Kaffrine, Fatick, Kaolack et Diourbel. C’est à Kaolack où il y aura la cérémonie officielle, avec la présence de l’État. Il est évident que dans chaque région on a essayé de voir comment décentraliser. C’est pourquoi nous avons douze poules pour les seniors. C’est un bon tirage parce qu’il ne favorise personne. L’équipe qui vient pour être champion du Sénégal doit pouvoir battre tout le monde. Nous prendrons toutes les dispositions nécessaires, comme dans le passé, pour que les ASC soient dans de bonnes conditions. Quand je dis bonnes conditions, c’est en fonction de ce dont nous disposons.
«Tout cet argent qu’on va ramasser va être dépensé dans ces régions-là. Les transporteurs, les commerçants, les hôteliers, tout le monde y gagne»
Qu’en est-il de la catégorie cadette ?
Pour les cadets aussi, c’est la même chose. On a un règlement que nous respectons et que nous faisons respecter par tout le monde. C’est pourquoi, par rapport aux cadets, on attendait trente-deux ASC. Mais aujourd’hui, le règlement a fait que certains n’ont pas pu être là. Donc, nous souhaitons bonne chance à ces ASC. Nous leur donnons rendez-vous l’année prochaine.
Quelles sont les nouveautés prévues lors de ces phases nationales 2026 ?
Mais comme vous le savez aussi, les phases nationales ont d’autres activités. Et cette année, c’est devenu maintenant évident qu’on va organiser la lutte sans frappe. Ce sera à Latmingué où le maire, notre ami Dr Macoumba Diouf a accepté de parrainer cela. C’est une lutte sans frappe. Les lutteurs qui voudraient participer à cela doivent se faire parrainer par nos ASC. On travaille maintenant sur cela avec la Fédération sénégalaise de Lutte. Deuxièmement, il y a aussi les phases culturelles qu’on va organiser à Médina Sabakh. Je voudrais aussi remercier le maire parce que, il y a deux, trois mois de cela, lorsque nous sommes allés, on a pu constater qu’il n’y avait pas de salle. On est allé à une place publique. Il s’était engagé à clôturer cela, à faire le nécessaire. Aujourd’hui, nous sommes ravis de constater que cette promesse a été tenue. Nous allons aussi organiser à Nioro, dans la région de Kaolack. On va organiser aussi à Guinguinéo, à Mbacké dans la région de Diourbel. Mais nous allons aussi à Karang. Karang, c’est presque la frontière entre le Sénégal et la Gambie. Vous savez, on a un vieux projet : c’est d’organiser un tournoi de la Séné-Gambie. Ce sera une occasion de jauger et de voir ce qu’il y a lieu de faire pour cela. Parce que toutes nos régions qui sont limitrophes avec la Gambie ont des joueurs ou bien des ASC qui sont presque dans le territoire gambien. C’est une très bonne chose parce que le Sénégal et la Gambie, c’est la même chose.
Où en êtes-vous avec les préparatifs administratifs et logistiques ?
Je pense que les phases sont parties. Ce qui reste maintenant, ce sont des décisions administratives. Dans les jours à venir, vous pourrez remarquer que tout ce qui concerne les dispositions pratiques, les indications qui permettront aux ASC d’aller sur place, de vérifier tout cela, nous allons prendre cette disposition-là. Grâce au Bon Dieu, mais aussi à l’abnégation de tout un chacun, la confiance aussi que les Sénégalais et l’État du Sénégal ont envers nous, on est arrivé quand même à faire ce bon tirage-là.
«Nous avons signé une convention avec SONAGED pour organiser dans chaque capitale régionale une journée de Set-Setal»
Quel est l’impact attendu de ces phases sur les régions hôtes ?
