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Mamadou Lamarana Diallo, président OFCT : «On a envoyé 15 joueurs à l’essai à l’étranger»

L’Olympique Football Club de Thiès (D5) s’est imposé dans son terroir en quelques années comme un vivier incontournable du football sénégalais. Sous l’impulsion de son président, Mamadou Lamarana Diallo, le club ne se contente pas de former des footballeurs : il forge des hommes et bâtit des passerelles concrètes vers l’Europe. Dans cet entretien, le président revient sur les origines du projet, ses résultats, ses défis et son message pour la jeunesse thiessoise.

Président, comment est né votre engagement pour l’OFCT et ses objectifs pour le football à Thiès ?

Mon engagement pour le football à Thiès vient avant tout de ma passion pour les jeunes et pour le développement du sport dans notre ville. J’ai toujours pensé que le football pouvait être un véritable outil d’éducation, d’insertion sociale et d’ouverture vers l’international. L’Olympique Football Club de Thiès a été créé dans le but d’encadrer les jeunes talents locaux, leur offrir une formation sérieuse et leur donner une chance réelle de réussir dans le football professionnel tout en restant disciplinés et respectueux des valeurs humaines. Notre objectif principal est de former des joueurs compétitifs, mais aussi des hommes responsables capables de représenter dignement Thiès et le Sénégal.

Plus de 14 joueurs sont envoyés vers l’Europe et ailleurs en si peu de temps. Quel est le secret de cette réussite ?

Le secret, c’est avant tout le travail, la discipline et la patience. À l’OFCT, nous insistons énormément sur la formation technique, physique et mentale des joueurs. Nous travaillons aussi avec sérieux dans le suivi administratif et dans les relations avec les clubs étrangers. La confiance ne se gagne pas en un jour. Les recruteurs savent aujourd’hui que les joueurs issus de l’OFCT sont bien formés, respectueux et prêts à s’adapter au haut niveau.

Lamarana Diallo président OFCT Thiès

Lamarana Diallo, président OFCT Thiès

Peut-on avoir la liste de ces joueurs envoyés en essais ?

Oui, plusieurs joueurs formés ou accompagnés par l’OFCT ont eu l’opportunité de rejoindre des clubs à l’étranger ces dernières années. Juste pour cette saison 2025-2026, on a envoyé en essais ces 15 joueurs : Ibrahima Keita, Thierry Keny et Dame Seck (FK Pardubice –D1 Tchéquie), Ibrahima Cissé et Cheikh Fall (FK Zizkov – D2 Tchéquie), Serigne Mbow, Amara Mané, Souleymane Diop, Fallou Dièye (FC Zlin – D1 Tchéquie), Amadou Sané (CD Leganés –D1 Espagne), Idrissa Diaw, Ahmed Ndiaye, Busquet Ndiaye et Badou Sène (Le Havre – D1 France), Moussa Sèye (SC Braga – D1 Portugal).

«J’avais acheté un terrain de 8 hectares dans la commune de Mont Rolland pour construire un centre de formation aux normes européennes»

Qu’est-ce qui fait qu’un club comme Braga, Bâle ou Leganés fait confiance à l’OFCT ? Comment sont nés ces contacts ?

Ces contacts sont nés grâce au travail de terrain, aux déplacements, aux essais organisés et au sérieux du projet OFCT. Je fais beaucoup de visites dans des clubs de différents pays. Récemment, j’ai pu visiter une trentaine de clubs, dont j’ai finalement décroché une vingtaine d’invitations, et obtenu 14 visas et billets d’avion. Les clubs européens recherchent aujourd’hui des structures fiables capables de former des jeunes de qualité avec un bon état d’esprit. La confiance s’est construite progressivement à travers les premiers joueurs qui ont réussi à l’étranger et qui ont laissé une bonne image du club.

Comment gérez-vous l’accompagnement des jeunes joueurs avant, pendant et après leur départ à l’étranger ?

Nous essayons d’accompagner les joueurs sur tous les aspects : sportif, administratif, social et parfois même psychologique. Avant leur départ, nous les préparons à la réalité du football professionnel et à la vie à l’étranger. Pendant leur adaptation, nous gardons le contact avec eux et avec leurs clubs afin de faciliter leur intégration. Même après leur départ, nous continuons à les conseiller car ils restent des ambassadeurs de l’OFCT.

Comment équilibrez-vous l’objectif sportif de l’OFCT et l’objectif social de former des jeunes de Thiès ?

Pour nous, les deux vont ensemble. Le football ne doit pas être seulement un moyen de gagner des matchs, mais aussi un moyen de donner de l’espoir aux jeunes. Nous voulons former de bons joueurs, mais également de bons citoyens. L’encadrement, l’éducation, le respect et la discipline sont des valeurs essentielles dans notre projet.

Quel est le modèle économique de l’OFCT aujourd’hui ? Comment financez-vous la formation et le fonctionnement du club ?

Le fonctionnement du club repose principalement sur les efforts personnels et l’aide de la famille. Comme beaucoup de clubs formateurs en Afrique, nous faisons face à des difficultés financières, mais nous continuons à avancer grâce à la passion et au travail de toute l’équipe.

Quel impact concret voyez-vous sur la jeunesse thiessoise depuis cette dynamique de transfert ?

Aujourd’hui, beaucoup de jeunes de Thiès croient davantage en leurs chances de réussir. Voir des joueurs issus de leur quartier rejoindre des clubs européens motive énormément la jeunesse. Cela crée aussi une dynamique positive autour du sport, de la discipline et du travail.

OFCT academy Thiès

Quels sont les 3 plus grands défis pour l’OFCT aujourd’hui ?

Le premier défi est le financement des infrastructures et de la formation. Par exemple, depuis 2013, année de la création de l’OFCT, j’avais acheté un terrain de 8 hectares dans la commune de Mont Rolland pour construire un centre de formation aux normes européennes.

Le deuxième est l’accompagnement administratif et logistique des jeunes joueurs vers l’international.

Le troisième défi est de continuer à protéger les jeunes talents dans un environnement où beaucoup de promesses ne sont pas toujours sérieuses.

Si vous aviez un message à adresser aux jeunes de Thiès qui rêvent de football pro, quel serait-il ?

Je leur dirais de croire en eux, de travailler sérieusement et de rester disciplinés. Le talent seul ne suffit pas. Il faut aussi du respect, de la patience et beaucoup de sacrifices. Rien n’est impossible quand on travaille avec détermination et honnêteté. Aujourd’hui, des jeunes de Thiès montrent que nos talents peuvent réussir au plus haut niveau.

Par Adamel SOW

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