Ben Coly : « Avant d’entrer sur le terrain, j’écoute une chanson Diola qui parle de…»
Actuellement en Tanzanie avec l’équipe nationale locale qui dispute la 8e édition du championnat d’Afrique des nations, Amadou Ben Coly est notre invité de la rubrique ‘’Les premières et dernières fois’’. L’arrière droit d’Ajel, passé par Casa Sports et USO, nous a racontés certaines de ses habitudes.
La première fois que tu t’es entraîné avec Ajel ?
Je venais de l’US Ouakam. Ils m’ont bien très accueilli. L’ambiance était chaleureuse. J’ai discuté avec le coach, il m’a bien expliqué le projet. J’ai trouvé des joueurs que je connaissais déjà comme Marc Prince Gomis, on était ensemble au Casa Sports et Pa Ebou Danfa, le gardien avec qui j’étais en Gambie. J’ai intégré un groupe de qualité avec de très bons joueurs mais une concurrence saine. C’était à moi de trouver ma place devant tous ses talents. J’ai rejoint l’équipe en pleine préparation d’avant-saison. J’étais satisfait du niveau de jeu et je me suis vite habitué au système du coach.
Ton premier but en professionnel ?
C’est cette saison contre la Sonacos (1-1), au stade Eli Manel Fall. J’avais marqué le but de l’égalisation. Et j’étais vraiment content, parce que j’avais permis à mon équipe d’empocher le point du match nul même si on voulait les trois points. C’était un match un peu difficile et un peu compliqué mais on s’en est sorti avec un nul. J’ai pensé à mon grand frère qui m’avait dit que cette année j’allais marquer des buts. Je lui ai dédié ce but. Même si on est défenseur, marquer des buts est déterminant.
La première chose que tu fais à ton réveil ?
Comme tous les musulmans, je me réveille je prends ma douche et je prie. Je prends mon petit déjeuner puis je pars à l’entraînement. Des fois quand on ne s’entraîne pas avec l’équipe, moi le matin je pars faire quelques séances individuelles à la salle ou je fais des exercices à la maison. Parfois je fais un petit jogging.
Ton premier jour à Toubab Dialaw avec la sélection locale ?
C’était un jour spécial que j’attendais depuis des moments. Quand la liste est sortie et que j’ai vu mon nom, j’ai ressenti un truc que je ne peux pas expliquer. Je n’étais pas surpris parce que je croyais en moi. Je savais que j’avais ma place dans cette équipe. J’avais confiance en moi, j’ai beaucoup travaillé pour ça et j’attendais avec patience mon heure et c’est arrivé. A mon arrivée j’étais dans la même chambre que Mandione qui est mon coéquipier à Ajel. Les gars m’ont bien accueilli. Le soir, on s’est entrainé et j’ai su que c’était très intense et que c’était un autre niveau, très différent du club. J’ai un peu souffert les premiers jours, les séances étaient relevées, le règlement strict, les temps de récupération et tout, mais je me suis habitué. Je crois que c’est normal aussi parce que c’était la sélection, les attentes sont plus fortes.
La première fois que tu as regardé un match des Lions au stade ?
C’était au stade de Diamniadio. C’était contre le Malawi lors des qualifications à la CAN 2025. Le Sénégal a gagné (4-0) et Nicolas Jackson a marqué son premier but en sélection. Quand tu es joueur et que tu es dans les tribunes lorsque tu vois l’équipe nationale jouer tu as envie de fouler la pelouse. Ça te motive.
La dernière fois que tu es allé à ton village ?
C’était lors de la tabaski. Ça faisait des mois que je n’y étais pas. C’est bien d’aller se ressourcer, passer du temps avec la famille et les amis d’enfance. On en profite pour organiser des matchs de gala avec nos frères et ami. J’aime bien ces moments.
Le dernier message que Fadiouf Ndiaye, ton ancien coéquipier à Ouakam t’a envoyé ?
Je ne m’en rappelle exactement. J’ai perdu mes messages. Mais je l’ai vu lors de notre dernier match contre Ouakam, une semaine avant son décès. Sur le terrain, il m’a dit aujourd’hui tu ne vas pas marquer de but, et je lui ai répondu qu’il pouvait pas m’arrêter. Après le match j’étais avec Pascal, il est encore venu nous voir et il a dit « vous êtes toujours ensemble ». Quand j’ai appris la nouvelle, je n’y avais pas cru. C’est le gardien Mansour Dieng que me l’a confirmé. J’étais sous le choc. C’était très dur à encaisser. Qu’on le connaisse ou pas, c’était vraiment difficile. Et on n’arrête jamais de prier pour lui.
La dernière chose que tu fais avant d’entrer sur un terrain ?
D’abord quand je suis dans les vestiaires j’écoute de la musique. Une chanson Diola, pour me rappeler d’où je viens ce que je suis venu chercher et où je veux aller. Je comprends ce qu’il dit, des chansons qui parlent de la famille, de l’amour de l’avenir. Juste avant de fouler la pelouse, j’effectue ma prière pour que tout le monde soit saint et sauf. Que personne ne se blesse et que mon équipe gagne.
Le dernier gros match que tu as fait ?
C’était contre Génération foot. Le président nous avait promis une prime en cas de victoire. C’était un match important pour nous. On avait tout donné. J’ai marqué un but et j’ai même failli réalisé un doublé. Malheureusement on n’a pas réussi à gagner. Mais j’avais fait un gros match. Pas seulement pour la prime mais aussi pour l’équipe parce que c’était important.
La dernière fois que tu es allé en boîte nuit ?
C’était l’année dernière avec des potes à Ebinako, un village tout près du mien à Baila. J’étais aller en vacances. Durant cette période, avec mes gars, on part souvent en boîte pour passer du temps.
Par Ndèye CAMARA