Ce qui est évident, c’est que tout le monde attend ces phases-là. Quarante-huit ASC, ce n’est pas moins de dix mille personnes qui vont se mobiliser. C’est dans ces régions-là qu’on va manger, qu’on va dormir, qu’on va faire tout. Donc en quittant chez moi à Dakar, je ne vais pas amener mon lit. Je ne vais rien amener. Sur place, je vais me loger dans ces hôtels. Nous payons, bien sûr, avec la contribution de nos partenaires : les mairies, les conseils départementaux… Tout cet argent qu’on va ramasser, qu’on va amasser aussi, va être dépensé au niveau de ces régions-là. Donc, la répercussion économique, c’est après qu’on fera la situation. Mais se fondant sur le passé, tout le monde sait qu’économiquement les phases sont rentables. Les transporteurs, les commerçants, les hôteliers, tout le monde y gagne. Donc, nous voulons que ces phases soient des phases dynamiques qui nous permettront de faire une animation culturelle, de permettre aux clubs supérieurs (championnat sénégalais) de faire une détection, de pouvoir distinguer qu’il y a de bons joueurs, qu’il y a de bons talents au niveau de la culture.
Qu’en est-il de l’Université du Navétane et de l’environnement ?
Par rapport à l’Université du Navétane, nous attendons une réunion qu’on doit faire avec le ministère des Sports. Les thèmes ont été choisis. Ce qui reste maintenant c’est de voir qui vont traiter ces thèmes. On fera en sorte que ces thèmes soient développés dans toutes les régions du centre. Mais il y a aussi l’environnement. Nous avons pris la décision de travailler avec la Société nationale de Gestion intégrée des Déchets (SONAGED). Nous avons signé une convention avec la SONAGED pour organiser dans chaque capitale régionale une journée de Set-Setal afin de participer à l’effort public. Je pense que tout cela fait partie de notre mission. Ce n’est pas démesuré.
«Aujourd’hui, ce que nous avons du budget, ce n’est même pas encore 10%. Mais nous avons bon espoir»
Quel est le point sur le financement et l’accompagnement des collectivités ?
On attend le budget d’une manière globale. On peut dire qu’aujourd’hui, ce qu’on a encore obtenu, à l’heure où je suis en train de vous parler, ce n’est même pas encore 10%. Mais, nous avons bon espoir parce qu’on est en train de rencontrer l’État et tous ses segments.
Je voudrais rappeler que le maire de Kaffrine, Abdoulaye Saydou Sow, nous avait déjà donné 10 millions FCFA. Le maire de Kaolack, Serigne Mboup, nous l’avons rencontré plusieurs fois. Nous avons discuté. On s’est fixé des objectifs. Le maire s’est engagé à faire le nécessaire. Au niveau de Médina Sabakh, Ibrahima Niang aussi c’est la même chose. La mairie est à fond. Tout ce qu’il doit faire, il le fera. Au niveau de Nioro aussi, c’est la même chose. Nous avons rencontré le maire et son conseil municipal au moins trois fois. Ces réunions ont commencé à donner satisfaction. Parce qu’on avait demandé la réfection du stade municipal de Nioro. Nous avons pu constater que les travaux sont presque à la finition. Alors au niveau de Fatick, nous avons rencontré aussi le maire, notre ami et frère Matar Bâ, ancien ministre des Sports. Il s’est engagé à faire le nécessaire. Au niveau de Karang aussi, le Conseil départemental de Foundiougne et le maire Thiémokho Ndiaye se sont tous engagés.
Dans les jours à venir, on va rencontrer le maire de Diourbel, Malick Fall. Nous n’avons pas encore rencontré le maire de Mbacké, Gallo Bâ. Mais cela va se faire. Peut-être beaucoup de personnes attendaient le tirage. Puisque le tirage est déjà fait, le départ est donné. Maintenant nous sommes sur les dernières touches.
Et du côté de l’Etat et de la sécurité ?
L’État aussi, comme vous le savez, tout ce qu’on est en train de faire, c’est l’État qui facilite. Il y a eu des Comités régionaux de Développement (CRD) qui ont été convoqués. C’est l’État qui a demandé cela aux gouverneurs. On est en train de discuter avec les forces de sécurité. Vous vous rappelez très bien, il y a moins de quinze jours, nous avons organisé une grande rencontre avec les forces de défense et de sécurité. C’était pour voir dans quelles conditions les phases nationales, le Championnat national populaire (CNP) partout dans le Sénégal doivent être organisés. Nous avons bon espoir. Ça va se faire inch’Allah. Prions que Dieu nous prête vie jusque là-bas.
Par Cheikh Demba NDIAYE







